Le retour du Sauvage

27 septembre 2009, Alain Hervé

Depuis les origines de son histoire, l’homme, cet animal apeuré, tente de s’octroyer des droits d’exploiter la nature qu’il respire, qu’il boit, dont il se nourrit, qui compose sa substance, sur laquelle il se tient debout.

Depuis trente ans, une nouvelle réflexion tente de bousculer cet a priori millénaire, de relier à nouveau l’homme avec la nature, de relativiser sa position de prédateur absolu. L’homme fanfaron continue de faire éclater ses pétards. On entend avec stupéfaction des hommes politiques, qui s’affichent comme progressistes, invoquer toujours la croissance économique comme seule panacée. Tandis que des continents entiers deviennent des bourbiers sanglants, on continue de vouloir leur administrer les potions magiques du développement et du libre-marché.

Alors, ce qui fut la raison d’être du Sauvage pendant dix ans, ce qui fit sa réputation, nous allons le poursuivre. Espérons que nous partons pour enfanter de la paix, de l’humour, de l’amour, de l’intelligence, de la conscience, de la responsabilité, du partage, du savoir-vivre avec les autres espèces vivantes.

Le 1er mars 1991, dans le dernier numéro imprimé du Sauvage, nous écrivions : « Nous pensons que nous sommes les réalistes et que ceux qui rêvent encore de développement de l’économie sont des utopistes. Les dégâts causés par leur terrifiante utopie, sont partout visibles. Partout sur la planète, les cultures, dans les deux sens du terme, ont été détruites. Nous habitons une terre, un air et une eau en ruine. À la recherche de conforts et de profits matériels immédiats et douteux, toutes les sociétés humaines sont disloquées. Dépouillées de leurs valeurs de référence, elles se précipitent vers le no man’s land des villes. Calcutta, Mexico, Tokyo, New York… ne sont pas en effet la terre des hommes dont on rêve.

Si notre espèce doit survivre, elle trouvera des issues au drame qu’elle vit actuellement. Cette recherche est celle du Sauvage, elle vise un accroissement de la conscience et de la responsabilité de l’homme. Ce n’est pas simple.

Ce texte peut répondre à ceux qui s’inquiètent de savoir quelle est la philosophie de notre entreprise.

L’équipe du Sauvage

Les auteurs sont seuls responsables des opinions émises dans leurs articles et n’engagent pas la responsabilité de la rédaction.

Les secrets d’un jardin écologique

15 juillet 2010, redaction

Ce livre de Laurent et Isabelle Urban apporte une contribution très originale sur un sujet déjà abondamment traité. Il s’agit en effet d’expliquer le pourquoi et le comment de la vie des plantes. Autrement dit de nous initier de manière simple et claire à la physiologie de ces organismes vivants qui sont à l’origine de la vie et qui encore aujourd’hui nous permettent de vivre.

C’est au jardin que l’on peut commencer de comprendre ce que signifie le mot « écologie ». L’écologie n’est en effet pas un ornement de l’économie ou de la politique. C’est une perception globale des mécanismes de la vie dans la quelle nous sommes immergés.

Nos auteurs nous en font la démonstration à travers des observations précises. »Pourquoi ne peut-on pas greffer les liliacées, les graminées et les orchidées? « ou bien: « Préserver et valoriser les organismes auxiliaires indigènes. » ou bien : « Pourquoi les fruits les plus sucrés sont -ils aussi souvent les plus gros? » ou bien: « Sortir du paradigme biotechnologies-engrais-pesticides-mécanisation. » etc…

Précis, profond, pratique ce livre mérite les 24 euros que l’on aura investi. Il est remarquablement mis en page. Il est relié souple pour nous accompagner sur le terrain. Il est édité chez Belin.

Alain HERVE

Projet d’un film sur la forêt tropicale humide

3 juillet 2010, Alain Hervé

Nous vous invitons  à participer à votre manière au projet de Francis Hallé qui lance l’idée de réaliser un film sur les forêts primaires des tropiques avec le cinéaste Luc Jacquet.

On nous rabâche depuis des années que l’on dévaste les forêts primaires pour élever du bétail, pour planter du soja ou des palmiers à huile ou fabriquer du contreplaqué. Et c’est vrai.

Ces monuments vivants de la biodiversité, plus anciens que l’histoire de l’humanité, n’existeront bientôt plus. Francis Hallé qui célèbre avec passion depuis des années dans son enseignement et ses livres les arbres et les tropiques (voir son dernier titre : « La Condition tropicale ») qui fut l’inventeur de l’exploration de la canopée avec un dirigeable est le président de l’association « Forêts tropicales humides, le film ».

Allez les rencontrer sur leur site : « foretstropicaleslefilm.org ».

la réponse de Jacques Julliard

1 juillet 2010, Alain Hervé

Voir ci dessus la teneur de la lettre envoyée à Jacques Julliard

Cher Alain Hervé,

Comment vous répondre ? En essayant de m’analyser. D’abord, au risque de vous surprendre, je n’ai pas attendu l’écologie pour penser que le rapport à la nature est faussé depuis longtemps, à cause du caractère systématique de la pensée occidentale, sous l’influence de ses trois principaux vecteurs : christianisme, libéralisme, marxisme. Tous trois ont fait de l’homme le maître et le possesseur de la nature et ils ont eu raison. Je vous renvoie à la polémique de Voltaire avec Rousseau, et je suis du côté de Voltaire. « Quand on lit votre dernier livre contre le genre humain – je résume – il vous prend l’envie de marcher à quatre pattes », écrit Voltaire à Rousseau…

A la différence de vous, donc, je ne pense que l’homme soit purement et simplement une composante – fût-ce la plus élevée – du système de la nature. Du reste, après tout e que vous m’écrivez, comment osez-vous vous réclamer de l’humanisme ? L’humanisme, mon cher Hervé, c’est l’anti-nature !

Seulement – et voilà pourquoi je parlais de rapport faussé – la pensée christo-marxiste a oublié que si l’homme était un au-delà de la nature, il y a aussi un ça qui en fait partie. Je ne partage pas, par exemple, le mépris cartésien es animaux, qui fut souvent – pas toujours, voyez saint François – celui de notre civilisation chrétienne. Je pense que l’homme est plus que l’homme, sinon, il ne serait pas l’homme. Mais l’homme est tout entier culture et tout entier nature. Je pense cela depuis toujours. Mais je me méfie terriblement de toute philosophie naturelle.. Non, je ne traite pas les écolos de nazis. Vous m’avez mal lu. Mais je sais qu’à s’enfermer dans une philosophie naturelle, nous n’aurons un jour plus aucun argument contre le nazisme.

Nous sommes les fils du progrès et le progrès n’est pas une chose naturelle. Le XVIIIe siècle, qui était le siècle de la nature, n’a pu contrairement à ce que l’on croit, inventer le progrès. Il a fallu Condorcet, à sa toute fin, pour commencer à y penser.

Oui, je crois à la suprématie de la culture sur la nature. Je crois que la culture est capable – c’est le défi écologiste d’aujourd’hui – de revenir au respect de la nature. Mais je ne crois pas la nature capable, à elle seule, d’inventer la culture.

Voilà. Le naturisme est la pire des religions de salut. Telle est ma conviction. C’est une religion naturelle, c’est-à-dire une démarche qui cumule les impasses de la religions avec l’immobilisme stupide de la nature brute. Pour moi, le monde n’est pas illusion, il est allusion comme a dit un grand poète. »

Jacques Julliard

Les trois racines de l’écologisme

14 juin 2010, Ghislain Nicaise

Paru sous le titre Ecologie et fascisme dans le n°12 (nov. 1991) du Sauvage nouvelle série.
Revu en Juin 2010 (1).

En février 1975, j’ai eu la chance d’assister pendant un week-end à Londres à une réunion internationale de Friends of the Earth, où se rencontraient pour la première fois des écologistes de plusieurs villes de France (2) , d’Angleterre, d’Irlande, des USA, d’Australie, de Nouvelle-Zélande, de Suède, d’Allemagne et probablement de quelques autres pays que j’ai oubliés. J’ai gardé de cette rencontre une très forte impression, qui m’a beaucoup fait réfléchir par la suite : tous ces gens avaient la même vision du monde, partageaient les mêmes valeurs alors qu’ils n’avaient pratiquement aucune référence écrite commune. Certains avaient lu Illich, d’autres simplement Rachel Carson (Le printemps silencieux) ou le rapport du Club de Rome, ouvrages fort divers et n’offrant chacun qu’une vue partielle de la planète. Ces nouveaux croisés n’avaient pas de bible et pourtant étaient porteurs d’un même projet. Je me suis dit que leur (notre) accord devait reposer sur quelques principes, probablement peu nombreux,  pour que le consensus soit si fort. Dans le train qui me ramenait à Lyon, j’en ai trouvé trois et j’en suis resté là depuis.
[1] La première constatation, celle qui a déclenché le mouvement écologiste dans les années 70, c’est que nos ressources sont finies et que nous nous comportons comme si elles étaient illimitées. La croissance de notre population, le développement aveugle de notre économie se heurtent ou vont se heurter bientôt à l’épuisement des ressources naturelles (forêts, sols cultivables, pétrole, minerais, eau, air…)
[2] La deuxième c’est que la nature est belle, et aussi efficace, et stable par sa complexité et que l’action de notre espèce sur cet environnement naturel est largement négative. Nous détruisons de plus en plus d’espèces, nous simplifions ou empoisonnons les écosystèmes et fabriquons des déserts.
[3] La troisième c’est qu’alors que l’influence de notre espèce sur la planète n’a jamais été aussi grande, le contrôle de chaque individu sur son environnement, naturel ou social, n’a jamais été aussi dérisoire. Notre civilisation urbaine et industrielle développe des outils qui ne sont pas conviviaux. La concentration et le gigantisme rendent les outils complexes, leur gestion exige des spécialistes (les technocrates !).
Le but de cette classification n’est pas de décerner un brevet de bon-ne écologiste (si vous avez rempli les trois conditions, vous avez réussi le test…) mais de fournir une grille explicative, qui reste un fil conducteur pour comprendre l’écologisme.
Le point [1] est le plus spectaculaire, c’est lui qui donne une teinture messianique aux propos d’un homme comme Yves Cochet. La croissance démographique, largement incontrôlable, et la croissance industrielle qui l’est à peine davantage, vont se heurter à des limites physiques. En ce sens le discours écologiste a une ambition scientifique, il est prédictif. Cela rappelle le marxisme et il est possible que, comme les prédictions du marxisme, cette prophétie d’une crise écologique soit porteuse de sa propre négation. On peut espérer qu’à force d’entendre la sonnette d’alarme, les responsables réagissent à temps pour limiter les dégats, comme les patrons des pays les plus industrialisés ont su augmenter les salaires des ouvriers et éviter la révolution. Même s’ils le veulent, il n’est pas certain cependant que nos technocrates puissent éviter la crise écologique ; un des enseignements fascinants de la géophysiologie est que notre planète a déjà connu des crises majeures, qui marquent souvent la limite entre deux ères géologiques. Au cours des 650 derniers millions d’années, il y a déjà eu 7 périodes d’extinction des espèces vivantes et nous sommes en plein dans la dernière en date, celle de l’ère quaternaire, qui a commencé avant l’hégémonie de l’espèce humaine, mais qui s’est considérablement accélérée depuis. Quoiqu’il en soit, le message sur la crise a déjà été entendu des responsables politiques français, en proportion des résultats électoraux des écologistes. La plupart minimisent l’urgence des mesures à prendre, dont la plupart sont impopulaires, voire impossibles à mettre en oeuvre dans un système démocratique. Il est normal que les écologistes qui ont choisi de participer dès maintenant au pouvoir politique, s’opposent clairement aux déclarations catastrophistes. Ceux qui veulent gagner les faveurs de l’électorat, comme les Verts, restent modérés sur ce thème : personne n’a encore inventé un système politique capable de préparer par des sacrifices les échéances de la génération suivante. D’autres écologistes ou écologues comme René Dumont, François Ramade ou Teddy Goldsmith n’ont pas eu les mêmes contraintes.
Le point [2] est celui qui permet le plus de nuances dans la sensibilité écologiste. Le naturisme (au sens large) est un choix culturel et esthétique qui n’est pas évident et qui peut être très divers, pas contradictoire avec un certain humanisme. Il y a tout un gradient entre les misanthropes qui verraient assez bien une planète Terre dans l’état où elle était il y a 10 000 ans, et les militant-es d’extrême gauche qui se veulent écologistes et qui prennent un air gêné dès que l’on parle de surpopulation. J’ai l’impression de me trouver au juste milieu en cultivant mon jardin pour lui faire produire des fleurs et des fruits sans fertilisants de synthèse ni insecticides : le jardin réellement sauvage de mon voisin est là pour me rappeler ce que peut faire la nature quand on arrête de lutter contre elle et je sais que mon bien-être actuel est en partie dû à ces champs de tournesol implacablement désherbés qui bordent l’autoroute. Certain-es préfèrent les forêts, d’autres les jardins, des pionniers ont réalisé des jardins-forêts (3), d’autres n’aiment ni les forêts ni le jardinage. Il a fallu que j’aie des enfants pour réaliser que des gens normaux et aimables pouvaient se sentir bien dans un parking en 4e sous-sol.  Les écologistes brandissent l’argument de la survie de l’espèce humaine, mais au fond d’eux mêmes ils souhaitent conserver la nature en l’état, elle est pour eux une source de joie et de plaisirs inégalable.
La convivialité au sens d’Illich est le point [3] de notre trilogie, la racine qui attache l’écologisme au vieux fond libertaire. Ici les écologistes ne sont pas automatiquement contre le changement : ils souhaitent choisir parmi les progrès et les consommations possibles. Plutôt un petit ordinateur personnel que le terminal d’un gros ordinateur central, plutôt la télécommunication que le transport, plutôt la photopile que la centrale nucléaire. Plutôt le pouvoir à l’individu, aux communes, voire aux régions, qu’à l’Etat-nation. Les écolos fachos annoncés par Luc Ferry ou d’autres mais que l’on ne voit pas vraiment venir seraient ceux à qui il manque cette vocation anti-autoritaire. De fait, l’autogestion politique locale n’est pas sans dangers ni équivoques : elle est particulièrement vulnérable à la corruption. Pour éviter les passe-droits locaux, la tentation permanente du protecteur de la nature est le recours à l’Etat. Si les écologistes politiques venaient à prendre (démocratiquement) la direction d’un état comme la France, reprendraient-ils la décentralisation administrative, plutôt mise à mal récemment ?
J’ai tendance à penser que la convivialité de l’outil est une notion forte et durable et qu’elle reviendra sur le devant de la scène.

Ghislain NICAISE

1 – Après d’autres, je réserverai les termes d’écologie et écologues à la science, ceux d’écologisme et d’écologistes à la politique.
2 – Les Amis de la Terre France avaient été créés à Paris en 1972 mais les groupes locaux ne se sont organisés en réseau national qu’en 1977.
3 – Robert Hart, Forest gardening. Cultivating an edible landscape, Chelsea Green Publ. Co, White River Junction, Vermont, 1996.
- Ghislain Depinaud, Aventures en permaculture 8 : Le jardin-forêt, La Gazette des Jardins n°90, 2010
- http://online-rsr.xobix.ch/fr/rsr.html?siteSect=10004&sid=9655860&cKey=1220597736000
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Version en marxien
Les trois contradictions principales qui fondent la doctrine écologiste

Lorsque je suis arrivé à la conclusion en 1975 que les fondements de l’écologisme étaient peu nombreux puisqu’au nombre de trois, j’ai eu envie de communiquer cette réflexion et à l’époque, le discours marxiste était dominant parmi les intellectuels. On ne disait pas intellectuels de gauche car c’était sous-entendu ; même les gens de droite ne se définissaient pas ainsi, comme s’ils avaient honte de se dire de droite. Il était donc utile de communiquer avec le langage le plus signifiant possible, que l’on peut appeler malicieusement marxien. En marxien les trois racines de l’écologisme devenaient trois contradictions principales :

- [1] Il y a contradiction entre le caractère fini des ressources naturelles et leur consommation infinie du fait de la croissance humaine (économique et démographique)

- [2] Il y a contradiction entre la nécessaire complexité des écosystèmes et la simplification systématique du milieu naturel introduite par l’espèce humaine.

- [3] il y a contradiction entre la maîtrise toujours accrue de l’environnement par l’espèce humaine et la réduction de la capacité des individus à maîtriser leur environnement.

Ce qui était important dans cette communication était 1) son caractère prédictif, ce qui rejoignait la démarche marxiste qui se voulait une science de l’histoire,  2) une critique du « développement des forces productives » et de la notion même de progrès historique et 3) la mise au second plan de la notion de lutte des classes, la classe dominante étant elle-même concernée (même un riche a relativement peu de contrôle sur son environnement et est très peu résilient, comparé à un chasseur-cueilleur ou un petit paysan pauvre).
Les points 2) et 3) s’opposent bien entendu à la vision marxiste classique.

Une table admirable

3 juin 2010, redaction

On ne lésine pas qur le compliment . On fréquente une fois par an l’Ostéria à Ospedaleti entre Bordighera et San Remo sur la Riviera italienne. C’est à chaque fois une découverte heureuse. Pas de vue sur mer. Un bistro au centre de la vielle ville près de l’église, tenu par les deux frères Carpine.

Aujourd’hui c’étaient des encornets avec courgettes au pesto (basilic). Le grand art en cuisine c’est de faire des merveilles avec des plats simples. Avec un demi de vin blanc frizzante (pétillant), fromage, gorgonzola, dessert maison. Un moment de bonheur sous ce premier soleil de juin. 32€ ttc pour deux. Tel: 0039184684570

A.H.

« La forêt danse »

3 juin 2010, redaction

Film documentaire de Brice Lainé, sur une Afrique méconnue: celle d’un petit village du Togo qui cherche sa propre voie de développement, dans l’ harmonie entre tradition et modernité. Les femmes sont le fer de lance de ce projet, initié par un groupe de togolais qui y a engagé sa vie. Leur souci: parvenir à un développement raisonné et fidèle à leur culture, affranchi des diktats des pays dits « développés ».

  • Une expérience, riche d’enseignements, sur la nécessaire et urgente préservation des relations entre l’homme et son milieu naturel.
  • Une leçon de courage et d’humilité.
  • Un cri d’espoir pour une Afrique trop souvent condamnée. (Visible sur Internet)

Cet été, balades littéraires en Normandie

2 juin 2010, redaction

A pied avec Marie-Odile Lainé et livre en main découvrez des paysages en compagnie d’écrivains inspirés par les ciels, les plantes, les gens… et le goût de vivre.
Mont de Doville (50)*Pages à Pas avec Jules Barbey d’Aurevilly
18 août (16h à 18h30)10 e (Tarif réduit 5 e)
Landes fantastiques 31 juillet (20h à 22h30)
Traversée de la Baie du Mont Saint Michel*
Sortilèges de la Baie, en littérature et nature (avec Romain Pilon,
6 août (18h à 23h30) – 14 août (14h30 à 21h) 12 septembre (14h à 21h30)
20 e (gratuit pour les -10 ans) prévoir pique-nique
Abbaye d’Hambye**Incursion Médiévale
20 juin – 11 juillet – 22 août – 26 septembre (15h à 17h) 5,20 e
Granville**Enfances granvillaises
30 juillet, 6 et 13 août (15h à 17h) 6,20 e (Tarif réduit 3,10 e)
Le Musée Richard Anacréon, entre littérature et peinture
15, 29 juillet, 5, 12 août (15h à 16h)
6,20 e (Tarif réduit 3,10 e)
Hérouville Saint-Clair** Voyage au cœur d’une ville en marche
8 mai, 27 juin, 12 juillet, 27 août, 18 septembre (15h à 17h15) Gratuit
Caen** Bruits de mots sur la Place St Sauveur
9 juillet – 3, 17, 24 août (17h à 18h15) Gratuit
Vattetôt-sur-Mer (près d’Etretat)* Entre terre et mer avec Guy de Maupassant
9 août (15h à 17h30)10 e (Tarif réduit 5 e)
Rivages de Seine-Maritime**
Impressions balnéaires de la plume au pinceau (sites de «Lire à la plage»)
Yport – Fécamp 10 juillet (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
Gratuit
Veules les Roses – St Valéry en Caux 13 juillet (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
Ste Adresse – Le Havre 28 juillet (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
St Join Bruneval – Etretat 4 août (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
Le Tréport – Criel sur Mer  11 août (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
Dieppe – St Aubin sur Mer 20 août (14h30 à 15h30) (16h30 à 17h30)
Forêt de Grimbosq* La forêt normande, lecture et musique
24 octobre (14h à 17h) 10 e (Tarif réduit 5 e)
Retrouvez tous les descriptifs sur notre site : www.pages-paysages.org
Pour toute information et réservation téléphonez au 06 88 96 56 50 (contact : Marie-Odile Laîné) **Partenaires : Villes de Caen et d’Hérouville Saint-Clair, Abbaye d’Hamblye, Musée R. Anacréon de Granville,
Médiathèque de Granville, BDP de Seine-Maritime * Sur réservation (balades annulées si – de 10 inscrits) ** En partenariat (réservation conseillée)
Association Pages et Paysages
80, rue Saint-Martin – 14000 CAEN Tél./Fax : 02 31 79 92 73 e-mail : midola2@wanadoo.fr
www.pages-paysages.org
Les moments choisis de 2010 !
• Fête de la Nature le dimanche 23 mai de 15h à 16h15 : les herbes vives du Parc St Paul de Caen. En partenariat avec la ville de Caen.
• Fête de la Bio le dimanche 13 juin de 15h à 17h Paroles de rivage, à Bréville-sur-Mer. En partenariat avec la Chambre d’Agriculture de la Manche.
• « Soirs d’été » Balade littéraire à Fleury-sur Orne le vendredi 9 juillet de 18h30 à 20h30 En partenariat avec la ville de Fleury-sur Orne.
• Fête de l’Impressionnisme en Normandie :
de la plume au pinceau, impressions balnéaires du Havre au Tréport (voir Calendrier). En partenariat avec la Bibliothèque Départementale de Prêt de Seine-Maritime « Lire à la plage »
Toute l’année, à la carte, pour des groupes constitués (amis, associations, scolaires…), des balades à la journée et à la demi-journée (Brochure sur demande) : – Caen, Hérouville St Clair, Honfleur, Granville, Coutances… – La Baie du Mont St Michel, les landes et marais du Cotentin, la forêt normande…
- L’abbaye d’Hambye… – Le pays de Barbey d’Aurevilly et le pays de Maupassant, les écrivains du pays d’Auge
Retrouvez tous les descriptifs sur notre site : www.pages-paysages.org
Calendrier 2010 à destination des individuels.
Promenons nous par les chemins normands avec pour guides les écrivains qu’ils ont inspirés : Histoire et histoires, aventure, émotion, passion et humanité sont au rendez-vous…
Conception-animation : Marie-Odile Laîné, en co-lecture avec Christophe Tostain, Cie Phoenix.

Ghislain a la tâche

31 mai 2010, redaction

Le fondateur et rédacteur en chef du Sauvage, Alain Hervé, a publié récemment un livre disponible dans toutes les bonnes librairies. Même si cet ouvrage a très bien été accueilli par les critiques, il serait injuste qu’il ne soit pas annoncé sur le site du Sauvage. Alain ne pouvant en faire lui-même l’éloge, j’en ai accepté la tâche. Ne voulant pas être suspect de complaisance en étalant tout le bien que j’en pense, je me retranche derrière la préface d’un collègue et auteur plus célèbre que moi, le botaniste du radeau des cimes, Francis Hallé :

 » C’est un vrai bonheur pour moi d’ajouter quelques mots à cet ouvrage. Je l’ai trouvé facile à lire, instructif et jubilatoire comme tout ce qu’Alain Hervé écrit sur les plantes. En outre il est amusant par son côté presque psychanalytique.
Il révèle si bien les goûts de l’auteur, qui présente ici 39 espèces végétales « officielles » (y compris Pierre Lieutaghi, mais il ne m’en voudra pas de le compter parmi les plantes !). Sur ce total, on recense six herbes: ces plantes-là, on le voit bien, ne jouissent pas d’une entière sympathie…On y trouve aussi une vingtaine de vrais arbres, dont 8 palmiers « officiels » avec pignon sur rue: mais c’est sans compter avec les nombreux palmiers « officieux » qui se glissent dans ses lignes dès qu’Alain Hervé écrit et qui atteignent je crois, un total de 39 espèces ! On retrouve là la passion de l’auteur de La proximité folle du Paradis (Actes Sud, 1991)…
Merci cher Alain Hervé, de tant aimer les plantes et de transmettre avec des mots si justes la passion qu’elles vous inspirent – avec ou sans palmes ! Votre ouvrage va faire plaisir à tous ceux – dont je suis- qui aiment vous lire. »

Ce que je voudrais ajouter au propos de Francis Hallé, avec une profonde conviction, c’est que ce livre ne m’a pas tant intéressé par ses plantes que par le dépaysement et le plaisir de lire. Celles et ceux qui n’avaient jamais lu des textes d’Alain Hervé auront l’envie d’en lire d’autres, quel qu’en soit le sujet.

Ghislain Nicaise

Alain Hervé, Fous de plantes, Belin, 14,5 €

Le sol, la terre et les champs

23 mai 2010, Ghislain Nicaise

Il est paru fin 2009, sans promotion médiatique, un livre qui pour moi est l’un des plus importants qu’il m’ait été donné de lire dans la catégorie  »non-fiction ».

Certain-e-s auteur-e-s publient un essai par an, je ne citerai personne pour ménager les susceptibilités. Quand ils sont bons, on y trouve une ou deux idées auxquelles on n’avait jamais pensé. D’autres rassemblent toute la réflexion et l’expérience d’une vie dans un livre, offrant ainsi une mine, à exploiter par petits bouts, à reprendre pour être sûr de n’avoir rien raté. Le livre de Claude et Lydia Bourguignon ferait partie de cette deuxième catégorie à part qu’au lieu d’une vie, on en a deux pour le même prix.

Parce que l’utilisation inconsidérée du pétrole a habitué la plupart d’entre nous à vivre en citadins, nous avons tendance à oublier que pratiquement tout ce que nous mangeons est produit par des agriculteurs. Notre survie dépend des sols et nous les détruisons allègrement.

Pour que vos enfants…

Dès le début du livre, on est interpellé :  »La vie se développe dans trois milieux : l’air, l’eau et le sol. Contrairement aux deux premiers milieux qui sont purement minéraux, le sol se caractérise par le fait qu’il est organo-minéral. Cette caractéristique lui confère deux propriétés : la première est que le sol n’existe que sur la planète Terre car il faut de la matière organique, donc de la vie, pour faire un sol. Beaucoup de planètes qui nous entourent ont une atmosphère ou de l’eau mais aucune ne possède un sol. Les anciens ont donc eu raison d’appeler notre planète la Terre car elle est la seule à posséder un sol∑notre planète est recouverte à 70 % de mer, les anciens auraient donc pu l’appeler Océan. L’atmosphère fait 70 km d’épaisseur, les sols font moins d’un mètre en moyenne, ils auraient donc pu appeler notre planète Air. Et pourtant ils lui ont donné le nom du milieu le plus rare, mais le plus important, car c’est du sol que sort la vie. »

Ce livre explique dans un texte d’une remarquable clarté à peu près tout ce que vous devriez savoir sur ce qu’il faut faire pour que vos petits enfants aient encore à manger. Cela implique entre autres la plus grande révolution de civilisation depuis le néolithique, l’abandon du labour. L’agriculture de demain sera en rupture avec celle qui est pratiquée dans nos pays industrialisés ou ne sera pas. Il ne s’agit pas d’un simple retour au passé bien que certaines pratiques anciennes comme l’intégration de l’élevage ou l’utilisation des légumineuses pour enrichir le sol en azote restent nécessaires.

On trouve dans ce livre des pépites : une interprétation de l’extinction des dinosaures dont je n’avais jamais entendu parler, ou encore l’explication de la réalité du « terroir », une vision de l’humanité du futur réduite à se nourrir d’insectes, comment l’agriculture industrielle moderne a généralisé l’utilisation de plantes malades, pourquoi l’attaque de roches très diverses par les plantes donne toujours de l’argile, pourquoi le verbe « marner » évoque un dur travail. Je vous laisse le soin d’en découvrir d’autres.

Ce livre ne s’adresse pas qu’aux paysans, jardiniers ou amateurs de bonne bouffe, il nous concerne tous. Vous n’en regretterez pas l’acquisition.

Ghislain Nicaise

Le sol, la terre et les champs. Pour retrouver une agriculture saine. Claude et Lydia Bourguignon 2009. ed. Sang de la Terre (http://www.sangdelaterre.fr/)

Pour la parité, inventons le scrutin duonominal

9 mai 2010, redaction

La parité homme-femme est désormais inscrite dans la Constitution de notre pays, et tout le monde s’en félicite.

Les élections régionales récentes ont confirmé de ce point de vue la pertinence et l’efficacité des listes mixtes alternant les candidats de chaque sexe, listes dites chabadabada, qui garantissent l’égale représentation des hommes et des femmes dans les conseils régionaux.

Le projet de loi sur la réforme territoriale actuellement en discussion au Parlement prévoit parmi nombre de propositions discutables (suppression de la clause de compétence générale, encadrement budgétaire des collectivités, recentralisation perlée,…), la création d’un nouveau conseiller territorial appelé à remplacer les conseillers régionaux et généraux  en siégeant dans les deux assemblées.

Pour maintenir la parité, le bon sens aurait voulu que le mode de scrutin retenu pour l’élection de ces nouveaux conseillers territoriaux s’inspire du mode de scrutin des régionales, en renforçant éventuellement le poids et la lisibilité des sections départementales; malheureusement, le mode de scrutin proposé par le gouvernement est, sur la base de simples calculs politiciens, le scrutin uninominal à deux tours secs, agrémenté d’une dose homéopathique de proportionnelle.

De l’avis général, un tel mode de scrutin aura pour conséquence inéluctable de faire régresser de manière considérable la parité dans les assemblées territoriales ; ce qui risque d’ailleurs de frapper d’inconstitutionnalité cette réforme, puisque la Constitution prévoit explicitement que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».

Aussi, pour maintenir la parité, à défaut de l’équité, pour ces nouvelles élections territoriales, la solution pourrait être d’inventer dans  notre pays le scrutin « duonominal », scrutin dans lequel les candidatures doivent être obligatoirement présentées par paires, un homme- une femme, tous deux étant élu(e)s en cas de succès. La parité serait ainsi garantie dans chacune des assemblées.

Pour réaliser cette réforme, sans augmenter le nombre d’élus, il suffit de regrouper les cantons par deux, trois ou quatre, et d’élire deux conseillers par circonscription ainsi créée, à charge pour eux de s’organiser comme ils l’entendent à l’intérieur de leur circonscription (répartition par compétences ou par territoire).

La question de savoir si cette élection doit être à un tour,  deux tours secs (où seules les deux paires arrivées en tête au premier tour peuvent se présenter au deuxième tour), ou  deux tours ouverts (où les paires ayant obtenu 10% au premier tour peuvent se maintenir au deuxième) méritera d’être posée. Cependant, pour éviter les triangulaires ou quadrangulaires qui risqueraient de conduire à une paralysie par fragmentation des assemblées, il paraitrait  judicieux de s’orienter vers un scrutin à deux tours secs, mais avec faculté de recomposer les paires entre les deux tours sur la base d’accords politiques, tout en maintenant bien entendu la parité homme-femme; cette option permettant d’ailleurs de favoriser une meilleure représentation proportionnelle.

En cas de réussite, cette formule de scrutin duonominal pourrait être élargie au scrutin législatif, garantissant enfin une juste représentation des femmes à l’Assemblée Nationale !

Christian DESPLATS, Conseiller régional Provence Côte d’Azur