Archive pour mai 2010

Ghislain a la tâche

31 mai 2010,

Le fondateur et rédacteur en chef du Sauvage, Alain Hervé, a publié récemment un livre disponible dans toutes les bonnes librairies. Même si cet ouvrage a très bien été accueilli par les critiques, il serait injuste qu’il ne soit pas annoncé sur le site du Sauvage. Alain ne pouvant en faire lui-même l’éloge, j’en ai accepté la tâche. Ne voulant pas être suspect de complaisance en étalant tout le bien que j’en pense, je me retranche derrière la préface d’un collègue et auteur plus célèbre que moi, le botaniste du radeau des cimes, Francis Hallé :

 » C’est un vrai bonheur pour moi d’ajouter quelques mots à cet ouvrage. Je l’ai trouvé facile à lire, instructif et jubilatoire comme tout ce qu’Alain Hervé écrit sur les plantes. En outre il est amusant par son côté presque psychanalytique.
Il révèle si bien les goûts de l’auteur, qui présente ici 39 espèces végétales « officielles » (y compris Pierre Lieutaghi, mais il ne m’en voudra pas de le compter parmi les plantes !). Sur ce total, on recense six herbes: ces plantes-là, on le voit bien, ne jouissent pas d’une entière sympathie…On y trouve aussi une vingtaine de vrais arbres, dont 8 palmiers « officiels » avec pignon sur rue: mais c’est sans compter avec les nombreux palmiers « officieux » qui se glissent dans ses lignes dès qu’Alain Hervé écrit et qui atteignent je crois, un total de 39 espèces ! On retrouve là la passion de l’auteur de La proximité folle du Paradis (Actes Sud, 1991)…
Merci cher Alain Hervé, de tant aimer les plantes et de transmettre avec des mots si justes la passion qu’elles vous inspirent – avec ou sans palmes ! Votre ouvrage va faire plaisir à tous ceux – dont je suis- qui aiment vous lire. »

Ce que je voudrais ajouter au propos de Francis Hallé, avec une profonde conviction, c’est que ce livre ne m’a pas tant intéressé par ses plantes que par le dépaysement et le plaisir de lire. Celles et ceux qui n’avaient jamais lu des textes d’Alain Hervé auront l’envie d’en lire d’autres, quel qu’en soit le sujet.

Ghislain Nicaise

Alain Hervé, Fous de plantes, Belin, 14,5 €

Le sol, la terre et les champs

23 mai 2010,

Il est paru fin 2009, sans promotion médiatique, un livre qui pour moi est l’un des plus importants qu’il m’ait été donné de lire dans la catégorie « non-fiction ».

Certain-e-s auteur-e-s publient un essai par an, je ne citerai personne pour ménager les susceptibilités. Quand ils sont bons, on y trouve une ou deux idées auxquelles on n’avait jamais pensé. D’autres rassemblent toute la réflexion et l’expérience d’une vie dans un livre, offrant ainsi une mine, à exploiter par petits bouts, à reprendre pour être sûr de n’avoir rien raté. Le livre de Claude et Lydia Bourguignon ferait partie de cette deuxième catégorie à part qu’au lieu d’une vie, on en a deux pour le même prix.

Parce que l’utilisation inconsidérée du pétrole a habitué la plupart d’entre nous à vivre en citadins, nous avons tendance à oublier que pratiquement tout ce que nous mangeons est produit par des agriculteurs. Notre survie dépend des sols et nous les détruisons allègrement.

Pour que vos enfants…

Dès le début du livre, on est interpellé : « La vie se développe dans trois milieux : l’air, l’eau et le sol. Contrairement aux deux premiers milieux qui sont purement minéraux, le sol se caractérise par le fait qu’il est organo-minéral. Cette caractéristique lui confère deux propriétés : la première est que le sol n’existe que sur la planète Terre car il faut de la matière organique, donc de la vie, pour faire un sol. Beaucoup de planètes qui nous entourent ont une atmosphère ou de l’eau mais aucune ne possède un sol. Les anciens ont donc eu raison d’appeler notre planète la Terre car elle est la seule à posséder un sol∑notre planète est recouverte à 70 % de mer, les anciens auraient donc pu l’appeler Océan. L’atmosphère fait 70 km d’épaisseur, les sols font moins d’un mètre en moyenne, ils auraient donc pu appeler notre planète Air. Et pourtant ils lui ont donné le nom du milieu le plus rare, mais le plus important, car c’est du sol que sort la vie. »

Ce livre explique dans un texte d’une remarquable clarté à peu près tout ce que vous devriez savoir sur ce qu’il faut faire pour que vos petits enfants aient encore à manger. Cela implique entre autres la plus grande révolution de civilisation depuis le néolithique, l’abandon du labour. L’agriculture de demain sera en rupture avec celle qui est pratiquée dans nos pays industrialisés ou ne sera pas. Il ne s’agit pas d’un simple retour au passé bien que certaines pratiques anciennes comme l’intégration de l’élevage ou l’utilisation des légumineuses pour enrichir le sol en azote restent nécessaires.

On trouve dans ce livre des pépites : une interprétation de l’extinction des dinosaures dont je n’avais jamais entendu parler, ou encore l’explication de la réalité du « terroir », une vision de l’humanité du futur réduite à se nourrir d’insectes, comment l’agriculture industrielle moderne a généralisé l’utilisation de plantes malades, pourquoi l’attaque de roches très diverses par les plantes donne toujours de l’argile, pourquoi le verbe « marner » évoque un dur travail. Je vous laisse le soin d’en découvrir d’autres.

Ce livre ne s’adresse pas qu’aux paysans, jardiniers ou amateurs de bonne bouffe, il nous concerne tous. Vous n’en regretterez pas l’acquisition.

Ghislain Nicaise

Le sol, la terre et les champs. Pour retrouver une agriculture saine. Claude et Lydia Bourguignon 2009. ed. Sang de la Terre (http://www.sangdelaterre.fr/)

Pour la parité, inventons le scrutin duonominal

9 mai 2010,

La parité homme-femme est désormais inscrite dans la Constitution de notre pays, et tout le monde s’en félicite.

Les élections régionales récentes ont confirmé de ce point de vue la pertinence et l’efficacité des listes mixtes alternant les candidats de chaque sexe, listes dites chabadabada, qui garantissent l’égale représentation des hommes et des femmes dans les conseils régionaux.

Le projet de loi sur la réforme territoriale actuellement en discussion au Parlement prévoit parmi nombre de propositions discutables (suppression de la clause de compétence générale, encadrement budgétaire des collectivités, recentralisation perlée,…), la création d’un nouveau conseiller territorial appelé à remplacer les conseillers régionaux et généraux  en siégeant dans les deux assemblées.

Pour maintenir la parité, le bon sens aurait voulu que le mode de scrutin retenu pour l’élection de ces nouveaux conseillers territoriaux s’inspire du mode de scrutin des régionales, en renforçant éventuellement le poids et la lisibilité des sections départementales; malheureusement, le mode de scrutin proposé par le gouvernement est, sur la base de simples calculs politiciens, le scrutin uninominal à deux tours secs, agrémenté d’une dose homéopathique de proportionnelle.

De l’avis général, un tel mode de scrutin aura pour conséquence inéluctable de faire régresser de manière considérable la parité dans les assemblées territoriales ; ce qui risque d’ailleurs de frapper d’inconstitutionnalité cette réforme, puisque la Constitution prévoit explicitement que « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives ».

Aussi, pour maintenir la parité, à défaut de l’équité, pour ces nouvelles élections territoriales, la solution pourrait être d’inventer dans  notre pays le scrutin « duonominal », scrutin dans lequel les candidatures doivent être obligatoirement présentées par paires, un homme- une femme, tous deux étant élu(e)s en cas de succès. La parité serait ainsi garantie dans chacune des assemblées.

Pour réaliser cette réforme, sans augmenter le nombre d’élus, il suffit de regrouper les cantons par deux, trois ou quatre, et d’élire deux conseillers par circonscription ainsi créée, à charge pour eux de s’organiser comme ils l’entendent à l’intérieur de leur circonscription (répartition par compétences ou par territoire).

La question de savoir si cette élection doit être à un tour,  deux tours secs (où seules les deux paires arrivées en tête au premier tour peuvent se présenter au deuxième tour), ou  deux tours ouverts (où les paires ayant obtenu 10% au premier tour peuvent se maintenir au deuxième) méritera d’être posée. Cependant, pour éviter les triangulaires ou quadrangulaires qui risqueraient de conduire à une paralysie par fragmentation des assemblées, il paraitrait  judicieux de s’orienter vers un scrutin à deux tours secs, mais avec faculté de recomposer les paires entre les deux tours sur la base d’accords politiques, tout en maintenant bien entendu la parité homme-femme; cette option permettant d’ailleurs de favoriser une meilleure représentation proportionnelle.

En cas de réussite, cette formule de scrutin duonominal pourrait être élargie au scrutin législatif, garantissant enfin une juste représentation des femmes à l’Assemblée Nationale !

Christian DESPLATS, Conseiller régional Provence Côte d’Azur

Comme un dimanche

8 mai 2010,

A deux pas de l’Abbaye aux hommes à Caen , Normandie, connaissez vous un lieu pour manger, flaner, lire, trouver des livres introuvables, chiner, converser, goûter, normandiser, prendre de la distance, se régaler, bavarder, donner rendez vous … C’est: « Comme un dimanche » restaurant, brocante, salon, bibliothèque, librairie, retraite… Ouvert en semaine. tel:0231743664. commeundimanche@hotmail