Archive pour septembre 2010

Exposition Monet au Grand Palais à Paris

24 septembre 2010,

Le Grand Palais scintille, le Grand Palais jubile : depuis hier sont accrochées à ses cimaises des dizaines de toiles de Claude Monet. Une rétrospective éblouissante.
Faire l’éloge de Monet paraît superflu, tant l’artiste fut reconnu et recherché de son vivant autant que de nos jours.
Cependant l’évidence de son génie ne dispense pas de s’extasier ouvertement devant la splendeur de cette exposition.

A travers un parcours thématique, passant des paysages normands aux vues de Londres ou de Venise, sans oublier les natures mortes et les portraits, pour finir sur une débauche de nymphéas, on emplit ses yeux de couleurs chatoyantes, d’ombres et de lumières, de flous crépuscules et d’aveuglantes matinées. Les blanches ombrelles et les vertes prairies s’entrechoquent, les rouges coquelicots se heurtent aux neiges immaculées, les mers déchaînées répondent aux calmes étangs.

Les toiles proviennent des plus grands musées internationaux. Seul bémol, mais d’importance : l’absence du tableau « Impression soleil levant », qui donna son nom à l’Impressionnisme en 1874. Il appartient au musée Marmottan ( situé à deux kilomètres du Grand Palais), qui désirait le garder pour sa propre exposition Monet début octobre…

Merci à la Réunion des Musées Nationaux pour ce moment de rêve.

Michèle Valmont

Book of palms

17 septembre 2010,

Carl Friedich Philipp von Martius
Taschen éditeur

L’œuvre d’une vie publiée en trois volumes in folio entre 1823 et 1853 vient de reparaître.
Rassurez vous, malgré le titre en anglais, il est également traduit en français. Ce livre mythique ne subsistait qu’à quelques exemplaires valant des centaines de milliers d’euros. Il ne coûte plus que 99,99 euros. Et pour le prix vous aurez cinq kilos de papier relié. Et de prodigieux cadeaux de Noël à portée de la main, sinon du portefeuille.
Les trois volumes ont été ramassés en un seul d’un format un peu inférieur à l’in folio soit 43/31 centimètres. Mais l’objet reste une merveille. La qualité de l’impression est superbe et sur 442 pages on retrouve aussi bien des détails que des vues d’ensemble des palmiers.

Von Martius en Amazonie
Ainsi nous pouvons saluer  von Martius dont nous connaissons la devise : In palmis semper parens juventus, in palmis resurgo (Parmi les palmiers je me sens toujours jeune, parmi les palmiers je ressuscite).
Résurrection en effet, mise en scène avec virtuosité par H. Walter Lack, directeur du jardin botanique et du musée botanique de Berlin. On peut dire que Martius fut l’inventeur des palmiers pour les Européens, qui les ignoraient. En 1753 Linné en avait répertorié neuf espèces seulement et n’en avait vu que quatre ! Seuls Humboldt et Bonpland avaient entamé l’ouvrage d’investigation au cours de leur voyage en Amérique du Sud de 1799 à 1804. Ils en avaient répertorié une centaine.

Certes nous sommes encore très loin des connaissances contemporaines répertoriées dans le Genera Palmarum de Uhl et Dransfield .

Mais ce qui est très émouvant c’est d’assister à la naissance d’une passion exclusive en même temps que d’une science botanique.

La prodigieuse attention portée aux détails de la plante dans les dessins de Martius nous ouvre les yeux sur les mystères du cœur contourné des palmiers, sur la beauté des fleurs, sur la sensualité des fruits, sur la sexualité des gousses de graines. Le monde végétal apparaît comme un immense répertoire de formes vivantes. On plaint ceux qui ne voient que du vert dans la nature. Avec les palmiers observés dans la forêt primaire, on pénètre dans l’imaginaire devenu la profusion du réel.
La nature rêve, et raconte ses rêves dans le cœur des palmiers.
Même si les noms latins d’identification des plantes ont évolué, on trouve déjà l’Oenocarpus , les Phoenix, les Syagrus, les Chamaerops, les Trachycarpus, les Borassus, les Calamus…
Une vie entière consacrée aux palmiers au retour d’un périple de 2.250 kilomètres pendant trois ans, de 1817 à 1820 à travers le Pérou et le Brésil, se trouve résumée dans ce volume.
Et il ne faut pas oublier que Martius rapportait une collection de cent cinquante mille objets et plantes et n’avait que vingt six ans lorsqu’il est rentré à Munich !

Sur son portrait , von Martius apparaît un peu triste, ce n’est pas le cas de son œuvre jubilatoire sur les, palmiers.
Vous pourrez en savoir plus sur ce livre en allant sur le site : Taschen books palms.

Alain HERVE

La permaculture

9 septembre 2010,

En janvier 2009, à la demande de Michel Courboulex, j’ai rédigé le premier d’une série d’articles qui paraissent depuis tous les deux mois dans la Gazette des Jardins. Cette série s’intitule « Aventures en permaculture ». Elle relate mes essais souvent maladroits et parfois comiques d’installer un écosystème permettant la survie humaine. Ces essais ont pour localisation le hameau Pinaud dans l’arrière-pays niçois, d’où la signature sous le pseudonyme Ghislain Depinaud. J’essaye d’expliquer brièvement ce qu’est la permaculture dans le premier article, mais plusieurs ami-e-s m’ont demandé de leur en dire davantage. C’est ce qui est tenté dans ce qui suit.

Définition
Selon les termes de l’inventeur du mot « permaculture », Bill Mollison, la permaculture est une méthode de création d’environnements humains durables. Le mot lui-même est une contraction non seulement d’agriculture permanente mais aussi de culture permanente, car les cultures ne peuvent survivre longtemps sans une base d’agriculture durable et une éthique de l’utilisation des sols (1). L’objet de la permaculture est de créer des écosystèmes pérennes et nourriciers pour l’espèce humaine, économiquement viables. D’agricole au départ, le concept a été généralisé à la construction de sociétés humaines durables et résilientes, ce qui englobe l’habitat et l’économie en général. Les lignes qui suivent seront consacrées au socle agricole de la permaculture, qui lui donne son crédit et son originalité. (suite…)