Archive pour décembre 2010

Karma

29 décembre 2010,

Karl était un vautour, un charognard, un détrousseur de cadavres, une hyène se repaissant des échecs d’autrui. Combinateur prodige, il tendait des pièges sophistiqués dans lesquels s’empêtraient irrémédiablement ses concurrents éventuels, n’hésitant pas à les enfoncer un peu plus encore. Son aura démoniaque lui attirait des Dalila traîtresses, des Salomé voluptueuses, des Lucrèce cyniques, d’avides Lola, des Mata-Hari perfides, Kali, la dernière femme, lui fut fatale. C’était une mante, elle le dévora, religieuse, elle l’envoûta et le convertit. Jaïn, il va nu sur les routes, balayant devant soi avec son pichi de plumes de paon.
Je m’attends un jour, à le revoir ici, gourou entouré de jeunes dévotes, prônant la Vie sauvage, l’art du oud, du croquis rapide et de la décroissance.

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L’HYPOTHÈSE GAÏA

26 décembre 2010,

ON PARLE DE PLUS EN PLUS, et à juste titre, de « Gaïa », aussi bien dans les milieux scientifiques qui s’intéressent à l’écologie globale (surtout depuis la conférence Chapman sur l’hypothèse Gaïa de l’American Geophysical Union à San Diego, en mars 1988) que dans le mouvement écologiste. Ce terme de Gaïa, emprunté à l’antique mythologie grecque, nous revient aussi sous une double forme : d’une part, un symbole de la déesse Terre, la Mère-Terre, pour désigner notre appartenance à l’histoire de la Vie sur Terre ; d’autre part, une théorie scientifique fascinante et controversée, fondée sur l’hypothèse que le « système Terre », considéré comme un système biogéochimique auto-organisé d’une extrême complexité (en fait la Biosphère), possède une stabilité (homéostasie) régulée par et pour le biote (certains disent biosphère, la biomasse, la matière vivante, c’est-à-dire l’ensemble des organismes vivants, sans oublier les micro-organismes). La confusion terminologique de la littérature, même scientifique, trahit manifestement le flou conceptuel et théorique qui entoure encore cette grande idée scientifique de la Biosphère.

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Cher Dany Cohn-Bendit

25 décembre 2010,

Texte envoyé à Dany Cohn-Bendit à propos d’une tribune intitulée « Les écolos et 2012 », envoyée aux coopérateurs d’Europe Ecologie-les Verts.
Joyeux Noël

Il me semble qu’à propos de cette candidature 2012:
1: Les écologistes doivent avoir un candidat.
2: Pour continuer de faire connaître l’urgence des problèmes écologiques.
Un éventuel candidat tel Eva Joly qui s’applique à ne pas parler d’écologie, n’est pas le candidat approprié. Il y en a d’autres, peut-être moins médiatiques mais qui connaissent leur sujet.
3: Il ne faut pas compter sur les socialistes pour en parler. DSK s’il était candidat est un financier international qui ne croit qu’à la croissance et à la mondialisation.
4: Servir d’appoint aux socialistes pour leur permettre d’être élus est un leurre. Car ils feront la même politique économique que la droite. Et seront aussi sourds à propos d’écologie qu’ont pu l’être Mitterrand; Jospin et Rocard.
5: Si Marine Le Pen a l’intelligence de parler d’écologie, elle fera un malheur, car l’écologie progresse en profondeur parmi tous les non dits de notre société.

Alain HERVE

Une Chabada rosicrucienne

22 décembre 2010,

C’est au Cours élémentaire de la rue de Picpus que Georges se lia avec Erik Satie, Berthe, plus jeune, sévissait en Maternelle.
Georges voulait être paléographe, et Erik pompier-chef. Leurs vocations les séparèrent.
Plus tard, Berthe devint la muse d’un Nabi qui se fit moine et la quitta. Elle s’éprit de Georges qui ainsi, retrouva Erik.
Icelui, Grand Prêtre de « l’Eglise Métropolitaine d’Art de Jésus Conducteur » en fit son Maître de chapelle.
On lui doit cette allègre Chabada rosicrucienne pour hautbois, de rythme argentin, à la sensualité trouble.

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LE PARADIS SUR TERRE

22 décembre 2010,

Un jour où je devais faire son éloge anthume devant une assemblée bienveillante de jardiniers et de botanistes, j’ai été amené à dire qu’Alain Hervé avait
« écrit un nombre considérable d’articles passionnants pour un large public en un merveilleux français ; pour ma part j’ai surtout écrit, en mauvais anglais, un petit nombre d’articles dont la lecture aride est réservée à quelques initiés ».

J’ai accepté donc à la légère d’écrire une préface pour un livre (Le Paradis sur Terre, éd. Sang de la Terre) auquel j’apporte la mince caution de mon quasi-anonymat. J’ai accepté parce j’aime lire ce qu’écrit Alain Hervé.

Comme tout misanthrope qui se respecte, Alain Hervé a un profond et discret amour de l’humanité : « L’homme est une merveille de la nature dans une nature merveilleuse ». Il l’aimerait meilleure bien entendu cette humanité, comme tout le monde, mais sa grande capacité d’empathie lui a donné une aptitude réelle d’abord pour comprendre et organiser les entreprises humaines, ensuite pour écrire des livres.

L’écologie profonde qu’il affiche parfois est une carapace et aussi une défense contre le gauchisme et le politiquement correct dont il a eu sa ration en tant que journaliste au Nouvel Obs. Il se voudrait le sauvage, du nom du journal qu’il a fondé et dirigé pendant 8 ans, alors qu’il n’y a pas plus civilisé que ce voyageur.
Et surtout pour le présent propos, il écrit bien. Il a créé un style qui permet d’en reconnaître l’auteur à la lecture d’un seul paragraphe.
il forge des mots, mots nouveaux immédiatement compréhensibles dans leur contexte, qui lui permettent d’exorciser ce qu’il n’aime pas,  pesticider, déficiter, médiacirque, psychoncontorsionnement, névroconflits, solodéprimes, squelettisme, une haine submergeante, un journal qui trémouille d’émotion, un lideur maximal, le bâfrage, les centrales tchernobiliennes.
Il ponctue son texte de phrases courtes, sans verbe, qui tirent de ce fait même une grande force et ponctuent la réflexion de la lectrice et du lecteur.
Il nous entraîne dans son monde riche de souvenirs et de sensualité quotidienne.

Pour bien caractériser l’impression d’évasion que me donne cette lecture, je dirais que quand je referme son livre, il me faut un moment pour reprendre contact avec la réalité ambiante, comme lorsque l’on sort du cinéma après un bon film.
A noter que sur le fond du message, il est resté fidèle aux positions qui étaient les siennes quand il a fondé les Amis de la Terre il y a quarante ans.

Ghislain Nicaise

Si vous avez encore un doute, allez en lire quelques bonnes lignes ici