Carnets d’Asie

11 mars 2011,

par Gabrielle Wittkop éditions Verticles 23€

Cette germano française est l’auteur d’un chef d’oeuvre intitulé « Sublime assasinat « , publié en 2001.

Si vous ne l’avez pas lu précipitez vous . C’est une des meilleures évocations de la Venise décadente. Oubliée ou négligée par Sollers dans son « Dictionnaire amoureux de Venise ». Mais il a aussi oublié Baffo. Bref.

Les « Carnets d’Asie » de Wittkop sont un journal de voyage dans les années 80 à travers Sumatra,  Java, Bornéo… On y retrouve son regard impitoyable devant les sociétés humaines et les individus. Il s’agit en l’occurrence de l’engloutissement des cultures traditionnelles dans la boue des pratiques contemporaines. Mais elle ajoute : » rien ne sépare le réel du merveilleux… »

On voyage sur les traces de Conrad et Maugham. On rencontre des varans, des crocodiles et des éléphants, des buffles, des chauve souris, des araignées, des réducteurs de tête à la retraite et le souvenir du Rajah blanc… Cette végétarienne impitoyable salue l’homme néolithique lui carnivore certain , sans rancoeur. La visite des cavernes de Niah à Bornéo est émouvante, éprouvante, épatante.Ce n’est qu’un moment de cette longue divagation.

Sans doute si Wittkop avait vécu elle aurait élagué ce texte, n’aurait pas conservé des développements inutiles. Mais ce qui importe c’est l’acuité d’un regard désespéré. A lire.

Alain HERVE