Archive pour avril 2011

PARTAGE OU CRÈVE !

28 avril 2011,

Par Michel Bosquet /André Gorz

Reprint Le Sauvage, n° 12, avril 1974

Ce texte qui fut écrit pour le Sauvage il y a trente sept ans nous paraît témoigner de ce qu’était déjà l’écologie à cette époque. Non pas seulement la protection des petits oiseaux mais une réflexion sur le devenir des sociétés humaines confrontées à l’utopie croissantiste.

Les Sauvages associés

Unique principe pour rompre avec l’idéologie de la croissance : « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. »

L’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change. La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans patronaux et capitalistes pour que son acceptation par les puissances (suite…)

Excursions à travers les milieux des animaux et des hommes, Jakob von Uexküll

27 avril 2011,

Par Hadrien Gens

La retraduction l’année dernière chez Rivages de Milieu animal et milieu humain (14€) du  biologiste Jakob von Uexküll paru en 1934, devrait permettre de faire (re)découvrir la pensée méconnue de cet auteur majeur. Dans ce livre, Uexküll nous ouvre les portes des mondes de nombreux animaux comme l’abeille, le chien, l’anémone de mer, l’oursin, l’escargot ou la poule, mais également de nos propres mondes humains, celui de l’enfant, du convalescent, du forestier, etc. La thèse fondamentale de Milieu animal et milieu humain est que l’animal n’est pas une machine mais un machiniste ; c’est un sujet qui s’ajuste à son milieu mais qui ne le subit pas. Par là, le biologiste retrouve notamment l’idée selon laquelle le temps et (suite…)

Vies de Job, Pierre Assouline

15 avril 2011,



par Alain HERVE

On se souvient du son de sa voix dans l’émission matinale de France Culture pendant des années. Il a donné un ton que ses successeurs perpétuent.
Mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Plutôt du dernier livre de cet éclectique biographe ( Dassaut, Hergé, Cartier Bresson, le Lutétia…) intitulé « Vies de Job ». Il s’agit d’un panoramique philosophique, autobiographique. Après de longs détours, Assouline aborde à 58 ans son hard core. Voilà le récit d’une longue souffrance résultant de la mort de son frère aîné et de son père, de son retour à la pratique religieuse de sa foi juive. La lecture de ce livre fleuve soumet à son lent courant, mais j’ai plongé ici et là dans de passionnantes digressions. Je le reprends tous les soirs pour y pêcher de nouvelles réflexions.

Cinq cents pages à la recherche de Job dans tous ses états. Job le souffrant, Assouline l’a choisi car il représente un inépuisable (suite…)

Vexations d’Eric Satie

14 avril 2011,

par Michèle Valmont

Je les ai entendues pour la première fois au Musée d’Orsay, il y a une dizaine d’années. On les donne ces jours ci à Monaco. Il s’agit d’une pièce pour piano d’Erik Satie, composée d’un thème et d’une variation, suivis du même thème et d’une autre variation :152 notes. C’est tout…et c’est beaucoup, car l’ensemble doit être joué 840 fois d’affilée (on ne sait pas pourquoi ce chiffre précis), sans interruption et sans varier l’interprétation ! Imaginez la gageure.

D’autant que l’œuvre doit en principe être interprétée par un seul pianiste. Selon le tempo choisi, elle dure de 12 à…24 heures !! On comprend alors le titre donné par Satie comme une punition aux pianistes récalcitrants. (suite…)

Fabrice Nicolino et la mort (supposée) de l’écologie

14 avril 2011,

par Laurent Samuel

Dans un livre provocateur titré « Qui a tué l’écologie ? » (éditions Les Liens qui Libèrent), Fabrice Nicolino affirme que les dérives de certaines grandes associations écologistes mettent en péril l’intégrité du mouvement écologiste dans son ensemble. Pour justifier ce sombre diagnostic, ce journaliste engagé de longue date pour l’écologie, s’appuie sur l’échec du Grenelle de l’environnement. De fait, la taxe carbone, qui en était le fer de lance, a été enterrée, ou, du moins, renvoyée à un hypothétique accord européen. Cet échec, Fabrice Nicolino l’attribue à deux causes. (suite…)