Archive pour juin 2011

Tueur de bisons

30 juin 2011,

Tueur de bisons, Frank Mayer, Toulouse, édition Anacharsis, 2010, traduit de l’américain par Frédéric Cotton, 14 euros.

par Hadrien Gens

Ça se passe après la Guerre de Sécession. Après l’extermination des castors et avant le « moissonnage » des peaux de loups, Frank Mayeur raconte comment lui et ses compatriotes sont venus à bout d’environ quinze millions de bisons en à peine un lustre, les bisons étant aussi faciles à tuer qu’« une vieille vache dans un enclos ».

Avec un ton léger, sans nostalgie, regret ou culpabilité, cet ancien « coureur de bisons », comme on les appelait, offre un fascinant témoignage sur cette sombre page de l’histoire américaine. Il explique ainsi comment il « nettoyait » ou moissonnait les troupeaux de buffalos, d’abord pour leurs peaux, 2 dollars l’unité, puis pour leur viande et leurs carcasses qui servaient à la fabrication de colle et de fertilisant. Ceci, bien sûr, dans un grand souci d’économie : les premières années, un bison sur deux était abandonné sur place une fois abattu, la peau étant un peu abîmée. (suite…)

Pater (film)

26 juin 2011,

par Alain HERVE

Alain Cavalier fut l’assistant de Louis Malle et s’en souvient. Pater fait sans cesse penser à My dinner with André. Une conversation entre deux hommes par dessus une assiette remplie de gourmandises. On aimerait connaître l’adresse de leur fournisseur.

Alain Cavalier (d.r.)

Pater met en scène le réalisateur, documentariste  Alain Cavalier un homme coquet et délicat, qui se plait à s’examiner dans le miroir, à se couper les poils du nez, à se faire opérer d’un pli de peau sous le menton, à choisir de belles cravates… Face à un acteur Vincent Lindon, plus rustre, plus sympathique, dévoré de tics, qui se ronge les ongles…

Atteint-on pour autant la vérité de ces hommes? On s’en approche beaucoup. Ils (suite…)

Le temps des prophètes

26 juin 2011,



La crise vue par Herbert Marcuse, Sicco Mansholt, Edward Goldsmith, Edgar Morin, Michel Bosquet/ André Gorz

reprint:Le Sauvage, n° 10, février 1974

En juin 1972, le club du Nouvel Observateur réunissait Sicco Mansholt, Herbert Marcuse, Edmond Maire, Michel Bosquet, Edward Goldsmith et Philippe Saint-Marc autour d’un thème : « Écologie et révolution ». Très vite, bien plus que d’un débat autour de la prise de conscience écologique, il s’était agi de (suite…)

Partage ou crève

25 juin 2011,

Reprint Le Sauvage N° 12, avril 1974

par Michel Bosquet/ André Gorz

Unique principe pour rompre avec l’idéologie de la croissance : « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. »

L’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire (suite…)

Santo Sospir

24 juin 2011,

La villa Santo Sospir sur le Cap Ferrat vient d’être ouverte au public. Entièrement décorée à fresques par Cocteau, pour son amie Francine Weisweiller qui en était la propriétaire, elle propose le temps de sa visite un moment de bonheur. Que l’on apprécie Cocteau ou pas on ne peut qu’être charmé par les lieux. On admire sa prodigieuse habileté à dessiner à tempera et à main levée.

Orientée face à l’ouest la villa est située au bord du rivage et est baignée des lumières du soir. Cocteau y a pris prétexte de la mythologie grecque pour exprimer son amour des corps des hommes et des femmes . Le thème de la Méditerranée et des pécheurs locaux est traité dans le grand salon.

Ce fut certainement un lieu d’extrême savoir vivre et d’ébats amoureux mais aussi de pratique de tous les arts de la poésie à la peinture. Cocteau y recevait sa cour mais mettait aussi la main dans le mortier comme on peut le voir avec les mosaïques de l’entrée au sol et au mur qu’il a entièrement réalisées lui même.

Visite sur RV 14 avenue Cocteau 06 Saint-Jean Cap Ferrat.

Michèle Auric


La chambre de la propriétaire sur les murs de la quelle s’ébattent Actéon et Diane et ses nymphes.