Archive pour septembre 2011

Habemus papam

23 septembre 2011,

par Alain Hervé

Un film titré en latin, c’est intéressant si l’on sait combien de gens parlent le latin en France.Très peu. 5% des lycéens vont étudier le latin cette année. Mais combien parlent Anglais pour des centaines de titres dans cette langue?

Le film est réussi, très réussi. Le faste de l’Eglise catholique romaine flatte l’oeil de ses chamarrures pourpres. On navigue dans les coulisses du Vatican. On se laisse aller à de suspectes émotions.

Ces déploiements cardinalesques sur fond de marbres michelangelesques sont à la fois naïfs, obsolètes, émouvants. On succombe à ce théâtre fastueux qui convoque l’Histoire d’une institution millénaire. Même si on ne souscrit pas aux croyances qu’il invoque.Un pape élu par ses collègues cardinaux s’effondre devant l’ampleur du rôle qu’on lui assigne.

La rencontre de la religion et de la psychanalyse qui est racontée à travers des personnages attachants, démontre la naïveté des deux croyances. Nanni Moretti a sans doute loupé les développement qui auraient été les plus intéressant. C’est a dire le drame intérieur de cet homme mis en question par sa promotion vertigineuse.

Il y avait là matière à spéculer sur la destinée humaine, sur « l’âme », sur la mort, sur le gouffre de la conscience. Et Michel Piccoli en eut été très capable. Moretti l’effleure seulement et fabrique des longueurs avec une pittoresque partie de volley ball. Ce n’est pas une excuse d’être passionné à titre personnel par cette forme de sport.

On passe un bon moment, on sort un peu frustré. C’eût pu être un chef-d’oeuvre. Allez le voir pendant qu’il est encore temps. Nous en parlons trop tard.

Formidable simplicité

23 septembre 2011,

reprint le Sauvage août-septembre 1991

seulement une citation de Charles-Albert Cingria, la Fourmi rouge, L’Age d’homme éd.

« Eh bien alors…Comprenez que ce n’est pas tout d’avoir de l’argent, du confort, de la vitesse, de la chaleur, des boissons, de l’instruction, de l’éducation, le téléphone, des chiens, de la sensibilité, de l’exquisité, de la finesse, de la répartie, de la maigreur, de la souplesse, de la propreté, de la propriété, des photographies, le fou rire, de la société, le sourire, de la philanthropie. Il y a un moment où l’on éprouve le besoin d’être seul et sérieux et où l’on envoie tout dinguer par-dessus les étoiles. La rue bien nettoyée est à vous : ses arbres, ses chevaux, ceux qu’il y a encore. Un formidable Napolitain pisse contre un mur. On lui parle : il ne parle pas. Son gros regard est chargé, son gros pas fait crisser les pierres. Il est bon : c’est l’homme. Ayez donc un peu d’humanité…

L’homme-humain doit vivre seul et dans le froid : n’avoir qu’un lit -petit et de fer obscurci au vernis triste- une chaise d’à côté, un tout petit pot à eau. Mais déjà ce domicile est attrayant ; il doit le fuir. A peine rentré, il peut s’asseoir sur son lit, mais, tout de suite, repartir… »


Le tigre, l’enfant, la vie

23 septembre 2011,

par Pierre Lieutaghi

Reprint Le Sauvage 1er décembre 1990)

« Sauvage », terme riche de connotations multiples en nous et hors de nous. Il parle aussi bien de puissances natives, brutes, capables de jungles et de printemps, que de nos pulsions les plus destructrices.

Nous appartenons à une civilisation qui rêve sauvage mais qui tend à dégrader les forces fondamentales de la terre et de l’homme. La sauvagerie ne s’entend plus que comme mythe ou violence. A travers les (suite…)

21 septembre 2011,

« Culture et écologie », car les écologistes ne sont pas des obscurantistes.

LE SAUVAGE N0 9 JANVIER 1974

LE SAUVAGE N0 9
JANVIER 1974

Voilà maintenant neuf ans que le Sauvage reparaît sur Internet. Près de deux mille articles sont désormais disponibles, dans lesquels vous trouverez une réflexion écologique fondamentale commencée en 1973 . Vous affichez en haut à droite le sujet, la rubrique ou l’auteur que vous voulez consulter et vous cliquez. Fouillez le Sauvage en profondeur… Ce sont aussi bien des reprints de l’ancien Sauvage, que des articles d’actualité qui s’y ajoutent désormais chaque jour. Nous représentons d’une certaine manière la mémoire de l’écologie pour avoir été les premiers à réfléchir sur le sujet dès les années 70. Les soixante treize numéros du Sauvage (suite…)

Je suis un romantique

20 septembre 2011,

Reprint Le Sauvage 1er mars 1979

par Brice Lalonde

Et bien moi, je suis romantique, pour trois grandes raisons, la quatrième étant qu’il ne faut pas avoir honte de l’être (je ne milite pas par goût de la guerre, mais par amour de la vie : romantisme tendance Rabelais).

La fin des fins

Parce que c’est vrai, à la fin, qu’il n’y a plus de fins. Vous y croyez, vous, à ces paradis politiques, ces derniers actes de l’histoire qui rachèteront nos années et nos siècles d’efforts, de sacrifices, de violence, de petits et grands goulags ? Vous y croyez, à ces miroirs aux alouettes qui ont justifié les pires horreurs, ces sociétés enfin parfaites, débarrassées du mal et du conflit, où nous allons vivre heureux et avoir beaucoup d’enfants, où nous serons enfin libres et riches, tous tant que nous sommes, les femmes autant que les Première Radio Verte le 13 mai 1977. De droite à gauche Brice Lalonde, Antoine Lefébure, Jean-Edern Hallier, Alain Hervé. (photo Philippe Frilet DR.)

hommes, et l’énergie nucléaire sera propre ? « Allons, pour la bonne cause, une dernière fournée de fusillés, un dernier bouquet de pieux mensonges, et nous seront enfin dans l’ère idéale : la « nouvelle société », ou le socialisme, etc. ». Dès lors, il n’y a plus que des « transitions ». Et les fins justifient n’importe quel moyen.

On y croit encore ? Pas nous. Et, du coup, nous haïssons ces moyens orphelins de fins, de mensonges, ces (suite…)