Vauban le penseur précurseur par Alain Monod

24 septembre 2011,

par Alain Hervé

Alain Monod nous révèle un Vauban inattendu qui devrait occuper une autre place dans l’histoire de France que celle de bâtisseur de citadelles. Le titre du livre: «  Vauban ou la mauvaise conscience du roi » (Riveneuve éditions) annonce le rôle moral, social et intellectuel de ce curieux ingénieur.

Non content de s’épuiser dans la construction de fortifications et de conduire des sièges aux quatre coins du royaume, il trouva le temps de rédiger des adresses audacieuses à Louis XIV.

Il passait sa vie sur les chemins boueux d’une ville à l’autre pour surveiller les travaux grandioses dont il avait dressé les plans. On le voit s’épuisant d’Entrevaux à Besançon, de Dunkerque à Paris. Il circulait cependant pour épargner sa peine dans une vaste chaise à porteur soutenue par deux mules, de son invention. Il évitait ainsi les cahots d’une voiture à roues. De par les chemins il avait loisir d’examiner l’extrême misère du peuple.

Il adressa au roi tout puissant des mémoires , les lui lut quelquefois lui-même, pour réformer l’impôt ou pour critiquer la révocation de l’Edit de Nantes. Cette liberté d’esprit aurait pu entraîner sa disgrâce et lui valoir l’exil comme ce fut le cas pour Saint Evremond par exemple. Mais il jouissait d’une sorte d’impunité car il était un ingénieur irremplaçable.

Cette situation exceptionnelle en a fait un précurseur des Lumières que l’on redécouvre grâce à Alain Monod.

Le seul qui lui rendit hommage en son temps fut un autre méconnu Fontenelle le centenaire, secrétaire de l’Académie des Sciences .

A.H.