Le Titan à l’oeuvre

17 mars 2012,

La ville de Paris expose José Maria Sert au Petit Palais avec ce sous-titre: « Le Titan à l’oeuvre ». On connaît peu cet Espagnol en France sauf les amateurs et les visiteurs du Musée Carnavalet où l’on peut voir sa décoration du salon de Wendel. Une oeuvre de grand envol lyrique.

Les amateurs ont été voir la cathédrale de Vic près de Barcelone.

L’expo qui vient d’ouvrir à Paris est grandiose et restitue parfaitement l’oeuvre de cet inspiré, que Degas son contemporain comparait à Michel Ange.

Il y a certes de la grandiloquence parfois dans cette avalanche de formes et de couleurs mais quel élan créateur. Quelle théâtralité. Quelle ivresse de vivre.Quelle furia.

On trouvera dans le Monde du 17 mars un petit couplet politiquement et esthétiquement correct de Philippe Dagen. Voilà du pur jus de langue de bois bien pensante pour démolir un grand peintre et une très belle entreprise muséale. Que Sert ait survécu à la guerre civile espagnole et à l’occupation allemande en France c’est un fait. mais il a aussi sauvé les collections du Prado et sauvé de nombreux artistes de la captivité. Sa proximité avec le franquisme n’a de toutes manières rien à voir avec son génie pictural.
On ne reproche pas à Diego Ribeira et Frida Kahlo d’être allés se goberger en Russie aux frais de Staline. On ne reproche pas à Sartre d’avoir fait jouer ses pièces de théâtre à Paris pendant l’Occupation. Et d’avoir écrit dans Coemedia journal de Vichy. On ne reproche pas à Castro d’avoir admiré Franco. On ne reproche pas à Franco d’avoir eu un frère anarchiste…

Dommage que le Monde sabote une très belle exposition plutôt que d’en rendre compte.

Michèle Valmont