Ecologie et Socialisme

18 juillet 2012,

par Alain Hervé

Les choses se passent comme on l’avait craint, mais en pire. Les Socialistes à qui les électeurs ont fait crédit, règnent comme si la démocratie leur avait délivré un pouvoir absolu. Ils clament : « Victoire de la gauche». Ils pourront y prétendre seulement quand ils auront fait quelque chose.

Ils doivent comprendre que nous leur avons consenti un vote sous condition. En fait on réalise qu’ils nous méprisent.

On se croirait revenus à la belle époque Mitterrand, quand  Edith Cresson recevait les écologistes, avenue Montaigne, pour nous faire passer le temps. Quand Jospin  interdisait les livres d’écologie dans les écoles…

Et insolents en plus. Le vidage de la ministre de l’écologie Nicole Bricq s’est fait de manière inélégante, désinvolte, expéditive pour obéir aux ordres des compagnies pétrolières. Ensuite ils ont tiré à balles (de caoutchouc certes) sur les fermiers manifestant pour sauver leurs terres de Notre Dame-des-Landes. Merci les apôtres du béton.

C’est certain ils n’y ont toujours rien compris. L’écologie n’est pour eux qu’un furoncle à éradiquer. La promotion d’Eva Joly à la candidature présidentielle grâce au vote de 12000 coopérateurs, surgis d’on ne sait où, permettait d’écarter un dangereux compétiteur en la personne de Nicolas Hulot. Quand les EELV révéleront la liste des noms de ces coopérateurs, pour le moment soigneusement cachée, on comprendra d’où ils venaient. Ces élus socialistes sont seulement d’autres fanatiques obscurantistes de la religion de l’Economie. Leur Dieu est la Croissance. Ils l’invoquent jour et nuit pour apaiser l’angoisse et la colère de tous ceux qu’ils trompent.

Ils n’ont pas compris que notre société de pseudo abondance va s’effondrer.

Ils n’ont pas compris que seule l’écologie apporte des propositions pour une nouvelle civilisation. Comme le dit Pascal Durand : « Nous portons un projet alternatif global, un autre modèle de société. On ne doit pas accepter d’être en quelque sorte un supplément d’âme ou l’une des branches du grand arbre de la gauche. Nous sommes autres… » « Le Monde 24-25 juin 2012)

Je dois dire qu’il y a longtemps que je ne me sens plus une tête de supplément d’âme gauche.

A une société humaine fourvoyée dans cette pathétique course à la consommation, soumise à la dictature de l’économie et de la finance, les écologistes apportent une vision nouvelle, des perspectives réalisables. Comme le propose par exemple Nicolas Hulot, des voitures qui consomment deux litres aux cent, mais aussi un habitat isolé et producteur d’énergie grâce au solaire, une agriculture qui distribue une nourriture qui engendre de la santé et non pas de la maladie, etc. Vous savez que l’écologie propose des changements radicaux. De vrais changements.

Les annonces programmatiques de François Hollande pour son quinquennat apparaissent encore en deça de ce que nous pouvions craindre. Il ne prononce jamais le mot d’écologie. Ni n’assortit aucune de ses décisions d’une nuance protectionniste de la Nature. Il faut dire que ce haut diplômé ne sait pas ce qu’est la Nature, pour ne l’avoir jamais ni fréquentée, ni apprise. Encore moins soupçonne-t-il que nous en dépendons totalement. Hollande est en quelque sorte un pré Darwinien.

L’ambition de Montebourg de rouvrir le dossier des gaz de schistes est la dernière manifestation de ce pragmatisme productiviste.

Les élus socialistes sont les joyeux nains d’un jardin tout béton, tout atome, tout bagnole, tout pétrole, …

Heureusement l’évolution de la crise ne sera pas sensible à leurs incantations croissantistes.
Nous espérons que Nicolas Hulot et Pascal Durand puissent revenir très rapidement sur le devant de la scène pour leur rappeler que « nous sommes tous écologistes ». Que nous sommes tous, y compris les élus socialistes, dépendants de la Terre planète qui nous abrite dans son atmosphère, ses océans, ses eaux, son humus. Pour leur dire que nous sommes vivants, avant d’être des producteurs, consommateurs, prédateurs, gaspilleurs.

Alain Hervé