Oh ma belle Astrid!

9 juillet 2012,

Nous reproduisons ici l’analyse de  « Sortir du nucléaire » à propos de la relance d’une vieille lune: Super Phoenix, sous un nom charmeur de reine belge: Astrid. Bravo les communicants . Combien vous paie-t-on pour inventer de telles fariboles. Combien cette entreprise qui a déjà échoué sous son ancien nom va t’ elle coûter au contribuable en ces temps de traite intensive?

Miracle, l’opération se produit au moment du retour des Socialistes aux affaires. Est-ce un signe amical  adressé aux électeurs écologistes qui ont voté socialiste?

Le Sauvage

Le réacteur Astrid : technologie miracle ou dangereuse chimère ?
Début juillet 2012, à l’occasion de la signature d’un accord entre le CEA et Bouygues Construction, un projet nucléaire bien discret est sorti de l’ombre : le réacteur Astrid.
Ce prototype est le représentant de la fameuse « 4ème génération » de réacteurs : une étiquette bien moderne pour un projet qui, pourtant, n’a rien de fondamentalement nouveau. Quelles sont les caractéristiques d’Astrid ? Pourquoi l’industrie nucléaire y tient-elle autant ? Et quels sont les risques et les déboires liés à ce projet chimérique ?

Astrid, kézaco ?

Astrid : ce sigle en forme de joli prénom est censé être le prototype d’un nouveau modèle de « réacteur à neutrons rapides au sodium ». Ce réacteur dit de « 4ème génération » [1], présenté par le Commissariat à l’Énergie Atomique (CEA) comme « une rupture technologique avec tout ce qui s’est fait jusqu’alors », n’est pourtant qu’une version à peine modifiée de Superphénix, le surgénérateur fermé en 1997 après une douzaine d’années d’activité réduite pour cause de pannes multiples.

Le projet Astrid est porté depuis 2006 par le CEA, en partenariat avec Areva, EDF, Bouygues Construction, Alstom… En 2010, il avait déjà bénéficié de 650 millions d’euros dans le cadre du « grand emprunt pour les investissements d’avenir ». D’ici fin 2012, les pouvoirs publics sont appelés à décider de sa poursuite. Si tel était le cas, la réalisation du prototype de 600 MW débuterait en 2017 (la fabrication des cœurs commençant, elle, en 2016), pour une mise en service prévue vers 2020. L’exploitation commerciale de réacteurs d’un modèle comparable commencerait censément vers 2040.

Une technologie miracle ?

Tout en laissant à la filière EPR le temps d’un déploiement dans les décennies à venir (déploiement toutefois compromis par les déboires des chantiers de Flamanville et Olkiluoto), Astrid ouvre des perspectives alléchantes pour l’industrie nucléaire.

En effet, ce réacteur pourrait, nous dit-on, « recycler » bon nombre de matières nucléaires, en utilisant comme combustible aussi bien de l’uraniu