Paul Jacoulet : peintre lent

1 mars 2013,

70a4fd7f0bEn sortant du quai Branly on cherche un mot. Le mot qui pourrait qualifier la peinture de Paul Jacoulet (1896-1960). On le trouve avant d’arriver au restaurant des Deux Abeilles, 189 rue de l’Université, que je vous recommande, derrière le musée. Succulentes tartes.

Le mot c’est languide. Le peintre français, japonais, fasciné par ce qu’il appelait « les îles du sud », la Micronésie et leur population rêveuse, s’est laissé aller à leur minutieuse évocation. Cet amateur de papillons épingle ses sujets humains avec minutie, virtuosité, sensualité. Une forme picturale de sensualité très particulière: languide. Les sexes masculins, féminins, P._Jacoulet_J-_Webenfantins, vieillis se fondent en une partition monocorde. Sexes minutieusement dessinés ou évoqués par des coquillages ou des plantes. Il faut se laisser saisir par cette nonchalance tropicale. Nous voilà bien loin de Gauguin et de son évocation passionnée de la Polynésie.

Très étrange peinture métisse franco japonaise, qui mérite que l’on en suive l’incantation. Pour les détails techniques, on trouvera un très bon article dans le Point.

Alain Hervé