Archive pour août 2013

Régurgitation et Création

31 août 2013,

Soyez attentifs : on fréquente, on lit deux sortes de penseurs, deux sortes d’écrivains, deux sortes de philosophes. Les régurgiteurs et les créateurs. Les régurgiteurs pratiquent les citations, les créateurs inventent.

J’ai finalement lu Antoine Compagnon « Un été avec Montaigne ». Je n’ai pas compris ce succès de librairie. C’est sympathique, studieux. je ne sais pas ce que ça pouvait donner sur France Inter. Ca manque de saveur. Ca manque d’écriture. Ca manque de folie. Retournez à Sarah Bakewell. (voir article « Montaigne Lapouge ») Certes le propos est plus ambitieux, mais Bakewell nous presse Montaigne comme une orange et nous offre un jus frais.

La couverture et le format du livre ont fait son succès. Dommage qu’on ne mentionne pas l’auteur de la jolie ombre chinoise.

Et si vous n’avez rien d’autre à lire retournez voir le « Journal atrabilaire » de Jean Clair  Folio 2008. C’est méchant, lucide. Un régal de lucidité. Jean Clair pour ceux qui l’ont oublié avait créé l’exposition « Mélancolie ».

A.H.

Pétrole contre démocratie

27 août 2013,

LE PÉTROLE BRUT LÉGER AMÉRICAIN TERMINE EN HAUSSE DE PLUS DE 4%Dans l’édition du Monde du 23 août 2013, une présentation du livre  » Carbon Democracy  » de Timothy Mitchell. Cet auteur explique comment l’exploitation du charbon et du pétrole a modelé les structures politiques

Quelle énergie démocratique ?

 La malédiction du pétrole, une fatalité bien connue des géopoliticiens et doctement ressassée : plus un pays est riche en gisements, moins il est démocratique. De fait, en 2011, pendant la vague de révoltes du  » printemps arabe « , cet axiome s’est vérifié : à l’exception de la Libye, tous les plus gros producteurs ont été épargnés. Les luttes pour un changement politique ont eu lieu là où le pétrole était nettement moins déterminant pour l’économie nationale, comme c’est le cas en Tunisie ou en Egypte.

Carbon Democracy, l’essai de Timothy Mitchell, titulaire de la chaire du Moyen-Orient à l’université Columbia (New York), repose tout entier sur une idée, aussi simple qu’inédite : il faut reconsidérer le champ d’application de cette loi. Ce qui vaut pour ces pays lointains et orientaux ne vaut-il pas pour nos contrées occidentales ? (suite…)

Impressions partielles et partiales des JDE d’EELV

26 août 2013,

par Ghislain Nicaise

Pour une vision globale journalistique des Journées d’Eté (JDE) d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV), vousLogo EELV pouvez vous reporter à vos sources d’information habituelles. Ce qui suit est encore plus subjectif et biaisé. Je me permets cette critique indirecte de nos confrères parce qu’un ami m’a dit que les médiums avaient surtout retenu de ces JDE la tribune de Christiane Taubira. Son discours était certainement un grand moment d’art oratoire, un régal pour qui apprécie la langue française mais pour moi il ne résumait ni les échanges ni le torrent d’information qui ont traversé ces JDE.

Ce que j’ai retenu d’abord, c’est l’entrée en fanfare du mot et du concept (parfois flou) de transition. (suite…)

L’été en relisant Montaigne et Lapouge

25 août 2013,

par Alain Hervé

UnknownJ’ai déjà parlé ici de Sarah Bakewell  et de son très érudit ouvrage sur Montaigne. Voilà le genre de livre sur lequel on revient. On pourrait ne jamais le quitter de même que l’on ne quitte jamais Montaigne. On n’a jamais fini de comprendre cet homme simple et compliqué qui a offert aux têtes françaises tant d’intelligence, de modération, de lucidité, de couardise, de courage… Depuis la publication des Essais, l’esprit français porte plus ou moins la marque de Montaigne. Quelquefois nous ne nous en rendons pas compte, mais nous avons à un moment de notre jeunesse reçu le vaccin Montaigne. Il nous circule dans le sang. Il faut une Anglaise pour nous le rappeler. Elle le cite avec jubilation : « nous sommes, je ne sais comment, doubles en (suite…)

Libre-Esprit

23 août 2013,

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Quand la chaleur tombait, nous montions aux ruines du château. Les allemands l’avaient fait exploser lors de leur retraite de 1918, dans une orgie de destructions et de terre brûlée. Depuis la végétation l’avait envahi, descellant les pierres, les arbres s’y étaient enracinés. Les couleuvres albinos et de petits lézards sombres s’enfuyaient à notre approche. On entendait dans l’ancienne citerne, le tintamarre lugubre des grenouilles aveugles.
C’était cependant, parvenus au faîte, une retraite agréable, les saules là-bas frissonnaient avec des bruits d’éventails, nous suivions le vol des libellules, des sphinx- colibris (Macroglossum stellatarum) butinaient les géraniums sauvages. Georges lisait le dictionnaire khazar.
Une communauté de bégards s’installa un temps, tentant de ressusciter la foi et les rites des Frères du Libre-Esprit, c’était trop tôt ou trop tard, ils durent s’exiler et essaimer au Brésil. Des graffitis gravés qu’on lit du bout des doigts attestent leur passage.

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