Folies Vaudeville

23 avril 2014,

par Michèle Valmontfoliesvaudeville2

La nouvelle pièce de Jean Marboeuf se joue actuellement au théâtre La Bruyère.
Disons-le d’emblée, son titre, Folies Vaudeville, pourtant alléchant, ne tient pas ses promesses. Après la guerre de 14-18, un directeur de théâtre aux abois cherche Georges Feydeau pour le supplier de terminer une pièce afin de renflouer ses caisses. Or Feydeau est enfermé dans un asile de fous en compagnie de Paul Deschanel, le président de la République tombé d’un train, en pyjama. De cette rencontre hautement improbable naît une succession de conversations décousues sur les femmes, la politique, l’air du temps qui passe…entrecoupée des réflexions d’un infirmier rescapé du front et des apparitions d’une cocotte de comédie.
Sans doute tout cela est-il destiné à évoquer l’époque dite belle, dont Feydeau fut le chantre incontesté, qui se termine avec la première guerre mondiale. Malgré la connaissance incontestable de Jean Marboeuf de cette période charnière, l’évocation tourne court, les dialogues sont lourdauds, l’enchaînement des scènes hasardeux.
Les comédiens, bien dirigés par Jean Marboeuf, sont heureusement excellents. Patrick Préjean-Feydeau a une présence et une autorité remarquables. Jean-François Gallotte, clin d’oeil au Monsieur qui pue du « Fil à la patte », dans le rôle du directeur de théâtre pitoyable, est plus que convaincant; Pierre Aussedat parfait de finesse et de distinction en Paul Deschanel; Eric Mariotto touchant en infirmier gazé et Julie Marboeuf, délurée cocotte à la plastique séduisante. Ils évoluent dans un décor plaisamment rempli de projections.
Mais leur talent ne suffit pas à sauver la pièce. L’alchimie théâtrale ne prend pas. Dommage.

Michèle Valmont

Théâtre La Bruyère: 01 48 74 76 99