Le monde a-t-il un sens?

17 mai 2014,

9782213681863-X_0par Alain Hervé

Pelt et Rabhi se sont associés pour formuler une question à la quelle ils s’efforcent d’apporter une réponse. Ce n’est pas évident.

Pelt reprend l’histoire à ses débuts avec le big bang pour en arriver à l’homme. Il détaille très clairement les épisodes successifs de cette montée vers la vie puis la conscience, (page 118) qui constituerait un sommet. Je ne partage pas cette mise en unicité de l’homme. Je crois que la conscience est un produit de la compléxification de la matière qui se développe progressivement, même si elle culmine éventuellement avec l’homme. La conscience d’être est manifestement partagée par de nombreuses formes de vie. L’homme n’est pas le phénomène que l’on déifie. Il reste profondément dépendant et solidaire de la matière dont il émerge . Selon la formule de Robinson Jeffers: « not man apart ».

Merci à Pelt de mettre  par ailleurs en évidence « l’associativité » qui contrebalance « l’agressivité ». Cette observation présentée par Haeckel dès 1866  est souvent négligée, oubliée, méprisée et mérite en effet d’être remise en valeur. Elle permet de mieux apprécier l’apport du Darwinisme, qui ne se réduit pas à la caricature que l’on en fait.

Rabhi parle les mains dans la terre. Il exprime ici sa ferveur pour une agriculture intelligente, c’est à dire qui reste limitée et bio. Dommage qu’il ait fait cinq enfants ce qui semble être assez contradictoire . La surcharge humaine est à l’origine du désastre écologique.

Je cherche des points critiques dans ce livre, ce qui risque de le sous estimer. Il apporte une réponse à la question qu’il pose par une réflexion profonde sinon définitive.

A.H.