Jeûner pour le climat le 1er de chaque mois

4 juin 2014,
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La cueillette des pommes, Hans Bol,1580

par Alain Hervé

Nous étions invités à bord de la péniche India Tango au port, bien nommé, de la Conférence à Paris, le 4 juin dernier, à une conférence de presse pour le lancement du « Jeûne pour le climat ». Il s’agit de jeûner chaque premier du mois pour manifester un intérêt particulier à la question climatique et pour inciter « les gouvernements à adopter un traité global contraignant, juste et ambitieux lors de la prochaine conférence onusienne Paris Climat 2015« . Des représentants de toutes les grandes religions se sont exprimés. Les plus éloquents et explicites ont été Tareq Oubrou, Grand Imam de Bordeaux et Nicolas Kazarian au nom de l’Assemblée des évêques orthodoxes de France.

Enfin les religions commencent de s’intéresser à l’écologie. Il leur aura fallu quarante ans pour y venir. Et timidement. Et peut-être trop tard. Monseigneur Marc Stenger de la Conférence des évêques de France, qui participait à la conférence de presse, annonce une encyclique papale sur l’écologie pour 2015. Comment sera-t-elle formulée? Son importance et son influence pourraient être déterminantes sur les choix des politiques mondiales. Les religions sont encore des institutions qui jouissent d’une audience planétaire.

Jacques Blamont, professeur émérite à l’Université Pierre et Marie Curie, ancien directeur du Centre National d’Etudes Spatiales, membre de l’Académie des Sciences s’est déjà rendu au Vatican en 2013, pour tirer la sonnette d’alarme. Il a été reçu poliment mais sans grande écoute.

Nicolas Hulot qui participait également à la conférence de presse a élargi le débat, avec une grande justesse, du seul problème climatique à une prise en considération du changement de civilisation qui devrait intervenir,: « de l’avoir à l’être » . Il nous a dit avoir été lui aussi au Vatican, il ne nous a pas dit comment il avait été entendu.

J’ai pour ma part soulevé la question de l’explosion démographique. Je n’ai reçu aucune réponse nette d’aucun des représentants des quatre religions représentées.

« La messe est dite… » disait-on autrefois.

Je conserve cependant quelque espoir que cette encyclique, qui s’intitulera peut-être Urbi et Orbi, indiquera une nouvelle voie à l’humanité croyante. Si toutes les religions pouvaient s’y associer ce serait encore mieux.

A.H.