Archive pour juillet 2014

Nature : l’exception culturelle française

31 juillet 2014,

Une tribune de Jean-Claude Génot publiée le 25 juillet par notre confrère Politis

Nature malade (Génot)Quand on voit l’hystérie provoquée par 300 loups en France, alors que le calme règne chez nos voisins où il est également de retour (Allemagne, Suisse) et là où il a toujours existé (Italie, Espagne), on est en droit de se demander ce qui ne tourne pas rond dans l’Hexagone.

Justement, si le loup est si mal accueilli, y compris dans certains parcs nationaux, c’est parce qu’il fait irruption dans un paysage entièrement domestiqué, véritable usine de fabrication à ciel ouvert des produits du terroir. Cette bestiole sauvage qui apparaît soudain dans ce grand jardin à la française aux allées bien droites, ça fait tache ; pour tout dire, c’est l’anarchie.

En fait, le loup n’est qu’un révélateur, celui d’une France très anti-nature arc-boutée sur ses pratiques rurales, intolérante vis-à-vis de ce qui n’est pas domestique. On chasse dans la majorité des réserves naturelles, on exploite la forêt partout à l’exception des trop rares réserves intégrales, on laisse paître les troupeaux au cœur des parcs nationaux de montagne, ce qui conduit les Cévennes à s’opposer à la présence du loup et les Écrins à faire une battue en zone centrale pour l’en faire sortir, alors que les parcs nationaux sont faits pour protéger la nature sauvage et pas les animaux domestiques. (suite…)

La coupe du monde féminin

30 juillet 2014,

Nous avons vu et entendu cet éloge de la coupe sur le site de bioconsomacteurs (phallocrates s’abstenir). Le Sauvage.

La cupPublié par Webmaster le 23/07/2014

Vous êtes née femme. Cinq jours par mois, comme 16 millions d’autres en France, vous enchaînez serviettes, tampons et mauvaise humeur. Dix mille protections jetables en une vie, qui finiront dans l’eau (pour les tampons), incinérés ou enfouis (pour les serviettes). Leurs composants ? Du coton (non bio pour la plupart des marques) et de sympathiques matériaux et produits chimiques tels que plastique (applicateur, emballage), viscose, colle, cristaux de polyacrylate de sodium (censé absorber le sang), alcools, additifs de parfum et autres agents de blanchiment. Le chlore, utilisé pour blanchir le coton des tampons et serviettes, forme avec la viscose des résidus de dioxine, d’après l’ émission La quotidienne, sur France 5, diffusée le 6 janvier 2014. Dioxine qui est une substance cancérogène, selon l’organisation mondiale de la santé (OMS). Ah oui, et puis il faut 400 à 450 ans pour qu’une serviette ou un tampon se dégrade, d’après Consoglobe, rejetant du même coup du chlore, des dioxines et (suite…)

FNE + 12 / PAC

25 juillet 2014,

Logo FNENous avons reçu ce communiqué de presse du Jeudi 24 juillet 2014 de la part de France Nature Environnement et de 12 autres organisations signataires à propos de la Politique Agricole Commune (PAC) de la Communauté Européenne. Le Sauvage

Politique agricole commune : moins de prairies, moins de haies, moins d’oiseaux et plus de CO2 dans nos campagnes !

D’ici le premier août, la France doit notifier à la Commission européenne ses premiers arbitrages sur la mise en œuvre du verdissement de la nouvelle Politique agricole commune (PAC). Mais le Ministre de l’agriculture a déjà annoncé ses intentions. Cédant une fois de plus aux lobbys agroindustriels, l’Etat français s’apprête à tirer encore plus vers le bas le niveau d’ambition environnementale, déjà désastreux, de la réforme européenne. Les organisations signataires (suite…)

Permaculture

22 juillet 2014,

permaculture Carine MayoLes lectrices et lecteurs qui fréquentent le site du Sauvage ont rencontré ce mot, qui n’est pas du langage courant mais n’est pas non plus vraiment nouveau. De plus en plus de livres fondamentaux sur la permaculture sont traduits et paraissent en français mais encore très peu d’ouvrages ont été publiés par un-e auteur-e francophone. « Le guide de la permaculture au jardin. Pour une abondance naturelle » de la journaliste Carine Mayo vient combler cette lacune. J’ai moi-même commencé à réfléchir sur ces notions et j’ai essayé de les mettre en pratique depuis 6 ans (voir ici le début de ma chronique), ce qui me permet d’écrire que ce livre est fort bien fait. D’agriculture permanente, les fondateurs australiens qui ont inventé le mot ont glissé vers culture permanente. Bien que la permaculture ait  ainsi l’ambition de traiter la plupart des aspects des sociétés humaines et de leur environnement, le livre de Carine Mayo prend le parti délibéré de s’en tenir au jardinage permacole, qui est la motivation principale de la plupart des personnes essayant de se documenter sur le sujet. On y retrouve tous les thèmes permacoles habituels, l’importance des arbres et des plantes pérennes, le design, les baissières, la culture sur buttes, le tracteur à poules et la spirale d’herbes aromatiques etc… Quelques reportages sur des acteurs et des réalisations concrètes, « en France et ailleurs » viennent compléter utilement l’ouvrage. Vous pouvez le télécharger gratuitement et ainsi vous rendre compte par vous-même. Cependant j’en conseille vivement l’achat, c’est un livre à feuilleter, à poser sur l’étagère et à consulter à plusieurs reprises, ce que vous ne ferez probablement pas si vous vous contentez de le stocker sur votre disque dur.

Ghislain Nicaise

Etre au monde

22 juillet 2014,

Etre au monde et appartenances dans la modernité tardive

Roger Cohen

Roger Cohen

par Frédérique Lorenzi

Dans le New York Times du 8 juillet repris dans Courrier International, Roger Cohen affirme que la torpeur qui paralyserait les Français et frapperait leur économie serait due à la modernité qui aurait redéfini l’espace et relégué l’Etat au deuxième plan. La perception que ce peuple a de lui-même serait ainsi ébranlée, la technologie ayant éliminé les distances et la relation d’attachement à un terroir. Quant à l’Etat, auquel les Français voueraient une confiance sans failles, son pouvoir serait mis à mal par des individus apatrides vivant dans un cybermonde sans frontières. Les Français ne s’y retrouveraient pas parce que ce ne serait pas leur monde, leur modernité. (suite…)