Eloge des mangeurs d’hommes, Yves Paccalet

22 septembre 2014,

par Alain Hervé

Yves Paccalet

Yves Paccalet

Yves Paccalet n’a pas trouvé de titre plus ravageur, pour plaider la cause  des soit disant « mangeurs d’hommes », sur le modèle de son « l’Humanité disparaîtra, bon débarras ». Mais sa démonstration est aussi éloquente. Les prédateurs ne sont pas ceux que l’on croit. Les assoiffés de sang sont les hommes, pas les requins, ni les loups , ni les ours, ni les tigres, ni les autres menacés d’extinction par l’extension de l’empire d’anthropos. Chiffres à l’appui. Le réquisitoire est soigneusement documenté et soutenu par une abondance de témoignages et d’histoires de rencontres entre les animaux et l’autre animal : l’homme. A notre époque, la situation évolue et mal. Les hommes refusent aux animaux sauvages et libres de conserver des territoires où ils seraient chez eux.

Paccalet se livre avec virtuosité à une appréciation philosophique de ce conflit dramatique au sein du vivant. La planète Terre n’appartient pas à l’homme. Il n’en est qu’un acteur parmi d’autres, emporté par les gigantesques remous de l’Evolution. Pourrait il jouer modestement sa partition? Respecter celle des autres. Il semble en être incapable.

Ça se lit d’un trait. Ça nous en apprend beaucoup sur ce que nous voulons continuer d’ignorer. Et ça nous incite à relire nos précurseurs. Lamarck en particulier: « Enfin, l’homme seul semble pouvoir se multiplier indéfiniment, car son intelligence et ses moyens le mettent à l’abri de voir sa multiplication arrêtée par la voracité d’aucun des animaux. Il exerce sur eux une suprématie telle que, au lieu d’avoir à craindre les races d’animaux les plus grandes et les plus fortes, il est plutôt capable de les anéantir, et il restreint tous les jours le nombre de leurs individus . »Jean-Baptiste de Lamarck, Philosophie zoologique (1809)

Yves Paccalet, Eloge des mangeurs d’hommes loups, ours, requins… Sauvons les. Arthaud 15 €