La danse du diable de Philippe Caubère

20 novembre 2014,

par Michèle Valmont

philippefourrure

Il est venu, il est bien là, lui, Philippe Caubère, sur la scène du Théâtre de l’Athénée, pour la reprise, trente trois ans plus tard, de son spectacle « La danse du diable », prêt – pendant 3 heures 3o (oui!) – à entraîner son public dans les méandres tortueux de sa vie, de son enfance à ses débuts théâtraux.

Miracle, le spectacle n’a pas vieilli, tout au plus s’est-il un peu patiné, tout comme son interprète, de cette belle patine que l’on trouve sur les meubles précieux. La figure principale en est sa mère, morte deux ans avant la création du spectacle en 1981.

Après un court moment d’adaptation au débit effréné de Philippe Caubère, on trouve, ou retrouve, les « codes » permettant de décrypter les évocations des personnages familiers ou célèbres qui peuplent le monde délirant mais bien ancré dans la réalité du comédien.

Ainsi, aux côtés de sa mère ou de sa soeur, apparaitront De Gaulle, Malraux, Sartre ou Mauriac. Et soudain la magie opère: le spectateur est emporté dans une succession d’histoires, banales en apparence, de la vie quotidienne, se transformant, par le génie de l’interprète, en maelstrom tourbillonnant qui confine à une sorte de transe heureuse.

La traversée de Marseille en 2 roues, la première leçon de théâtre ou la transformation de Caubère en avion à hélices laissent la salle hoquetante de rire. On passera bien volontiers sur quelques longueurs qui permettent au comédien d’économiser ses forces pour se donner tout entier dans les passages culminants.

Si l’on peut reprendre, avec plus ou moins de bonheur, des sketches de Raymond Devos, Coluche ou Muriel Robin, Caubère, lui, reste inimitable. Il est le seul à pouvoir jouer sa propre vie. Son spectacle (son oeuvre) est unique, phénoménal. Ne le manquez sous aucun prétexte.

Michèle Valmont

Théâtre de l’Athénée: 01 53 05 19 19