Transition énergétique

3 mars 2015,
logo enercoopSur le site d’Enercoop, un article signé Anne Bringault sous le titre

« Transition énergétique : à la veille de la COP 21, une loi au rabais n’est pas possible ! »

Le Sénat s’apprête à voter le 3 mars le projet de loi sur la transition énergétique. Alors que l’Assemblée nationale avait plutôt renforcé le texte, la majorité sénatoriale a choisi de le dénaturer, lui ôtant deux objectifs structurants et mettant un frein aux projets éoliens.

En supprimant l’échéance de 2025 pour ramener à 50% la part de l’électricité d’origine nucléaire et en autorisant l’augmentation de la puissance nucléaire installée en France, le Sénat choisit de freiner les énergies renouvelables, secteur d’avenir dans lequel la France piétine. De même, modifier de 500 mètres à 1 kilomètre la distance minimum entre une éolienne et une habitation n’a pas de sens du point de vue physique, et prive nos territoires de la chance de se doter de cette énergie, alors même qu’elle montre sa pertinence via des croissances rapides en Europe, Chine et aux Etats-Unis, à des coûts particulièrement compétitifs.

Les économies d’énergie n’ont malheureusement pas davantage les faveurs du Sénat. En supprimant l’objectif intermédiaire de réduction de 20% de la consommation énergétique d’ici 2030, pourtant indispensable, le Sénat a oublié une évidence : l’efficacité énergétique, c’est un gisement d’emplois et de productivité pour tous les acteurs économiques. C’est aussi une économie financière, notamment pour les ménages. Selon l’Observatoire national de la précarité énergétique, plus de 11 millions de personnes souffrent de cette situation, qui affecte aussi bien leur porte-monnaie que leur bien-être et leur santé. La rénovation thermique des bâtiments permettrait de modifier les conditions d’habitat. Les économies d’énergie réalisées par les ménages grâce à ces investissements vertueux se répercuteraient en partie sur leur pouvoir d’achat.

Il faut désormais changer de cap car notre système actuel n’est plus tenable. L’urgence s’impose et le coût de l’inaction deviendra vite insupportable, en particulier pour les populations les plus vulnérables!

Pour le bien de tous, il est temps pour les Parlementaires et le gouvernement de faire des choix clairs vers la transition énergétique, sans demi-mesure !

Anne Bringault, Les Acteurs en Transition énergétique

Pour en savoir plus : http://www.rac-f.org/Transition-energetique-Le