Archive pour mai 2015

Hedera helix vs Sipo matador

17 mai 2015,

 lierre..par Ghislain Nicaise

Un ami normand enthousiaste m’a incité, presque forcé serait plus exact, à me plonger dans la lecture de Cosmos, le dernier ouvrage de Michel Onfray, cet autre normand discrètement fier de ses ancêtres Vikings. Je reviendrai probablement sur Cosmos, ouvrage riche, très divers, mais je voudrais aujourd’hui m’attarder sur le chapitre intitulé Botanique de la volonté de puissance.

Michel Onfray applique la notion (nietzschéenne) de volonté de puissance à la trame de l’univers et en particulier à l’évolution. L’insistance que Michel Onfray met à traiter le cas de la liane étrangleuse tropicale Sipo matador s’éloigne d’une vision d’écologue. Je vais illustrer mon propos avec l’exemple du lierre (Hedera helix) une liane plus proche de notre environnement vécu (suite…)

Brève de climat 1

15 mai 2015,

thermomètreAu niveau mondial, l’ensemble des subventions accordées aux énergies fossiles était de 550 milliards de dollars en 2013,

contre 120 milliards pour les énergies renouvelables (celles qui n’aggravent pas l’effet de serre).

source World Energy Outlook 2014. IEA (Agence Internationale de l’Energie)

Nuits tranquilles à Belém, Gilles Lapouge

7 mai 2015,

9782081331174-1par Alain Hervé

Gilles Lapouge maîtrise l’art difficile de l’enlèvement  onirique, de l’envol narratif, du détournement de lecteur…

Je m’explique, il nous propose une histoire banale : un homme, le narrateur, sort de l’ascenseur d’un hôtel à Belém do Parà, lorsqu’un enfant lui saute dans les bras en l’appelant papa. Il ne connaît pas cet enfant. Cependant il accepte cette paternité instantanée.

Encore deux lignes et Lapouge nous dérobe le sol de sous les pieds. Il nous emmène en Inde , devant une maison « jaune et ocre, la couleur du vent » où il va poser ses valises. Puis nous voilà soudain à Champtercier dans l’épicerie de madame Magnan, puis à Saint-Malo chez les écrivains-voyageurs…
Nous n’en sommes qu’à la page douze. Le roman tourbillonne dans l’imaginaire de l’écrivain. Il nous emporte dans sa dérive. Si nous en avons le talent, nous le suivons.

Ce court roman n’est pas un policier, ni un récit de voyage, ni  un traité psychanalytique, ni un mélo, ni une synthèse ontologique, ni une mystification, mais il est tout cela à la fois.

(suite…)

Paris brûle-t-il ? Non, Paris étouffe

7 mai 2015,

couverture Bihouixpar Philippe Bihouix, tribune parue dans Libération du 6 mai 2015 

La belle unité politique et médiatique concernant la candidature de Paris aux Jeux olympiques (JO) de 2024 fait chaud au coeur. C’est qu’en ces temps de vaches maigres, quelques «retombées économiques et culturelles pour l’ensemble des Franciliens et des Français» (Jean-Paul Huchon) ne feraient pas de mal. Quelques voix dissonantes se sont pourtant fait entendre, et une minorité d’élus, essentiellement Europe Ecologie-les Verts (EE-LV), a voté contre, invoquant l’incertitude sur le coût et le financement ou le fait que la population n’a pas été consultée.

Il n’est pas étonnant que ces deux arguments aient eu une portée limitée. Depuis le référendum calamiteux de 2005 sur le traité européen, nos élites savent qu’il vaut mieux éviter les questions trop ardues, et qu’il est diablement plus efficace de s’en tenir aux débats entre gens raisonnables, apanage de la démocratie représentative. On organisera bien une grande consultation citoyenne, donc, mais après le dépôt de candidature. Il aurait pourtant été intéressant d’avoir l’avis des Parisiens et des Franciliens, peut-être pas si enthousiastes face aux perspectives de nouveaux bétonnages (suite…)

Collapsologie. Bon appétit

4 mai 2015,

Nous vous recommandons vivement  la lecture9782021223316 de l’article de Michel Sourrouille dans Biosphère, à propos du  livre de Pablo Servigne & Raphaël Stevens, « Comment tout peut s’effondrer », Le manuel de collapsologie Le Seuil, qui met un nouveau mot sur l’inquiétude qui commence à sourdre au sein de la population : la collapsologie ou étude de l’effondrement de la société thermo-industrielle. Bon appétit.