Archive pour août 2015

Aventures en permaculture – 21, Peut-on se passer de pesticides au jardin ?

29 août 2015,

111113.Carabus.intricatus redpar Ghislain Nicaise

Un des responsables de la Société locale d’Agriculture et d’Horticulture a lancé cette interrogation, propre à engendrer un troll, pour animer les échanges internet de l’association. La question était accompagnée d’un texte se livrant à un massacre en règle de l’utilisation du purin d’orties. Après avoir vu passer des réponses assez diverses, dont certaines de solide bon sens (« Evidemment que l’on peut se passer de pesticides ! Ces produits ne sont apparus que dans les années 50-60 et que je sache, auparavant, nos cultures se portaient très bien… ») je n’ai pu me retenir d’y ajouter mon grain de sel.

Je crois que la solution n’est pas de remplacer des pesticides de synthèse par des extraits ou macérats de plantes. Je proposerait volontiers que l’effet parfois positif des purins divers porte plus sur la nourriture apportée aux plantes cultivées que sur la destruction de pestes. (suite…)

La nature, soluble dans l’économie ?

25 août 2015,

baleine 003Par Sarah Feuillette

J’ai été frappée il y a quelques années par le fait de devoir, dans  le cadre de mes activités professionnelles, traduire en euros tout un tas de biens environnementaux (qualité de l’eau, paysage, biodiversité…). Et peut-être plus encore par le fait de rencontrer des économistes accordant crédit à ces chiffres. Je suis alors tombée sur un article du philosophe Patrick Viveret qui tournait ce type de pratiques en dérision : selon un tel raisonnement il semblait logique d’approcher monétairement la valeur mondiale de l’amour en multipliant le coût d’une passe par le nombre d’êtres humains en âge d’avoir des rapports sexuels… Viveret concluait sur l’impossibilité de quantifier ce qui a le plus de valeur (au sens premier du terme : la force de vie). (suite…)

Aventures en permaculture – 20, LES POMMIERS

25 août 2015,

Fig.1.101021.pommierspar Ghislain Nicaise

20- Les pommiers, mise à jour d’une parution dans La Gazette des Jardins n° 101, janvier-février 2012 (1),

Le pommier s’impose

S’il est un arbre utile qui devait être planté sur notre terrain c’est bien le pommier. Il pousse spontanément un peu partout. Bien entendu il n’est pas originaire du pays mais il s’est aisément naturalisé.  J’ai essayé de dégager deux pommiers trouvés à la lisière de la forêt : le résultat de ma taille nécessairement un peu radicale est qu’ils n’ont presque pas fleuri le printemps suivant. Leurs pommes avaient été précieuses au cours de l’automne précédent pour faire mûrir les avocats. Le plus souvent les pommes du commerce n’ont pas cette faculté : je suppose qu’elles ne diffusent pas l’hormone de mûrissement (l’éthylène, qui est un gaz) parce qu’elles sont traitées pour une plus longue conservation. (suite…)

Lecture de Laudato si’ par une agronome

18 août 2015,

ImageJ=1.47vpar Sarah Feuillette (1)

Malgré ma posture critique vis à vis du rôle de l’Eglise dans bien des domaines, j’ai lu avec grand intérêt la dernière encyclique, Laudato si’, et je partage les deux analyses qui en ont été faites dans Le Sauvage, la lecture du mécréant et celle du chrétien écolo. Je l’ai notamment lue avec mon regard d’agronome, car l’agriculture française me semble très concernée par cette encyclique, au moins à deux titres.

En premier lieu car le lien entre environnement (sujet central de l’encyclique : « la sauvegarde de la maison commune ») et agriculture est très fort, du fait de l’emprise territoriale de l’agriculture française (plus de 53% du territoire métropolitain) mais aussi et surtout de ses pratiques dominantes, comme le résume ainsi la très intéressante étude « Agriculture et biodiversité » menée par l’INRA en 2008 : « L’agriculture française moderne exploite peu les services écologiques naturels, auxquels elle a substitué des intrants chimiques (pesticides, fertilisants). En outre, la réduction du nombre de cultures, la simplification des méthodes culturales et l’homogénéisation des paysages (disparition des haies par exemple) ont des effets négatifs sur la biodiversité des espaces agricoles. »

(suite…)

Hiroshima, 80.000 humains tués en une seconde

16 août 2015,

par Alain Hervé

6 aout 1945 bon anniversaire

6 aout 1945
bon anniversaire

Que racontent les média ces derniers jours ? Une actualité chasse l’autre. Le sujet Grèce sent le réchauffé, la presse le suce comme un vieux noyau. Le porc français invendable tient la route, ex æquo avec 20° d’augmentation des morts sur la route en un an. La canicule ne mérite pas que l’on s’étende. Les vignerons applaudissent le réchauffement climatique. A l’inverse, des événements majeurs ont à peine retenu l’attention. L’encyclique du pape dérange par son excessive lucidité L’anniversaire de l’explosion de la première bombe atomique sur Hiroshima est expédié en 24 heures. Il ne faudrait pas faire trop d’ombre sur la colossale entreprise du nucléaire français. Seule la chaîne Arte a rouvert sérieusement le dossier en nous faisant rencontrer le cynique von Neumann un des pères de l’objet. Et pourtant on n’aurait jamais dû cesser de considérer la monstruosité du geste : 80.000 êtres humains tués instantanément, 80.000 êtres humains tués instantanément, 80.000 êtres humains tués instantanément… Vous avez bien entendu : 80.000 êtres humains tués instantanément. Non personne n’a entendu. La propagande américaine a immédiatement inventé des justifications. C’est passé comme lettre à la poste. De beaux esprits ont immédiatement inventé le joujou de la « dissuasion ». La mise en place du joujou a mobilisé de formidables énergies et entraîné (suite…)