« En toute liberté » de Gilles Lapouge

19 octobre 2015,
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Gilles Lapouge dans son atelier d’écriture

par Alain Hervé

Je pense à Gilles Lapouge lorsque je viens diner seul dans le restaurant le Palais de la Griserie, rue Lagrange à Paris. Je m’assieds à côté de l’aquarium de poissons exotiques pour jouir de leur compagnie. Ils vont et viennent en silence, indifférents aux bruits du monde. En dégustant mes nems, je les vois comme  des ermites qui habitent leur propre être.

Ils pourraient être aussi bien des chapitres du dernier livre de Gilles Lapouge. Inattendus, bariolés, bigarrés, rêveurs, amazoniens, venus de loin, aléatoires, utopiques… En toute liberté se présente sous la forme d’un dictionnaire constitué d’articles qui sont autant de règlements de comptes . A l’amiable. Y apparaissent le Brésil, point de passage obligé pour l’auteur, Pivot, le voyage , les voyageurs et les étonnants, Bouvier, les palimpsestes, l’Ouest, les pirates, la neige , Giono, les vents, Digne, l’Algérie, Wagram pour sa bataille, les ânes et bien sûr les abeilles, Caillois, la guerre et cent autres.

Lapouge se lit dans un état de lévitation et d’un trait. Je l’ai lu en huit heures, y compris en mangeant. . On n’en revient pas de cette légèreté, de ce sans y toucher, qui frôle l’insouciance et exprime l’essentiel. On se régale.

Editions Le Passeur, 19 euros