« La Dame Blanche » au Théâtre du Palais Royal

5 novembre 2015,

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La nouvelle pièce de Sébastien Azzopardi et de Sacha Danino révèle une fois encore l’éclectisme surprenant et le talent fantastique des deux auteurs.

Fantastique en diable en l’occurrence, puisque « La Dame Blanche » est une sorte de fantasmagorie policière.

A la suite d’une douloureuse rupture sentimentale suivie d’un accident mortel, le meurtrier involontaire, qui est en même temps le gendarme chargé de l’enquête, est hanté par sa victime, sur un fond de vieille légende celtique.

C’est là que se situe toute l’originalité de l’intrigue: grâce à un ingénieux décor de Juliette Azzopardi, on passe sans cesse d’une maison terrifiante au fond des bois, à la banalité d’un commissariat de police, de l’étrange alignement de Carnac à un appartement bourgeois.

Egaré et séduit, le spectateur se laisse envoûter par les phénomènes paranormaux et les revenants qui côtoient policiers véreux et personnages sordides.

Rythme haletant, dialogues rapides, musique de Romain Trouillet angoissante à souhait, on n’a pas le temps de reprendre son souffle.

Le jeu des comédiens est remarquable. Héros ballotté par les événements, Arthur Jugnot brûle les planches. Emouvant, sincère, brutal et tendre à la fois, il est touchant de vérité et entraîne dans son sillage une distribution sans faille où l’on retrouve entre autres Anaïs Delva, Sébastien Pierre, Josiane Lévêque..tous excellents.

Comme toujours, la mise en scène de Sébastien Azzopardi, bourrée de trouvailles, est étourdissante: poursuite dans la salle, morts-vivants en liberté, jeu avec le public sans aucune vulgarité.

Dans le prodigieux écrin XVIIIème, du Théâtre du Palais Royal, « la Dame Blanche » est sans aucun doute l’un des spectacles les plus divertissants qu’on puisse voir en ce moment à Paris. Dernier instant d’émotion avec la chute du rideau de scène chargé des plus étonnantes passementeries.

 

Michèle Valmont

Paais Royal: 01 42 97 40 00