« Le petit chat est mort… » Théâtre 14

21 novembre 2015,

par Michèle Valmontaffiche  l'école des femmes 2

Il est réconfortant de constater que, en ces temps de violence urbaine, le public se déplace au Théâtre 14 pour s’intéresser à la mort du petit chat d’Agnès dans l’Ecole des femmes.

Réconfortant aussi d’entendre la musique des beaux alexandrins de Molière dont la langue reste toujours si savoureuse depuis 350 ans.

Réconfortant enfin d’assister à une belle représentation, à la mise en scène soignée d’Armand Eloi, dans une intelligente scénographie d’Emmanuelle Sage, qui souligne l’action sans jamais l’entraver.

L’Ecole des femmes est une comédie douce-amère dont la résonance intemporelle est clairement exprimée par le jeu des comédiens.

En voulant éloigner la jeune Agnès des réalités du monde, la privant de culture et de contacts pour préserver son innocence et l’épouser sans risquer d’être trompé, le vieil Arnolphe apparaît comme un tyran borné, insupportable de suffisance et de bêtise.

Pierre Santini qui l’incarne ici en fait un homme blessé, dont l’attitude extrême masque en fait son amour exclusif certes mais sincère pour sa jeune pupille. Son jeu intense révèle, sous sa terreur d’être cocufié, toute la faiblesse de l’homme vieillissant.

Agnès, l’exquise Anne-Clotilde Rampon, sans se départir de sa grâce juvénile, apporte par sa présence lumineuse une dimension convaincante à son personnage d’oie blanche délurée.

Jimmy Marais est parfait dans le rôle un peu ingrat de Horace et Le subtil Cyrille Artaux campe un Chrysalde tout en nuances.

Ces raffinements psychologiques n’empêchent pas la franche gaieté  suscitée par les quiproquos découlant des confidences déplacées d’Horace à son rival et par les apparitions des domestiques, parfaits Arlette Allain et Michel Melki.

L’Ecole des femmes demeure un des plus beaux ouvrages de Molière, grand triomphateur de la soirée.

Michèle Valmont

Théâtre 14: 01 45 45 49 77