Progressisme

15 février 2016,

écran platLe président du Conseil national du nouveau parti « Les Républicains » a déclaré le 14 février à la tribune de son parti, à Paris, sans se faire huer :

« Nous devons être le parti de la vie réelle…Les Républicains doivent être le parti du principe d’innovation plus que du principe de précaution, le parti du gaz de schiste, des OGM, des biotechs« .

S’il en était besoin, il a clairement rangé son parti sous la bannière du fantasme progressiste, le parti de ceux qui nient la réalité physique au profit de la réalité financière. Le gaz de schiste c’est la caricature du combustible fossile, combustibles dont la communauté scientifique s’époumone à démontrer la nocivité. Les OGM, c’est la fuite en avant vers plus de technicité agricole alors que le modèle industriel appliqué à l’agriculture est en échec flagrant comme nous le rappellent en ce moment même les agriculteurs qui se sont fait piéger dans ce système. Il est plus difficile de deviner ce que Luc Chatel entend par « biotechs » mais je suis à peu près certain qu’il ne voulait pas parler des enseignements des pédologues et des microbiologistes sur le sol, des botanistes sur les mycorhizes, des écologues sur la biodiversité, des physiologistes sur le danger des nanoparticules. Les biologistes et les climatologues ne savent pas tout mais ils sont certainement plus près de la réalité que les économistes libéraux (économiste libéral serait un pléonasme selon l’un d’entre eux entendu la semaine dernière à la radio).

Question qui fâche : Luc Chatel s’est-il engouffré dans la brèche ouverte par Emmanuelle Cosse (et, à un moindre degré parce qu’on s’y attendait) par Barbara Pompili et Jean-Vincent Placé ? Tout se passe comme si le président François Hollande après avoir démantelé et déboussolé le parti Socialiste, s’était attaqué au démantèlement d’EELV, parti écologiste qui avait déjà un peu perdu la boussole.

Soyons optimistes : l’écologisme politique en France a touché le fond, il ne peut maintenant que remonter, il suffit d’un petit coup de pied, d’un peu de retour des politiques à la vie réelle.

Ghislain Nicaise