Un candidat écolo à la présidentielle 2017, Yannick Jadot

8 novembre 2016,

yannickjadot

par Michel Sourrouille

La primaire organisée par EELV a débouché le 7 novembre sur la désignation de Yannick Jadot pour la présidentielle 2017 avec 54,25 % des voix contre Michèle Rivasi. La participation à ce deuxième tour (82% des 17 146 inscrits) est bien plus ample que pour le premier (72%). Un véritable écart s’est finalement creusé entre les deux candidats, tous deux issu de la mouvance associative. Yannick Jadot est né en 1967. Il a commencé à militer très tôt. En 1986, alors en licence d’économie, il s’insurge contre le projet de loi Devaquet et crée une nouvelle organisation étudiante pour éviter les positionnements partisans simplistes et le fonctionnement hiérarchique. C’est lui qui organisera la manif après la mort de Malik Oussekine. Encarté chez les Verts depuis les Européennes de 1999, il rejoint Greenpeace en 2002 pour en piloter les campagnes. Il se retrouvera (entre autres) accroché à l’ancre d’un navire que vient d’aborder l’équipage du Rainbow Warrior II. En 2008 il quitte Greenpeace pour tenter l’aventure d’Europe Ecologie avec Dany Cohn-Bendit. Il devient député européen.

Dans sa profession de foi, il se positionne pour une société vraiment écologiste : « Nous devons remettre l’écologie au cœur de notre discours et en faire l’axe de la recomposition politique qui s’amorce. Nous, écologistes, avons la responsabilité de montrer qu’il n’y a pas de fatalité. Les alternatives existent et les solutions sont déjà à l’œuvre. Elles s’articulent au niveau local et à l’échelle internationale, à l’instar de ces circuits de proximité dans l’agriculture et l’alimentation, formidables pieds de nez aux groupes agro-alimentaires et de la grande distribution. Le récit de l’écologie que je vous propose de porter pour l’élection présidentielle est profondément subversif et formidablement exaltant : mobiliser les énergies vitales de la société pour nous réconcilier avec la nature et avec l’avenir, pour nous réconcilier avec nous-mêmes. Mon parcours est celui de l’écologie concrète qui agit, qui construit, quitte à être espionné par EDF ou attaqué par Ali Bongo. Mon programme sera celui co-produit avec le mouvement écologiste. L’exigence de partage est un pilier du projet écologiste car nous n’avons qu’une seule planète et qu’une seule humanité où vivre. Remplacer la course effrénée à la mondialisation marchande par un souverainisme européen de responsabilité et de prospérité partagée : voilà un beau projet pour la France en 2017. Nous avons le devoir de réussir. Pour les générations actuelles, pour les générations futures et pour toutes les espèces menacées.»

Yannick Jadot est identifié par les militants comme un homme qui a mis les mains dans le cambouis. Déçu par le Grenelle de l’environnement, qu’il contribue à négocier mais qui n’est « pas appliqué… car l’offre politique face à la crise écologique est indigente ».  Huit ans plus tard, il déplore encore le « hiatus » entre une écologie de terrain foisonnante et une écologie politique qui a sombré « dans les tactiques politiciennes ».  Député européen, Yannick Jadot bosse aussi ses dossiers, en particulier le traité transatlantique et le climat. Un des plus assidus à Bruxelles, il n’hésite pas à critiquer les absentéistes chroniques comme Jean-Luc Mélenchon. Il n’a jamais digéré que Jean-Vincent Placé, Barbara Pompili et Emmanuelle Cosse quittent EELV pour devenir ministres, les accusant d’« instrumentaliser l’écologie politique à des fins d’ambition personnelle ».  Il estime que sa candidature en 2017 servira avant tout à « faire avancer les idées de l’écologie politique dans la société française ». Pour mieux le connaître, on peut lire un de ses livres, Entrons en dissidence (Plon 2014) ou Climat : la guerre de l’ombre (Le passager clandestin 2015).