De l’Inutilité et des cyclamens

14 février 2017,

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Sa renommée de sagesse s’étendant, on proposa au Vieux Peintre Excentrique quelque poste prestigieux, il répondit qu’il avait mieux à faire.

« Les gens comprennent l’utilité de l’Utile,
mais ils ne comprennent pas l’utilité de l’Inutile »

Il prit le chemin de la montagne, là se construisit une cabane (« ni porte ni fenêtres, il y’a beaucoup de vent ») près d’un bois de cryptomères.

La tête dans le ciel, les pieds dans la rosée, nu, il épousait les rythmes de la nature.  Des fèves sauvages, les pousses rouges des renouées, les champignons et les légumes de la montagne, un peu de riz formaient son ordinaire.

Son corps étant entré dans la vieillesse, il composa son livre:
« De l’Inutilité et des cyclamens »

et il écouta le vent.

Il ignora les joutes publiques dont raffolaient les esprits du moment, aveugles à la Catastrophe pourtant prévisible.