Sondages

19 avril 2017,

par Charles Ribaut

Mes parents, vantant le mérite du scrutin à deux tours, me disaient pour éveiller ma conscience politique : au premier tour on choisit, au second on élimine. Il est vrai qu’à côté le scrutin anglais à un seul tour fait figure de caricature. Nous devrions être satisfaits de mieux satisfaire à l’expression électorale que la perfide Albion. Comment se fait-il que l’électorat d’avril 2017 dans notre pays soit aussi inquiet, aussi peu prêt à choisir l’option politique préférée ? Les médias pointent du doigt les sondages, grands responsable du « vote utile », soulignant au passage que les candidat-e-s n’admettent croire aux sondages que quand ils leur sont favorables. C’est vrai mais ce n’est pas le fond du problème et de toutes façons, on ne peut empêcher les sondages. Même à l’approche du scrutin quand leur publication devient interdite, il est possible d’en dénicher sur des sites internet belges ou suisses.

Plusieurs commentaires font remarquer que la présence certaine du FN au deuxième tour (selon les sondages !) est responsable du billard à trois bandes qui s’agite dans la tête de l’électrice ou de l’électeur de base. Pour compliquer le tableau, le candidat de la droite traditionnelle, dite républicaine, a son image ternie par des révélations récentes.

Alors, comment les instituts de sondages corrigent-ils leurs intentions de vote ? Parce qu’ils corrigent les résultats bruts sortis des téléphones, j’en suis certain, je le tiens d’un neveu, professionnel du sondage politique. C’est jugé nécessaire car pour ne prendre qu’un exemple classique, des personnes sondées peuvent déclarer voter Vert (parce que c’est chic ?) et ne pas s’exécuter le moment venu. Inversement, il n’était pas toujours honorable de revendiquer un vote FN et c’est au sortir de l’isoloir que le choix se révélait. Pour faire les corrections nécessaires, les dits instituts ont généralement recours aux résultats des élections précédentes. En comparant les déclarations des personnes sondées à ces résultats, on a une idée de la correction possible. A condition que les élections précédentes soient comparables !

Mais cette fois, est-on bien certain que le vote Front National soit aussi peu revendiqué que les fois précédentes ? Le score annoncé de Marine Le Pen serait-il inutilement gonflé ? Le vote honteux ne serait-il pas pour la première fois du côté de « Les Républicains » ? Le score prévu de François Fillon serait-il donc sous-estimé ? Si l’on veut bien admettre que le vote Vert se rallie principalement à Benoit Hamon, ses prévisions ne sont-elles pas inutilement minorées ?

CR