Archive pour octobre 2017

Les mystères du glyphosate

30 octobre 2017,

par Charles Ribaut
Premier mystère
Quand le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert a été reçu mercredi dernier par France-Inter, un auditeur est intervenu à peu près en ces termes : je suis médecin en zone rurale, j’ai des patients agriculteurs, assez jeunes, atteints de Parkinson, pourquoi discuter sur les propriétés cancérogènes probables du glyphosate alors que sa neurotoxicité elle, est avérée et devrait suffire pour son interdiction ?
Cette intervention m’a intrigué et j’ai fait quelques excursions sur internet pour me clarifier les idées. D’abord il semble que la maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative effrayante, soit maintenant reconnue comme maladie professionnelle pour les agriculteurs.
(Alphonse Allais suggérait de construire les villes à la campagne parce que l’air y est beaucoup plus sain, cette époque est vraiment révolue. La tendance est maintenant d’installer les cultures dans la ville, c’est un endroit où les abeilles peuvent survivre. Fin de la digression).
Je savais que les insecticides (suite…)

Hommage aux palmiers, chronique d’une agonie (suite)

28 octobre 2017,

par Robert Castellana

ART CONTEMPORAIN & MONDIALISATION

En collaboration avec la Galerie Bugada & Gargnel, le Projet Phoenix poursuit ses publications relatives au palmier dans l’art contemporain comme emblème et victime de la mondialisation des paysages, avec une seconde édition de cette rétrospective et la présentation de nouveaux artistes.

Source de l’illustration : Adrien Missika second life (Galerie Bugada & Gargnel)

UNE ESTHETIQUE SOUSTRACTIVE. Les paysages exotisants prennent forme au 19° siècle, dans le cadre de la villégiature touristique azuréenne et de ses jardins d’agrément. Ils (suite…)

À la suédoise…

25 octobre 2017,

L’athlétique nordique roux qu’elle avait rencontré au  Loisirs-Center s’appelait Jorg. De sa voix douce, il lui avait raconté les voyages de Nils Olgerson. En agitant ses bras musclés, il lui avait montré comment volent les oies sauvages au dessus de la Suède et même imité leurs cris de ralliement…

En marchant au bord de la plage croate où mijotaient des naturistes allemands, tout en mâchant des smorbroïds à l’anguille fumée,  ils avaient évoqué Anders Zorn*, le peintre faunesque, qui fut un temps, portraitiste mondain, virtuose de l’aquarelle, de l’eau-forte et des reflets de la lumière sur les vagues, et qui, redevenu sauvage, célébra les corps, l’eau, la prodigalité de la nature dans l’innocence de la Création…

* Exposition au Petit Palais du 15 sept au 17 déc 2017

Et le climat bordel !

19 octobre 2017,

par Alain Hervé

Polichinelle au plafond à Venise par Giandomenico Tiepolo

Au vu et à l’écoute de la conférence de presse d’Emmanuel Macron, une seule question se pose. Notre président a-t-il une vision d’ensemble et un projet d’ensemble pour la France et les Français pour les cinq ans à venir ?

Nous n’en savons rien car, après cinq mois d’exercice de la fonction que nous lui avons confiée, il ne nous en a pas fait part.

Or nous pouvions attendre une déclaration régalienne d’un homme qui prétend à une posture  jupitérienne. A ma connaissance , seul Eric Naulleau sur Paris  Première s’est inquiété de ce manque de « transcendance ».

Certes les trois journalistes de service l’ont englué dans des petites questions d’actualité mais il ne les a pas bousculés. Et nous sommes restés dans les considérations habituelles sur l’Économie. Le bon élève nous a abreuvés de statistiques, de taux, de pourcentages…  au point de nous inviter à nous distraire avec le décor de ce salon élyséen. De nous interroger sur la qualité médiocre de la toile d’Alechinsky. Ces deux jambes lourdes d’un marcheur épuisé ont elles un sens caché ? Le grand Alechinsky nous a séduits avec des œuvres d’une autre qualité.

Bref quand Macron va-t-il nous dire ce qu’il compte faire devant la menace climatique, à propos de l’évasion fiscale massive, à propos de l’immigration africaine qui ne fait que commencer, à propos de la transition énergétique…?

J’espère qu’au cours du long tête à tête qu’ils ont eu avec Hulot ils ne se sont pas appesantis sur l’usage familier du mot bordel.

Aventures en permaculture – 28, PERMAÉCONOMIE

19 octobre 2017,

par Ghislain Nicaise

Depuis la mort tragique de Bernard Maris, je n’attendais plus rien de cette profession mais une rencontre avec un perma-économiste m’a fait reprendre espoir. C’est une aventure culturelle et non culturale que je raconte aujourd’hui mais elle n’en est pas moins permacole. J’avais retenu quelque part que des économistes avaient essayé d’évaluer la richesse procurée par la biodiversité mais c’est autre chose que d’en rencontrer un. J’entends des grincheux me rappeler que la biodiversité est inestimable mais la réponse est simple : il faut des chiffres qui en jettent, des montagnes d’euros, pour ébranler sinon convaincre les malcomprenants acharnés de la croissance, qui sont au pouvoir. Cet économiste sympathique et extrêmement utile est professeur, directeur de l’institut INSPIRE, basé à Marseille (1). Il se nomme Emmanuel Delannoy, il est l’auteur de livres clairs (accessibles aux profanes) et bien écrits. J’ai pu lire à la suite de sa conférence « L’économie expliquée aux humains » et « La permaéconomie », je peux vous recommander les deux. Dans l’économie expliquée (suite…)