Le « nouveau journalisme », parlons en

20 mai 2018,

Le chœur des élus
Cathédrale Ste Cécile d’Albi

par Alain Hervé

La disparition de Tom Wolfe, (ne pas confondre avec Tom Woolf: « La toile et le roc ») permet à quelques ressasseurs de célébrer l’inventeur du « nouveau journalisme ». Tom Wolf était un amuseur public de grand talent  et un histrion faute d’être un génie.

Le nouveau journalisme qui consisterait à mélanger l’information et la littérature pour donner à la première une qualité vécue est aussi vieux que la littérature. Dumas, Balzac, Zola, Hugo… l’ont pratiqué.

Pour ce qui est de nos contemporains je citerai la revue mensuelle Réalités, qui sous la direction d’Alfred Max a pratiqué dans les années 60 un style de reportage qui impliquait les auteurs des articles. Muriel Reed, la femme de Philippe Soupault en fut une vedette. Danielle Hunebelle, Jacques Marchant, Jean Clay… ont trempé leur plume dans le cette écriture. J’ai eu l’honneur d’être le poussin de la couvée en 1961 avec entre autres des « Vingt quatre heures aux urgences d’un hôpital », ou « 24 h dans un Commissariat de police » (qui m’a valu le privilège de travailler avec Henri Cartier Bresson).

Il s’agit d’une manie de notre époque d’inventer des « écoles » qui permettent de classifier, de distinguer, de regrouper en peinture, en musique, en littérature, des créateurs qui se trouvent enrégimentés pour le plus grand bonheur des fabricants de manuels scolaires ou universitaires. Les prof font la peau des créateurs en les rangeant dans des étagères.

Ce n’est pas un drame et ça permet de gloser dans le poste. Mais rendons à Tom ce qui lui appartient sans plus. Et si je proteste c’est que le journaliste de talent est un créateur qui invente sur la tas l’expression la plus juste pour faire vivre ce qu’il observe. Ne l’enrégimentons pas sous des étiquettes.

Je me souviens des reportages de Pierre et Marie Gosset dans France Soir dans les années 50 racontant l’état du monde au fil de leurs grands reportages. Leur fougue et leur écriture engagée ont probablement influencé ma vocation de journaliste. Mais qui se souvient d’eux ? Il s’effacent même sur Internet.