Archive pour novembre 2018

Femen, Trump, 11 novembre

12 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Ces jeunes femmes qui malgré le froid,  se précipitent torse nu dans le cortège Trumpien du 11 novembre sur les Champs Elysées brisent la célébration absurde du centenaire d’une  « victoire » résultant de millions de morts.

A la litanie pompeuse glacée des éloges militaires, elles ajoutent enfin une dimension sensible de corps vivants chauds. Quel que soit leur propos.

On les accuse de provocation « sexuelle ». Mais le bazar officiel sous l’Arc de Triomphe est une provocation capitale. Une célébration de la paix sans avouer le meurtre de millions de femmes et d’hommes pendant quatre ans.

La justice peut consacrer plusieurs années au procès d’un seul assassin, d’une femme battue qui tue son mari. Mais il n’y a pas de procès pour ceux  qui en ont tué des millions.

 

Ecotopia réédité

11 novembre 2018,

Signe des temps, une fiction des années 1970, influencée par l’écologisme « profond », est rééditée : Ecotopia d’Ernest Callenbach (ed. Rue de l’Échiquier, 19 € en version papier). Le Sauvage.

Trois États de la côte ouest des États-Unis – la Californie, l’Oregon et l’État de Washington – décident de faire sécession et de construire, dans un isolement total, une société écologique radicale baptisée Écotopia. Vingt ans après, l’heure est à la reprise des liaisons diplomatiques entre les deux pays. Pour la première fois, Écotopia ouvre ses frontières à un journaliste américain.
Au fil de ses articles envoyés au Times-Post, William Weston décrit tous les aspects de la société écotopienne : les femmes au pouvoir, l’autogestion, la décentralisation, les 20 heures de travail hebdomadaire, le recyclage systématique, le rapport à la nature, etc. Quant à son journal intime, il révèle le parcours initiatique qui est le sien : d’abord sceptique, voire cynique, William Weston vit une profonde transformation intérieure. Son histoire d’amour intense avec une Écotopienne va le placer devant un dilemme crucial : choisir entre deux mondes.

Récit utopique publié en 1975, traduit depuis dans le monde entier et vendu à plus d’un million d’exemplaires, Écotopia est un récit d’une actualité saisissante qui offre une voie concrète et désirable pour demain, et ce faisant agit comme un antidote au désastre en cours.

Les braves gens ne polluent pas ? (Lettre à Mathilde)

10 novembre 2018,

Chère Mathilde (1),

Je vous écris cette lettre ouverte parce que je crois que le mouvement de résistance du 17 novembre 2018 contre l’augmentation des carburants à la pompe est de fait une mise à l’épreuve des convictions écologiques défendues par le mouvement La France insoumise (LFI). Force est de constater un dérapage retentissant. Tout ce passe comme si les leaders de LFI, dont vous faites partie, n’étaient pas capables de résister aux sirènes d’un mouvement populiste de circonstance. On ne peut dissoudre le peuple certes mais il n’a pas toujours raison et votre (notre) responsabilité est parfois de lui dire ce que nous croyons être la vérité. Si vous faites déjà une entorse à la règle comment croire que vous appliquerez votre « règle verte » si vous parvenez au pouvoir ? (suite…)

Complice d’Hitler

7 novembre 2018,

par Christophe Chelten

L’armée rend hommage aux maréchaux qui auraient gagné la guerre de 14-18 …  Et sont tous morts plus tard dans leur lit.

Mais les bidasses morts sur place, par millions, déchiquetés dans la boue ne forment plus qu’un arrière plan.

Sinistre célébration à laquelle s’associe à distance le Président de la République pour légitimer Pétain « le vainqueur de Verdun ». Et complice de la folie d’Hitler? Ce qui devrait le discréditer définitivement aux yeux de l’Histoire.

C.C.

Onze novembre, jour de honte

3 novembre 2018,

par Alain Hervé

Dix huit millions de morts, civils et militaires. Onze novembre 1918, jour de honte pour célébrer la fin de l’abattage de viande humaine.

De pauvres diables contraints de jaillir des tranchées pour se faire massacrer par balles, par obus, par baïonnette…  Les réfractaires seront fusillés. Dix huit millions de morts pour célébrer le choc absurde de deux  civilisations qui prétendent être les plus évoluées de l’histoire humaine. Dix huit millions de morts célébrés par de dérisoires monuments dans chaque ville, chaque village de France, d’Allemagne, d’Angleterre… Comme si l’on pouvait remplacer de la vie par de la pierre. Comme si chaque paysan arraché à sa terre pour aller tuer son voisin paysan d’outre Rhin était « victorieux ».

Pas de monuments pour les dix millions de chevaux tués pendant ces quatre années d’obscurantisme.

Colossale conspiration d’hommes investis de pouvoirs politiques et financiers, militaires pour envoyer les pauvres, les sans grade, monter à l’assaut, devenir des héros, recevoir des médailles…

Qui ose parler de victoire? Qui ose s’intituler  victorieux? Que le sang d’un seul des dix huit millions lui retombe sur la tête.

Un siècle plus tard, comment célébrer ce délire autodestructeur sinon dans un abattoir. Sinon avec du sang humain. Non pas avec la réanimation d’une flamme hygiénique sous un arc dérisoire.

L’Histoire préfère écrire son habituelle histoire  de dates de début et de fin des batailles,  des traités, des alliances… Mais oublier de mentionner la piétaille qui s’est fait prendre sa chair et son sang pour donner une substance à ces dates.

Que vont pouvoir se dire Trump, Poutine et Macron le onze novembre 2018?.  Macron a l’intelligence de ne pas organiser de défilé militaire.

Vont ils saluer la mémoire des dix huit millions de morts? Ou bien évoquer les cinquante millions de morts de la seconde guerre mondiale? Le progrès.

A.H.