Onze novembre, jour de honte

3 novembre 2018,

par Alain Hervé

Dix huit millions de morts, civils et militaires. Onze novembre 1918, jour de honte pour célébrer la fin de l’abattage de viande humaine.

De pauvres diables contraints de jaillir des tranchées pour se faire massacrer par balles, par obus, par baïonnette…  Les réfractaires seront fusillés. Dix huit millions de morts pour célébrer le choc absurde de deux  civilisations qui prétendent être les plus évoluées de l’histoire humaine. Dix huit millions de morts célébrés par de dérisoires monuments dans chaque ville, chaque village de France, d’Allemagne, d’Angleterre… Comme si l’on pouvait remplacer de la vie par de la pierre. Comme si chaque paysan arraché à sa terre pour aller tuer son voisin paysan d’outre Rhin était « victorieux ».

Pas de monuments pour les dix millions de chevaux tués pendant ces quatre années d’obscurantisme.

Colossale conspiration d’hommes investis de pouvoirs politiques et financiers, militaires pour envoyer les pauvres, les sans grade, monter à l’assaut, devenir des héros, recevoir des médailles…

Qui ose parler de victoire? Qui ose s’intituler  victorieux? Que le sang d’un seul des dix huit millions lui retombe sur la tête.

Un siècle plus tard, comment célébrer ce délire autodestructeur sinon dans un abattoir. Sinon avec du sang humain. Non pas avec la réanimation d’une flamme hygiénique sous un arc dérisoire.

L’Histoire préfère écrire son habituelle histoire  de dates de début et de fin des batailles,  des traités, des alliances… Mais oublier de mentionner la piétaille qui s’est fait prendre sa chair et son sang pour donner une substance à ces dates.

Que vont pouvoir se dire Trump, Poutine et Macron le onze novembre 2018?.  Macron a l’intelligence de ne pas organiser de défilé militaire.

Vont ils saluer la mémoire des dix huit millions de morts? Ou bien évoquer les cinquante millions de morts de la seconde guerre mondiale? Le progrès.

A.H.