Archives d’un auteur

Macrontransition

18 avril 2018,

par Alain Hervé

BFM TV dimanche soir. Stupéfiant. Deux heures et demie de furieux bavardage sur l’économie, l’économie, l’économie et le social. Un Président de la République interpellé comme un copain de classe par deux loustics sans savoir vivre. Le « coupage » de parole est la règle. Triste journalisme. Triste spectacle. Imperturbable, le surdoué dévide son crédo technocratique.

Et la vie? Et la transition écologique? Et la naissance d’une nouvelle société de sobriété, d’ajustement avec les mécanismes de la nature? Hulot doit se ronger les ongles en entendant cet échange passéiste. Du moins on peut l’espérer.

Est-ce la France qui a promu l’accord de Paris? Qui veut convaincre Trump d’y impliquer  à nouveau les Etats-Unis? Le dérèglement climatique dont on observe les effets chaque jour sur les saisons, sur des peuples affamés et assoiffés, contraints à migrer, on prétend l’ignorer? Les insectes meurent, les oiseaux meurent, les pesticides ravagent la santé publique, ça ne mérite pas que l’on en dise deux mots?

Il est tentant de ne pas s’en préoccuper, de partir plutôt faire un tour en mer ou en forêt. La macrontransition est en marche.

Vedettes djihadistes

27 mars 2018,

par Christophe Chelten

Mais pourquoi répéter sans cesse le nom des auteurs des attentats?

Et le répéter encore jusqu’à leur créer une notoriété. Du jour au lendemain après leur acte, ils deviennent des  vedettes médiatiques. Leur nom apparaît aussi souvent que celui de Johnny (dont on commence à être saturé.) Ne pourrait-on leur attribuer un simple numéro d’identification? Et encore c’est trop.

A quelle nécessité ou projet correspond cette publicité répétitive? Y a t il une volonté de stigmatisation  généralisée des noms à consonance arabe? L’initiative en revient- elle aux pouvoirs publics, police et procureurs, dans leurs communiqués ? Ou bien à la presse qui s’en gargarise? Tandis que le nom des victimes est à peine mentionné. Sauf dans le cas d’une mort héroïque.

La presse qui pense, dont nous sommes bien pourvus en France, va t-elle étudier cette curieuse manifestation médiatique? Le Sauvage s’étonne d’être le seul à se poser la question.

Bizarre publicité faite à des actions en définitive très rares.

Pierres taillées et météores

26 février 2018,
         par Gabriel Peynichou
Si l’on considère l’histoire de l’espèce humaine on ne peut qu’être surpris par l’extraordinaire énergie que nous consacrons, depuis l’invention des premiers outils à créer et améliorer des armes destinées à nous faire mutuellement des blessures particulièrement épouvantables.
« tiens regarde si tu ficelles un cailloux coupant au sommet de ta massue tu briseras plus facilement le crâne de tes adversaires »
Ou
« En tendant un boyau entre les deux extrémités d’un morceau de bois courbe
On peut projeter un petit bâton et ainsi le blesser sans prendre le risque de s’exposer à ses coups de massue »
« Oui mais regarde si, à la pointe du petit bâton on ajoute un morceau de fer avec des pointes dans l’autre sens on fait encore plus mal »
etc…
et cela occupe de nos jours toute une ribambelle d’ingénieurs divers. On imagine facilement les conversations à la D.G.A, (direction générale de l’armement)

(suite…)

Hulot Président de la République

13 novembre 2017,

Le Monde 14 nombre 2017

par Alain Hervé

Il y a eu erreur dans la distribution des rôles.  Nous avons élu Président un économiste talentueux, qui semble n’avoir pas du tout saisi l’urgence à laquelle nous sommes confrontés. Il utilise celui qui aurait dû imposer sa vision pour justifier des reculades successives. Triste spectacle.

La France avait une chance d’être la première nation au monde à proposer une nouvelle vision du progrès. Consommer moins, produire moins, ralentir, décentraliser, inventer une agriculture propre… la litanie écologique cent fois répétée n’a pas été seulement abordée.

Il s’agissait d’inverser les logiques du développement. De les montrer au monde entier. D’engager un mouvement planétaire. Hulot avait la possibilité de mettre en chantier cette nouvelle civilisation. On l’a réduit à un rôle de perroquet de la voix de maître économiste.

« Il sera bientôt trop tard… » comme le titre le Monde de ce soir en publiant « le cri d’alarme de 15.000 scientifiques »

Malot et Hucron suite

16 juillet 2017,

par Alain Hervé

On reste interrogatif devant le spectacle qu’offre en ce moment la politique française. Manifestement le nouveau Président de la République conduit son orchestre d’une main sûre et déterminée. Il pratique l’art de la stratégie gouvernementale et diplomatique avec subtilité. Il sait d’abord exploiter les talents des personnes qu’elles soient de gauche ou de droite, qu’elles soient incontestables ou douteuses. Qu’importe. Tous ensemble en avant. Un pas devant l’autre c’est la règle d’En marche. Et pour le moment on avance.

Hulot semble avoir été instruit de cette technique. Ses décisions tombent régulièrement. Savamment dosées pour satisfaire des espoirs et ne pas réveiller des oppositions radicales. Qu’il s’agisse de l’enfouissement des déchets nucléaires à Bure, de l’aéroport de N.D. des Landes, des fermetures de réacteurs, de l’abandon progressif des moteurs à explosion, de la promotion des énergies renouvelables… On imagine le rôle qu’il peut avoir en coulisse dans l’opération de subversion climatique du président Trump. On avance.

Certes des désillusions vont se manifester. La petite meute, qui aboie dans la marge, veille aux impairs possibles, attend les occasions de déclarer des mobilisations populaires. Malgré eux ils jouent un rôle dans la partition.

Reste à savoir comment le calendrier peut être respecté. Un partenaire inflexible l’a fixé sans possibilité de négocier ou d’attendre. Il s’agit de l’inéluctable désordre climatique.

Macron et Hulot que nous avions le mois dernier rebaptisés Hucron et Malot, tant ils semblent fonctionner en accord, paraissent l’avoir bien compris et agir en conséquence. Miraculeuse occurrence dans l’histoire de France. Et du monde ?

Sont ils bien ce qu’ils paraissent être ?

Ont ils bien entrepris ce que l’on imagine ? Ont ils des chances de réussir ?

Je me pose ces questions, car nous n’en sommes encore qu’aux questions.

Leur réussite ou leur échec concerne la survie de notre espèce humaine.

Macron se pose en effet comme un Bonaparte mondialiste. Il a embauché un condottiere inspiré qui connaît sa planète sur le bout du doigt pour l’avoir empoignée depuis des années.

A eux deux il incombe de réussir.

Alain Hervé