Archives d’un auteur

Les abeilles

4 mars 2011, Alain Hervé

par Jean-Louis Hue

reprint Le Sauvage 1977


Ce n’est pas la société communautaire et socialiste que l’on croyait mais une société de profit et de rendement

Leur langage reste indéchiffrable

L’herbe était jaune, les rhododendrons, bleus, et les pâquerettes, vertes. Assis au milieu d’un champ, le professeur américain Thomas Eisner, de l’université de Cornell, regardait les couleurs de l’univers avec les yeux d’une abeille. Grâce à une caméra TV qui enregistrait, à la manière de l’insecte, les rayons ultraviolets. Chaque fleur lançait des reflets éclatants et la nature se transformait en un étonnant light-show. Thomas Eisner s’extasia : il découvrait soudain deux fois plus d’espèces florales qu’il n’en avait repérées auparavant.

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15 députés de gauche, 562 députés de droite

2 février 2011, Alain Hervé

Premièrement.

Miracle, le parti socialiste possède un pôle écologique.

Deuzio

Il nous invite à assister à une réunion sur le thème du pic pétrolier dans une salle au second sous-sol de l’Assemblée Nationale, rue de l’Université à Paris, le 25 janvier  dernier. Nous siégeons sous des effigies de Jaurès, Mendes-France, Mitterrand.

Il y a sept députés dans ce pôle, qui sont présents, dont Philippe Tourtelier député d’Ile-et-Vilaine et des invités dont Yves Cochet, Jean-Marc Jancovici, un ingénieur du pétrole Benoît Thévard et un géologue Bernard Durand.

Nous n’apprenons rien de nouveau sur l’imminence probable du désastre. C’est-à-dire un renchérissement et une pénurie de pétrole qui va entraîner des ruptures radicales dans le fonctionnement de notre société hyper-technologiquement dépendante.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est l’incrédulité des socialistes en général. Non pas des deux cent trente militants environ qui sont là, mais du plus grand nombre.

Les socialistes éminents : Royal, Aubry, Fabius, Valls, Strauss-Kahn, Hollande… n’ont aucune idée de ce qu’est l’écologie. Montebourg et Moscovici une vague teinture.

(Pas plus que leurs ancêtres : Rocard, Mitterrand, Jospin…).

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Another Year

24 janvier 2011, Alain Hervé

Au rythme des quatre saisons, au jardin, le nez dans le compost. Au fil des visages de jeunes, de vieux, de l’humanité. De l’humanité heureuse, béate, obèse, hypocrite, exaltée, désespérée, larguée, incinérée…

C’est un joli effort, réussi, pour surprendre les humeurs et les sentiments d’hommes et de femmes d’un suburb britannique. Mais qui révèle en même temps les limites de l’investigation.

On boit beaucoup de la bière et du vin sauf un couple Tom et Gerri équilibrés, altruistes, dévoués, roulant en Volvo, presque insupportables dans leur écologiquement correct. Mais il faut bien supporter même les gens bien.

Le cinéaste est sensible, habile, élégant. C’est un très bon film malgré tout.

A.H.

Un seul candidat: le meilleur

22 janvier 2011, Alain Hervé

(C’était il y a trente ans)

(reprint le Sauvage n°71, spécial Jardin, été 1980)

Les écologistes présenteront un candidat aux élections présidentielles du printemps 1981. Il peut réunir sur son nom de 5% à 15% des voix et même davantage, si les écologistes se mettent d’accord, si le candidat est le meilleur, si l’absence d’une soi-disant union de la gauche permet d’exprimer de vrais choix de société. Alors les écologistes pourront enfin peser sur la vie politique institutionnelle, ce qui ne les dispensera pas de continuer de mener sur le terrain leurs actions locales.

Les écologistes représentent la seule force de novation en politique mais ce sont les électeurs écologistes qui l’expriment, tandis que les militants restent souvent paralysés par de vieilles pratiques gauchistes : sectarisme, conflits de personnes, fatras idéologique, pratiques minoritaires.

Or ce mouvement a une vocation majoritaire et doit exercer sa part de pouvoir démocratique. C’est le seul moyen d’arrêter le programme nucléaire, de changer de priorités économiques pour réduire le chômage et arrêter le pillage de la biosphère et du tiers monde en particulier.

L’écologie doit se présenter cette fois pour prendre un morceau du pouvoir, le plus important possible. Seule position réaliste, si l’on ne se résigne pas à attendre le premier accident nucléaire pour changer la politique. L’écologie aux prochaines présidentielles doit dépasser une des quatre grandes formations, devenir un élément indispensable des négociations de gouvernement ou d’opposition. Elle doit oublier les fantasmes d’alliances électorales. Elle doit oublier l’espoir de voir le Parti socialiste dans l’une de ses variantes reprendre une partie des revendications écologiques autrement que sous la contrainte et dans un rapport de force. Elle doit présenter le meilleur candidat.

L’écologie doit désormais être adulte, indépendante de tout autre parti, efficace et elle doit gagner.

Alain Hervé (1980)

Instantanés

17 janvier 2011, Alain Hervé

C’est de la poésie. Et en 2010 ! Nous voilà inquiets. C’est un agréable volume à saisir, à parcourir.
Bien, c’est de la poésie. Ca ne fait pas de mal. Ca se lit. Ca se repose comme un vin débouché. C’est écrit par un ami Gabriel.
On y reviendra.
On y revient, c’est illustré de photos de Jean-Michel Fauquet. Des riens, des tout. Des fonds de songes éveillés. Non ce n’est pas illustré : d’un côté les poèmes, de l’autre les photos.
Ca se répond. Ca communique une fois le livre refermé. Ca devient une musique unique.
Ce bouquin prend du poids avec le temps.
On le rouvre lorsqu’on s’en sent capable.
C’est du nanan de vision trouble, extra-lucide.
Voilà une poésie intitulée Chemin .
Par hasard c’est la première.

Entre la mer et les clôtures
Il sépare le temps des villas
De celui des naufrages

Ce n’est rien, c’est beaucoup. Il faut dire que la poésie, ça mérite qu’on s’y arrête.
Qu’on y revienne. Ca fabrique du silence tout autour. Beaucoup de silence. Du silence de première nécessité.
Instantanés de Gabriel Peynichou et Jean-Michel Fauquet. 20€
Editions : pourquoi viens-tu si tard ? œuvre de Frank Berthoux. De la belle ouvrage.
Domenico Cioffarelli l’a rigoureusement traduit en Italien.
On pourra l’emporter outre-mont.

A.H.