Archive pour la catégorie ‘Compost’

Aventures en permaculture-29, Goumi, chalef, argousiers : les éléagnacées

24 juin 2018,

par Ghislain Nicaise

Les éléagnacées font partie des plantes favorites des permaculteurs en climat tempéré. Elles sont résistantes au froid, peu ou pas du tout sujettes aux maladies, peu exigeantes sur le sol, en partie parce qu’elles utilisent l’azote de l’air. Leurs racines sont associées en symbiose avec des microorganismes fixateurs d’azote atmosphérique, mais au lieu des Rhizobium connus chez les Fabacées, il s’agit de bactéries filamenteuses du groupe des Actinomycètes nommées Frankia (1). On peut donc planter ces buissons à proximité d’un fruitier par exemple, pour enrichir le sol en azote. On m’a parfois fait l’objection que la fixation d’azote n’était pas nécessairement altruiste. Je n’ai pas de certitude sur ce point mais si le buisson d’éléagnacée a vocation de garder pour lui l’azote atmosphérique qu’il a fixé jusqu’à la mort de ses racines, je peux toujours récupérer largement cet azote en me servant des tailles en vert pour faire du broyat, ou simplement mettre à décomposer les rameaux taillés au pied des arbres que je veux nourrir.

Le goumi (Elaeagnus multiflora, Fig. 1)
Le goumi, originaire d’Extrême orient, est un arbuste à usages multiples, peu exigeant sur la nature du sol ou le climat : il tolère -25°C l’hiver et résiste bien à la sécheresse l’été. Il est réputé résistant au pourridié (Armillaria mellea)(2). Au printemps les fleurs sont très abondantes comme l’indique le nom d’espèce multiflora, nectarifères et appréciées des abeilles, les fruits (en juin) sont comestibles. J’ai planté successivement deux cultivars sélectionnés pour leurs fruits, Sweet Scarlet en 2009 et Red Gem en 2010. (suite…)

Le REV des citadins

9 février 2018,

Par Ghislain Nicaise

Je vous invite à lire le manifeste du REV : un nouveau parti écologiste, au service du vivant. La version longue datée du 8 février 2018 est accessible sur ce site : http://rev-parti.fr/le-rev-un-nouveau-parti-ecologiste-au-service-du-vivant/.
Une version plus courte est parue dans le Monde du 9 février.

La formule « au service du vivant » m’a plu, un peu d’écologisme profond me paraissant salutaire face à l’inconscience de nos dirigeants. Le texte ne surprendra pas les partisans sincères d’une gouvernance écologiste, on pourrait en retrouver des passages sans peine dans l’abondante littérature qui a été produite depuis la campagne présidentielle de René Dumont en 1974, pour ne pas remonter plus avant. Il comporte cependant un passage auquel je ne peux adhérer.

Le principal défaut de ce manifeste est qu’il ignore l’écologie des écologues. (suite…)

Les mystères du glyphosate

30 octobre 2017,

par Charles Ribaut
Premier mystère
Quand le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert a été reçu mercredi dernier par France-Inter, un auditeur est intervenu à peu près en ces termes : je suis médecin en zone rurale, j’ai des patients agriculteurs, assez jeunes, atteints de Parkinson, pourquoi discuter sur les propriétés cancérogènes probables du glyphosate alors que sa neurotoxicité elle, est avérée et devrait suffire pour son interdiction ?
Cette intervention m’a intrigué et j’ai fait quelques excursions sur internet pour me clarifier les idées. D’abord il semble que la maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative effrayante, soit maintenant reconnue comme maladie professionnelle pour les agriculteurs.
(Alphonse Allais suggérait de construire les villes à la campagne parce que l’air y est beaucoup plus sain, cette époque est vraiment révolue. La tendance est maintenant d’installer les cultures dans la ville, c’est un endroit où les abeilles peuvent survivre. Fin de la digression).
Je savais que les insecticides (suite…)

Aventures en permaculture n° 27- ANNUS HORRIBILIS

6 septembre 2017,

par Ghislain Nicaise

L’année 2017 n’est pas finie au moment où j’écris ces lignes mais à fin août le bilan est déjà si exceptionnellement désastreux que j’ai senti le besoin de me lamenter. L’intérêt si je puis dire de ce désastre est qu’il préfigure peut-être le bouleversement climatique à venir.
Sangliers et pommiers
Les dégâts sérieux ont commencé il y a un an avec le deuxième massacre de mes pommiers par les sangliers. Une première attaque avait pris place en 2013 : les animaux friands de pommes avaient cassé les branches de plusieurs arbres en s’appuyant dessus ou en les tirant. En particulier le Melrose (1), un de mes favoris pour ses gros fruits savoureux, peu sensible (suite…)

Deux imperfections

18 juin 2017,

 par Christophe Chelten

En ces temps de détumescence électorale on prend le temps de s’agacer de quelques imperfections dans le fonctionnement de notre société avancée.

Retenons en deux.
Le premier est l’affectation de ces orateurs de la radio, de la télé et du reste, qui lorsqu’ils s’adressent à nous nient l’existence de l’accent circonflexe ou bien prononcent le « au » comme un « o ». Ainsi le porte–parole du gouvernement Christophe Castaner ne cesse de nous mentionner la goche. Cette gauche doit souvent son rétrécissement en goche à une (suite…)