Archive pour la catégorie ‘Esprit d’escalier’

NDDL et la démocratie

18 janvier 2018,

Sondage Elabe pour BFM TV

Par Ghislain Nicaise

Parmi les réactions hostiles à la décision gouvernementale sur le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes (NDDL) on relève souvent l’expression de déni de démocratie. Ce déni serait celui de l’opinion des élus locaux d’une part (rappelons que le président de l’Assemblée nationale, hostile au projet, en fait partie) et surtout de la consultation (parfois qualifiée de référendum) organisée le 26 juin 2016 pour les 975 000 électeurs du département de Loire-Atlantique.
La moitié de l’électorat s’était déplacé et 55 % de cette moitié avait voté oui en faveur du projet. A Notre-Dame des Landes la participation avait été massive et le non avait recueilli les trois quarts des votes. A Nantes, la principale ville concernée, dont la maire déplore aujourd’hui la pollution sonore de l’aéroport en service, le vote avait été presque 50/50 (à 100 voix près).
Nous avions dénoncé en son temps (voir Zadistes et Voltaire) cette consultation dont le périmètre avait été soigneusement choisi après enquête des services de renseignement. Les bureaux de vote environnant le projet étaient hostiles à NDDL. Il fallait noyer ces votes hostiles avec des votes favorables. En étendant la consultation au département de Loire Atlantique tout en la restreignant à ce seul département le gouvernement Valls comptait que la réponse serait positive. Ce périmètre ne comprenait pas, loin de là, toute la population directement concernée comme d’ailleurs le clament actuellement les partisans frustrés du projet, qui s’apitoient sur le sort de l’Ouest délaissé par le gouvernement parisien. Sauf erreur, aucun sondage n’a été porté à la connaissance du public sur l’opinion de cette région Ouest concernée.
Je n’ai pas non plus retrouvé de sondage national sur le sujet, il y en a probablement eu à l’époque mais un sondage Elabe pour BFM TV, fait hier après la décision d’arrêt du projet par le gouvernement, donne 74 % en faveur de cette décision. On peut difficilement reprocher à un gouvernement d’agir en conformité avec l’opinion publique, même si parfois bien entendu l’opinion peut se tromper.

Les « écolos » pour NDDL

11 janvier 2018,

Ouest-France.d.r.

Par Ghislain Nicaise

Ce matin attablé devant mon fidèle ordinateur, je tombe sur une information surprenante parue dans Ouest-France sous le titre
Notre-Dame-des-Landes : des écolos pour le transfert
Titre choc !

Bon, ils ne sont que trois mais leurs visages de vieux soixante-huitards hirsutes atteste indiscutablement de leur qualité d’écolo, au moins pour le lectorat non endurci. Je peux témoigner par ma propre réaction que cette qualité d’écolos donne beaucoup plus de force à leur démarche. Après tout, pourquoi pas, il y a bien des écolos pro-nucléaires (voir ici ) mais au moins eux ont l’excuse d’être trop conscients de l’urgence climatique. Il est vraisemblable que ce sont les trois seniors eux-mêmes qui se sont attribué la qualité d’écolo, le journaliste n’y est probablement pour rien. Quand on sait que même le président de l’Assemblée nationale, élu de la région nantaise et considéré comme un déserteur de l’écologisme par nombre de ses anciens camarades d’EELV est contre le projet de Notre-Dame-des-Landes !
Ma première réaction a été de lire les noms de ces trois promoteurs d’aéroport, ils ne me disent rien mais, même si nous sommes peu nombreux, je ne connais pas tous les vieux écolos, surtout dans le lointain ouest. Ensuite j’essaye de savoir quels faits d’armes, quels écrits, quels sit-ins, quels fauchages d’OGMs leur ont valu leurs galons. L’un d’entre eux était pilote de ligne, un deuxième cadre à Aéroports de Paris et il semble qu’ils aient été pendant un temps membres des Verts et/ou d’EELV, le troisième n’a pas cotisé au parti mais a été « ingénieur conseil en écologie urbaine, environnement et aménagement ».
Au delà du coup médiatique, que ces trois partisans du progrès aéronautique aient ou non triché avec leur CV, ils nous rappellent que même parmi les écolos, il y en a qui croient que le futur sera une prolongation du passé et qu’une croissance infinie est possible dans un monde fini. Il y a encore un effort pédagogique devant nous.
G.N.

Diacritique circonflexe en péril

15 décembre 2017,

par Christophe Chelten.  Un certain nombre d’intervenants à la télévision ont décidé de ne plus tenir compte du diacritique accent circonflexe dans leur prononciation du Français. Les plus pratiquants de cette amputation sont les commentateurs des bulletins météo qui fréquentent les « cot » de la France. Ainsi les dépressions passent sur les « cot du Ron » pour les côtes du Rhône. Cette pratique semble être l’apanage des méridionaux d’origine. On a connu un porte parole du gouvernement originaire de Forcalquier qui ampute la langue française de cet écrasement fugitif d’une lettre, d’une syllabe, d’un mot. Il en résulte un agacement pour les nordistes et j’imagine pour la professeure Macron.

Les livres oubliés

4 septembre 2017,

J’ai pu laisser l’impression que le livre d’Ivo Rens, que j’ai recensé récemment sur le site du Sauvage, présentait un éventail assez complet des auteurs principaux de la pensée écologique et écologiste. Un ami m’a fait remarquer que le choix des auteurs par Ivo Rens, si varié qu’il soit, a laissé de côté des contributions majeures à cette réflexion. Il est vrai que si j’avais dû faire la sélection, j’aurais certainement omis certains livres intéressants cités par Ivo Rens, que je ne connaissais pas, mais je n’aurais oublié ni Ivan Illich, ni André Gorz, ni Teddy Goldsmith. J’aurais même rajouté un auteur que d’aucun-e-s pourraient considérer comme mineur, Pierre Fournier, qui a été déterminant dans ma prise de conscience de l’écologie au tournant des années 1970.

G.N.

Quand va –t-on en finir avec les « Temps modernes » ?

2 septembre 2017,

Les quatre cavaliers de l’apocalypse, Dürer

par Alain Hervé

Sans retenir la prétention puérile du titre de la revue de Jean-Paul Sartre, on reste interrogatif devant ce nom de baptême dont s’est affublée notre époque. Comme si en son temps le Moyen-âge n’avait pas été moderne lui aussi. Mais il s’agit à l’évidence d’une auto célébration d’un moment très privilégié de l’histoire humaine. Nous aurions enfin accédé à un état sommital   de notre évolution. Cocorico !

Auto glorification de nos conquêtes technologiques en particulier. Certains n’en sont pas encore revenus d’avoir réussi à aller sur la Lune et d’utiliser un téléphone portable. (suite…)