Archive pour la catégorie ‘Esprit d’escalier’

Macrontransition

18 avril 2018,

par Alain Hervé

BFM TV dimanche soir. Stupéfiant. Deux heures et demie de furieux bavardage sur l’économie, l’économie, l’économie et le social. Un Président de la République interpellé comme un copain de classe par deux loustics sans savoir vivre. Le « coupage » de parole est la règle. Triste journalisme. Triste spectacle. Imperturbable, le surdoué dévide son crédo technocratique.

Et la vie? Et la transition écologique? Et la naissance d’une nouvelle société de sobriété, d’ajustement avec les mécanismes de la nature? Hulot doit se ronger les ongles en entendant cet échange passéiste. Du moins on peut l’espérer.

Est-ce la France qui a promu l’accord de Paris? Qui veut convaincre Trump d’y impliquer  à nouveau les Etats-Unis? Le dérèglement climatique dont on observe les effets chaque jour sur les saisons, sur des peuples affamés et assoiffés, contraints à migrer, on prétend l’ignorer? Les insectes meurent, les oiseaux meurent, les pesticides ravagent la santé publique, ça ne mérite pas que l’on en dise deux mots?

Il est tentant de ne pas s’en préoccuper, de partir plutôt faire un tour en mer ou en forêt. La macrontransition est en marche.

J’adôôôôôre !

11 avril 2018,

par André-Michel Besse

Le mot est très compliqué mais j’adore !! : Apophtegmes
> Un apophtegme est un précepte, une sentence, une parole mémorable
> ayant valeur de maxime … ex…En bref, ce sont des pensées profondes !

> L’homme descend du songe (Georges Moustaki)

>  Elle était belle comme la femme d’un autre (Paul Morand)

> L’enfant est un fruit qu’on fit (Léo Campion) (suite…)

Vedettes djihadistes

27 mars 2018,

par Christophe Chelten

Mais pourquoi répéter sans cesse le nom des auteurs des attentats?

Et le répéter encore jusqu’à leur créer une notoriété. Du jour au lendemain après leur acte, ils deviennent des  vedettes médiatiques. Leur nom apparaît aussi souvent que celui de Johnny (dont on commence à être saturé.) Ne pourrait-on leur attribuer un simple numéro d’identification? Et encore c’est trop.

A quelle nécessité ou projet correspond cette publicité répétitive? Y a t il une volonté de stigmatisation  généralisée des noms à consonance arabe? L’initiative en revient- elle aux pouvoirs publics, police et procureurs, dans leurs communiqués ? Ou bien à la presse qui s’en gargarise? Tandis que le nom des victimes est à peine mentionné. Sauf dans le cas d’une mort héroïque.

La presse qui pense, dont nous sommes bien pourvus en France, va t-elle étudier cette curieuse manifestation médiatique? Le Sauvage s’étonne d’être le seul à se poser la question.

Bizarre publicité faite à des actions en définitive très rares.

Nabokov: voir sous: réel

24 mars 2018,

par Alain Hervé

« ... Camus est horrible et Sartre est pire, Dostoïevski est un journaliste verbeux, un comédien de boulevard. Ezra Pound  est un crétin, Pasternak un pauvre romancier  comme Thomas Mann ou Faulkner. Gorki, Romain Rolland et Tagore sont des médiocrités formidables. Balzac et Stendhal sont plats et Joseph Conrad scintille comme une boutique de souvenirs exotiques… » « Freud est un charlatan viennois avec un parapluie râpé »

Gilles Lapouge* s’amuse à répertorier les appréciations de Vladimir Nabokov sur les littérateurs ses semblables. Un carnage. L’auteur du génial Ada ou l’ardeur vole au dessus des conventions communes. Il vit à sa propre hauteur, qu’il estime vertigineuse. Heureux homme imbu de sa personne et de sa capacité à exprimer des analyses uniques des sentiments humains.

Ce qui ne l’empêche pas de se planter douloureusement. A nouveau appâté par son titre mirobolant, je relis en ce moment Regarde, Regarde les Arlequins! Un très ambitieux ratage, qui consiste,  selon moi, à diagnostiquer les symptômes précurseurs d’un Alzheimer chez un personnage semi autobiographique. Raté pour le récit mais constamment génial par les perspectives inattendues qu’il explore chez ses personnages. Entre autres l’écrivain au centre du récit qui s’épuise dans la composition d’un ouvrage intitulé Voir sous: réel. 

Et si cette tentative désespérée d’atteindre une autre réalité n’était pas le but caché de toute l’oeuvre de Nabokov.

Aristocrate déchu par la révolution russe, l’émigré Nabokov s’est vu retirer le sol de son enfance de sous ses pieds. Il ne s’en est jamais remis. L’himalaya  de ses écrits de toute une vie, en russe puis en anglais, ne sont-ils pas une tentative désespérée de le reconstituer? Allez voir.

*Gilles Lapouge: Maupassant, le sergent Bourgogne et Marguerite Duras

A la recherche d’Edward Lear à San Remo

20 mars 2018,

par Alain Hervé

Nous avons il y a quelques années découvert ce personnage insolite qui avait fini sa vie à San Remo sur la Riviera dei fiori. On peut choisir pire endroit pour mourir en 1888. Lear était amoureux des chats, inventeur de limericks, bricoleur de non-sens, ornithologue, portraitiste d’oiseaux, aquarelliste de paysages… Le Museo Civico de San Remo lui avait consacré un hommage très réussi. Depuis le Musée a déménagé et ne possède plus qu’un seul tableau de Lear, une bonne huile représentant le village d’Eze. Son artiste vedette est désormais Antonio Rubino célèbre illustrateur du Corriere dei Piccoli.

Certes nous n’avons pas retrouvé cette improbable rencontre d’un hurluberlu britannique et d’une ville de villégiature très latine mais le petit musée dans ses nouveaux locaux  historiques, a développé un charme certain. En particulier avec ses collections archéologiques de tessons et d’ossements très bien présentés.

Une halte paisible de vacances dans une ville dédiée en particulier au shopping de luxe autour de son célèbre casino municipal.