Archive pour la catégorie ‘Esprit d’escalier’

Dis moi qui tu fréquentes…

26 juillet 2018,

par Christophe Chelten

A ce point du développement de la pantalonnade à laquelle la France est invitée  à assister, il nous manque des informations sur la personnalité des protagonistes. En l’occurrence messieurs Benalla et Macron.

Beaucoup de questions restent sans réponse.

D’où sort monsieur Benalla: origines sociales, culturelles, histoire familiale?

Comment et pourquoi Emmanuel Macron choisit ses hommes de confiance, responsables de sa sécurité?

Il faut noter que le président privilégie des relations originales avec sa propre famille. Son épouse pourrait être sa mère.

Monsieur Benalla est un franc tireur audacieux qui souhaite manifestement monter vite et haut.

Tous les deux très intelligents et rapides.

Ces deux tempéraments de coureurs de fond atypiques se sont appréciés et se sont compris malgré leurs disparités sociales et culturelles. En marge des pyramides de l’ordre républicain.

Jusqu’où le Président peut il s’affranchir du système dont il incarne le sommet? Nous découvrons un nouveau Macron.

Dans cette affaire, on quitte  le droit constitutionnel pour entrer dans le roman.

Nous attendons avec intérêt les prochains chapitres. Dis moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es.

 

 

La roche tarpeienne

21 juillet 2018,

par Christophe Chelten

(D.R)

Je me souviens lorsque j’ai habité Rome, d’avoir un matin voulu reconnaître la courte distance qui sépare le Capitole de la roche tarpeienne. Effectivement quelques pas de la statue de Constantin à ce surplomb  rocheux, dans l’air encore frais à cette heure. La distance est courte entre le pouvoir et la disgrâce.  Ce qui pour un adepte de la marche est un parcours qui laisse peu de temps pour penser. La locution latine est tout aussi brève: arx tarpeia Capitoli proxima. Autrement dit, il fallait y penser avant.

La pratique du pouvoir nécessite de s’en souvenir. Et d’autant plus grand le pouvoir d’autant plus court le trajet. Notre marcheur présidentiel doit y penser en ce moment et mesurer son imprudence. Nous allons apprécier son habileté à se tirer de ce faux pas. Mais le canard va nécessairement y laisser des plumes. C’est un autre régal de voir les chiens affamés aboyer à ses trousses. La France se donne en spectacle.

Deux styles

13 juillet 2018,

Par Charles Ribaut
Ce qui nous est ressorti de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican est une assez longue déclaration de notre président et une courte apostrophe de Jorge Bergoglio plus connu sous le nom de pape François.
Emmanuel Macron commence par exprimer sa préoccupation que le mondial du foot ne lui dispute la vedette dans les media, puis son embarras à concilier laïcité, concept rendu sensible par l’histoire récente, et les liens anciens de la France avec l’église catholique.
Et c’est pourquoi, je crois très profondément que ce lien particulier qu’a la France avec l’Eglise catholique est compatible, y compris la cérémonie que nous venons de vivre, avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Cela va certainement mieux en le disant mais j’ai abrégé car il lui a fallu 1076 mots pour en tirer toute la substance.
Bon, il n’y a pas de honte à marcher dans les pas d’Henri IV (suite…)

C’est mieux que rien?

6 juillet 2018,

par Alain Hervé

Au fil des jours on observe la succession des évènements et l’on tente de les confronter à nos convictions les plus profondes.

Nicolas Hulot ne démissionne pas. Il travaille selon la règle du « c’est mieux que rien ». La question qui suit : est-ce suffisant?

Son patron Emmanuel Macron s’affirme de plus en plus comme un obsédé d’une société humaine économique. Sa visée métaphysique ultime est une parousie de l’accès à une abondance matérielle absolue. Dont les bienfaits devraient retomber sur tous. Les dégâts collatéraux  inévitables d’une telle course ne l’intéressent pas. Qu’ils soient sociaux ou climatiques.

Hulot sert il de paratonnerre « écologique » à cette politique démente?

Il est bien évident pour nous que les rôles sont mal distribués. Hulot devrait être le Président de la République, dont il a les capacités, et Macron son grouillot économiste chargé de gérer le retournement d’une politique pluricentenaire qui s’emballe.

Entreprendre ce retournement radical dans une seule nation semble devoir être impossible. Il ne pourrait qu’être mondial. Ce qui le rend très peu probable. Ce ne sont pas les COP successives qui peuvent y parvenir.

Alors?

On comprend l’attitude du « mieux que rien » de Hulot. On pourrait y ajouter un « sait on jamais ».

La société humaine dépend d’un déterminisme universel qui gère l’aventure de la matière vivante. L’homme n’étant pas le « deus ex machina » qu’il croit être, il subit ce déterminisme. Cela risque de lui coûter sa simple disparition.

Hulot doit y penser, comme tous ceux qui y pensent mais veulent rester « positifs ».

A.H.

Mai 68 au Quai Claude Bernard

18 mai 2018,

La statue de Claude Bernard au 16-18 du quai qui porte son nom. d.r.

Par Ghislain Nicaise

En 1968, la Faculté des Sciences de Lyon était logée dans des bâtiments du XIXe siècle qui s’ouvraient sur les quais du Rhône. Le même bloc d’immeubles aux toits d’ardoise abritait la Faculté des Lettres, l’endroit chaud occupé en permanence par des étudiants et de jeunes chômeurs qui s’étaient baptisés « les trimards » (l’équivalent de ceux que l’on nommait à Paris les katangais). L’amphi de lettres qui permettait la tenue des assemblées générales quotidiennes avait été rebaptisé « Amphi Cohn-Bendit », il était desservi par les « chiottes Waldeck-Rochet ».
J’avais 26 ans et j’étais assistant au Laboratoire de Zoologie Générale, 16 quai Claude Bernard. Plutôt que de rester chez nous, nous occupions les locaux, comme un reflet atténué des ouvriers occupant leurs usines. Il y avait parmi les occupants un certain nombre de professeurs, ceux qui redoutaient le pillage des locaux et aussi qui avaient assez d’indépendance d’esprit pour dormir tout habillés sur un lit de camp. Nous nous disions que si des manifestants s’emparaient des bouteilles de réactifs dangereux, un simple litre d’acide sulfurique pouvait devenir une arme létale. (suite…)