Archive pour la catégorie ‘Nous avons vu’

Le temps de l’Aventure

6 mai 2013,

par Saura Loir de358b6852

Cinquième long métrage de Jérôme Bonnell, jeune cinéaste français plusieurs fois finaliste du Prix Junior du meilleur scénariste. Il met en scène la rencontre improbable entre un britannique d’âge mûr, professeur de littérature (Gabriel Byrne) et une jeune française actrice de théâtre (Emmanuelle Devos).

S’agissant d’un homme et d’une femme, le mot « aventure » évoque un de ces moments dans la vie où les personnes concernées, lassées peut-être d’une vie trop bien réglée et raisonnable, jettent la prudence par dessus les moulins et s’engagent dans une expérience à la fois déraisonnable et censée ne pas durer, attirés par l’attrait de sensations nouvelles. Ici c’est le mot que l’auteur a choisi, mais est-ce vraiment d’aventure qu’il s’agit ? La question se pose tout au long du film car ce qui surgit entre ces deux êtres-là ne semble pas relever d’une recherche de frisson passager mais bien de quelque chose qui les dépasse, quelque chose d’insondable, empreint de gravité. (Lire la suite…)

Arendt / Heidegger

30 avril 2013,

par Michèle Valmont'Amour.img_assist_custom

Un rapport sur la banalité de l’amour

Ils se sont rencontrés en 1925. Lui est un brillant philosophe, marié et père de famille ; elle, son élève admirative. Lui c’est Martin Heidegger, elle Hannah Arendt. Entre eux naît une passion qui les hantera leur vie durant, bien que tout semble les séparer.

La pièce de Mario  Diament, fiction basée sur des faits réels nourris de la correspondance des deux personnages, relate à travers leurs rencontres l’évolution de leurs relations, scandées par la montée du nazisme. Hannah , juive, s’exile pour fuir les persécutions. Martin, lui, séduit par la nouvelle idéologie, bien qu’il s’en défende, flirte ouvertement avec le pouvoir hitlérien, pour préserver son statut social et familial. Au fond de la scène, sur un écran, une discussion entre (Lire la suite…)

Ron Mueck: vous n’en croirez pas vos yeux

27 avril 2013,

par Alain HervéIMG_0902

 

Allez cultiver vos capacités oniriques et autres, que vous ne soupçonnez pas, à la Fondation Cartier, boulevard Raspail à Paris.

Sautez dans le vide de Ron Mueck. Un Australien bien malin.

Un Léonard de Vinci du banal, du moins que rien, du soit vu en passant, vous y attend. Pour une fois qu’une expression de l’art contemporain ne cultive pas l’imposture, allez voir. Allez.

C’est ça, et rien d’autre. C’est du tout cru de décoffrage, de la viande sous la peau, du bout d’humain à saisir. On croit les voir respirer. On les fixe attentivement pour être certain qu’ils (Lire la suite…)

Georges Gasté, Un Orient d’ombre et de lumière

24 avril 2013,

par Alain HervéIMG_0892

Le petit et charmant musée du Montparnasse, enfoui sous la verdure, au fond de son impasse du 21 de l’avenue du Maine, révèle au grand public Georges Gasté.

Vous n’en avez jamais entendu parler ? Un contemporain de Cézanne, de Picasso et de quelques autres mais un Sauvage. Il traverse sans cesse sa planète. On en fait un orientaliste parce qu’il faut toujours vous ranger dans un tiroir. Et un de ses seuls  et grands amis est Etienne Dinet l’orientaliste reconnu, qui l’accueille à Bou Saada en 1893. Gasté, dont on connaît mal la vie affective, éprouve pour cette humanité couleur de terre, qui vit dans des maisons de terre, une véritable passion. Est il sur les traces de Gide et partage  t-il son intérêt pour les enfants ?IMG_0884IMG_0888 (Lire la suite…)

Perfect mothers … Il n’y plus de morale?

17 avril 2013,

par  Saura LoirPerfect-Mothers_portrait_w193h257

L’amour, l’amour, toujours l’amour. Combien de pages n’a-t-on pas noircies sur ce thème éternel, combien d’opéras, de chansons, de poèmes n’a-t-on pas écrits, combien de larmes et même de sang  n’a-t-on pas versés en son nom ? La relation amoureuse, sujet inépuisable qui a été décliné sous mille et une formes, jusqu’aux plus improbables comme King Kong et sa belle prisonnière. Pourtant, la réalisatrice Anne Fontaine, s’inspirant d’un roman de Doris Lessing, « Deux grand-mères », a réussi à innover en faisant tomber dans les rets de Cupidon deux mères et leurs deux fils respectifs. Libertinage ? Dépravation ? Milieu pauvre et sordide à la Zola ? Rien de tout cela, bien au contraire. Dès les premières images, le ton est donné. (Lire la suite…)