Archive pour la catégorie ‘Nous avons lu’

Le sérieux a changé de camp

20 octobre 2018,

Nicolas Maurel Art

Deux universitaires

font le point sur la crise environnementale et nous expliquent qu’il faut prendre acte de la totale inadéquation des politiques menées par les responsables étatiques, de l’égarement de la recherche académique et laisser agir celles et ceux qui changent réellement le monde, à Notre Dame des Landes et ailleurs.

Les diagnostics scientifiques de la crise environnementale (changement climatique, érosion de la biodiversité, pollutions et problèmes de santé publique, accélération de ces processus) témoignent de la non-soutenabilité du modèle de développement des pays industrialisés ; ce constat a maintenant dépassé la sphère académique : les rapports du GIEC (Groupe international d’experts sur le climat) et de l’IPBES (Panel international d’experts sur la biodiversité et les services écosystémiques) ainsi que les tribunes de scientifiques sont commentés dans les médias nationaux.

Les climatosceptiques ont été délégitimés, et il y a consensus sur l’inéluctabilité des dégradations de notre environnement et sur leur origine anthropique. Le concept d’« anthropocène » – l’être humain comme force de transformation de la planète – s’installe après avoir été énoncé en 1949 par Fairfield Osborn. Comme le souligne l’astrophysicien Aurélien Barrau dans l’une de ses conférences, « le sérieux a changé de camp » : autrefois considérés comme des rêveurs, les écologistes ont vu leurs arguments légitimés par la recherche scientifique.

Leurs causes paraissent maintenant relever de l’intérêt général et ce sont les technocrates des ministères qui semblent irrationnels, incompétents, voire cyniques et corrompus par les lobbies. La cause environnementale a subi assez d’épreuves pour que sa trajectoire s’installe durablement dans l’espace public et qu’elle soit maintenant entendue, dans les deux sens du terme : écoutée, mais aussi validée.

Ces constats sont aussi les nôtres. Le sérieux a en effet changé de camp. Nous devons en tirer les conséquences.

lire la suite (et le début de l’article) ici.

Belges, Belges

16 octobre 2018,

Par Ghislain Nicaise
Le trentième anniversaire de la mort de Pierre Desproges nous a remis en mémoire son apostrophe inspirée du « Françaises, Français » de Charles de Gaulle. L’effet comique assuré vient d’un handicap de la langue française (et semble-t-il des autres langues latines) qui accorde les adjectifs et n’a pas de genre neutre. Je me suis personnellement servi de ce biais à plusieurs reprises pour relancer la conversation lorsque je séjournais aux USA : rien de tel pour animer la soirée que d’expliquer aux Étatsunien·es que pour les Français·es chacun des Etats américains a un sexe. La féminité de la Virginie, de la Caroline du Nord ou du Sud leur semble assez justifiée. Le « a » terminal de Virginia et Carolina serait-il en cause ? Non car le Montana est bien évidemment mâle, etc…
Dans son édition du 16 octobre, notre excellente consœur The Conversation publie un très stimulant article intitulé Françaises, Français, le langage inclusif n’est pas une nouveauté !, dû au clavier alerte d’Eliane Viennot, de l’Université de St Étienne. (suite…)

Délation

18 septembre 2018,

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L’association Agir pour l’environnement publie la liste des 42 députés qui ont voté contre l’interdiction du glyphosate. Seront-ils jugés un jour en tant que complices d’écocide ?  Ci-dessous leur communiqué. Le Sauvage

Glyphosate : Nous sommes en colère !
Chère amie, cher ami,
Inutile de tourner autour du pot de glyphosate ! Nous sommes en colère. La colère de ceux qui constatent avec amertume qu’une poignée de députés sont capables de jouer les VRP du lobby agro-chimique en s’opposant à l’inscription, dans la loi, de l’interdiction du glyphosate. Samedi matin, à 4h18 précisément, 42 députés ont refusé d’interdire, en dernière lecture de la loi Alimentation, l’utilisation du glyphosate d’ici à 3 ans !
Tant sur la forme que sur le fond, ce vote est proprement scandaleux. Ce vote était public. Nous avons donc retrouvé le nom de ces petits soldats de l’agrochimie.

N’hésitez pas à partager et interpeller ces 42 députés.

Il est toujours temps d’oser

12 septembre 2018,

Aviez-vous lu le livre de Nicolas Hulot « Osons. Plaidoyer d’un homme libre »  ?

Il est encore temps, en voici quelques lignes :

Osons crier que la solidarité n’est plus une option, dans un monde relié, hyperréactif ; elle est la condition indispensable à la paix.
Osons sanctionner ceux qui pillent, saccagent, épuisent, accaparent les richesses du monde.
Osons dire que la violence capitaliste a colonisé tous les cercles de pouvoir.
Osons sortir de cette mystification qui fait croire que la solidarité et le changement sont possibles en laissant un pan entier de l’économie nous échapper. Sans la fin des paradis fiscaux, de l’optimisation fiscale, de l’évasion fiscale légale ou frauduleuse, sans la fin d’une finance occulte qui ne participe pas à la solidarité des États, toutes nos intentions, sincères ou pas, buteront sur l’impossibilité de tenir nos promesses et alimenteront le cycle infernal de l’humiliation, de la frustration et de la répression.
 Osons reprendre la main sur une industrie de la finance qui ignore l’intérêt général. Osons dénoncer ces marchés qui se régalent de la rareté qu’ils créent. Bref, brisons cet ordre cannibale.
Appelons partout à la régulation, à la réglementation, pour passer enfin d’une économie qui dépense à une économie qui protège, afin qu’aucun bien commun ne soit plus jamais détourné au profit d’un petit nombre.
Osons le juste échange plutôt que le libre-échange. Passons d’une phase juvénile de compétition à une phase mature de coopération. Osons soustraire les biens communs à la spéculation.
Osons une économie qui économise et non qui détruit. Avantageons ce qui protège et pénalisons ce qui abîme.
Osons la protection plutôt que la prédation.

« Osons. Plaidoyer d’un homme libre » 2015. Editions Les liens qui libèrent. 4,90 €
Citations choisies par Le Sauvage

Quand François de Rugy voulait fermer les centrales nucléaires

5 septembre 2018,

photo P. Blanchard et AFP

Paris (©AFP)- Fermeture des centrales nucléaires en 2040, 100% d’énergies renouvelables en 2050, ne vendre que des voitures électriques ou hybrides en 2025: les propositions du nouveau ministre de la Transition écologique, François de Rugy, lorsqu’il était candidat à la primaire socialiste en 2016.

L’ancien député écologiste avait terminé cinquième des huit candidats du premier tour des primaires de la gauche, avec 3,81% des voix. François de Rugy avait ensuite refusé de soutenir le vainqueur de la primaire, Benoit Hamon, pour rallier la candidature d’Emmanuel Macron.

Extraits de son programme d’alors:

– Énergies renouvelables: François de Rugy promet « d’atteindre une production électrique 100% renouvelable d’ici 2050 ». Cet objectif dépasse celui des 32% d’énergies renouvelables d’ici 2030 inscrits dans la loi de transition énergétique de 2015 et repris par le candidat Emmanuel Macron.

– Nucléaire: (suite…)