Articles avec le tag ‘capitalisme’

Bernard Maris vous parle du temps

22 mars 2015,

Montres molles DaliBernard Maris : « Pour Max Weber, le protestantisme (et aussi le catholicisme parce que la révolution industrielle se déroule en Europe) construit un nouveau rapport des hommes non seulement au travail, mais aussi, et surtout, au temps. Le capitalisme industriel a créé le monde moderne, celui ou le temps est devenu la rareté suprême.

Avec le capitalisme, les hommes oublient leur passé et se tournent vers le futur. Ils ressemblent à ces statues égyptiennes qui ont la tête tournée dans un sens et les mains dans l’autre. Les hommes dirigent leur visage vers ce qu’ils ignorent, le futur. Une révolution considérable comme l’imprimerie (qui, comme l’horloge, appartient à l’origine à la Chine qui ne sut ou ne voulut la démocratiser) permet d’oublier le passé puisque celui-ci est désormais écrit et banalisé jusque dans ses moindres évènements. L’homme peut se consacrer au futur, se projeter.

Alors, pourquoi le capitalisme est-il né en Europe et non en Chine ? David S. Landes répond dans un texte érudit (suite…)

Partage ou crève

25 juin 2011,

Reprint Le Sauvage N° 12, avril 1974

par Michel Bosquet/ André Gorz

Unique principe pour rompre avec l’idéologie de la croissance : « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. »

L’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire (suite…)

Érotisme et environnement

23 mai 2011,


Reprint N° 2, mai-juin 1973

par Herbert Marcuse

Le capitalisme veut institutionnaliser la contre-révolution. Sclérosés ou complices (involontaires), les partis d’opposition sont impuissants. Reste donc la révolte. Telle Contre-révoltion et révolte (Éditions du Seuil),  dont nous publions ce passage. Nourrie par l’art et l’amour, la révolte doit aboutir à la libération de l’homme — qui ne fait qu’un avec la libération de la nature. D’où la mission politique que Marcuse assigne à l’écologie.

Marcuse était venu à Paris invité par le Nouvel Observateur et le Sauvage. Le vieil homme posait comme un héros de la contre culture mais nous eûmes l’impression que son discours manquait de fraicheur. Il est intéressant d’en apprécier la qualité quarante ans plus tard.

La transformation radicale de la nature devient partie intégrante de la transformation radicale de la société. (suite…)

PARTAGE OU CRÈVE !

28 avril 2011,

Par Michel Bosquet /André Gorz

Reprint Le Sauvage, n° 12, avril 1974

Ce texte qui fut écrit pour le Sauvage il y a trente sept ans nous paraît témoigner de ce qu’était déjà l’écologie à cette époque. Non pas seulement la protection des petits oiseaux mais une réflexion sur le devenir des sociétés humaines confrontées à l’utopie croissantiste.

Les Sauvages associés

Unique principe pour rompre avec l’idéologie de la croissance : « Seul est digne de toi ce qui est bon pour tous. »

L’écologie, c’est comme le suffrage universel et le repos du dimanche : dans un premier temps, tous les bourgeois et tous les partisans de l’ordre vous disent que vous voulez leur ruine, le triomphe de l’anarchie et de l’obscurantisme. Puis, dans un deuxième temps, quand la force des choses et la pression populaire deviennent irrésistibles, on vous accorde ce qu’on vous refusait hier et, fondamentalement, rien ne change. La prise en compte des exigences écologiques conserve beaucoup d’adversaires dans le patronat. Mais elle a déjà assez de partisans patronaux et capitalistes pour que son acceptation par les puissances (suite…)