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Le FN perd 400 000 voix ?

9 décembre 2015,

urnepar Charles Ribaut. Il y a plusieurs façons de lire le résultat des élections, on peut les examiner en pourcentage des exprimés ou en nombre de votants. Le plus souvent les commentaires se font sur les pourcentages d’exprimés, ce qui sous-entend que l’abstention affecte toutes les listes de manière égale.  L‘IFOP suggère que c’est le cas mais selon Brice Teinturier (directeur d’IPSOS)  « Il y a plus d’abstentionnistes chez ceux qui ont voté Hollande en 2012 que chez ceux qui ont voté Le Pen. C’est sûrement l’une des raisons du succès du FN à cette élection ». Je persiste donc à penser que les chiffres absolus méritent de l’attention. Je vais reprendre l’exemple du Front National : le nombre de personnes qui se sont déplacées pour voter FN au premier tour des élections régionales du 6 décembre 2015 (6 018 914) est nettement inférieur à celui du premier tour des dernières présidentielles (6 421 426). C’est ce qui est résumé dans le titre de ce billet et qui se démarque un peu d’autres analyses récentes, par exemple sur le site de l’Obs« Le premier tour des élections régionales 2015 marque le meilleur score jamais réalisé par le parti d’extrême droite à une élection en France, dépassant la barre des 6 millions de voix. »  Meilleur score oui mais en pourcentage des exprimés, (suite…)

Le chiffre du jour : 1 710 087

26 mai 2014,

verre à moitié pleinC’est le nombre d’électrices et d’électeurs qui ont voté pour Marine Le Pen aux élections présidentielles de 2012 et qui ont fait défaut au Front National lors des récentes élections européennes. Le Front National a quand même recueilli 4 711 339 voix (au lieu de 6 421 426), soit un peu plus de 10 % des suffrages du corps électoral.

Je propose que ce que l’on peut lire sur le site de notre excellent confrère Médiapart pèche un peu par recherche du sensationnel et que la surmobilisation du côté du Front n’est que très relative. Je cite :

La victoire du Front national dimanche s’explique d’abord par une surmobilisation de son électorat. « Toutes les élections se gagnent ou se perdent sur le taux de mobilisation différentiel. Il y a eu une surmobilisation d’un électorat FN dopé par les victoires précédentes et notamment les municipales, mais aussi une démobilisation du côté des électorats UMP et PS », a analysé dimanche soir dans notre émission Nonna Mayer, directrice de recherche au CNRS spécialiste du FN. Cette démobilisation est le fruit de deux facteurs, « car l’abstention a toujours deux visages, ajoute la chercheuse : sociologique – certaines catégories s’abstiendront toujours plus, les jeunes, les précaires, les moins diplômés –, mais aussi politique ». Le Front national est parvenu dimanche à mobiliser un électorat eurosceptique – voire europhobe – qui se déplace rarement pour des élections à faible intensité comme les européennes. (fin de citation)

Le séisme dont les médias parlent tant aujourd’hui est donc surtout dû une abstention massive, qui n’a que partiellement épargné le FN puisqu’il a perdu un gros quart de son électorat des présidentielles.       Charles Ribaut

Le quadripôle politique français, vérité qui dérange, bégaiement de l’histoire ?

25 mars 2014,

Ils l'ont fait.couvpar Ghislain Nicaise

Deux partis politiques ont vraiment progressé lors du premier tour des élections municipales 2014 : le Front national et les Ecologistes. Comme le fait remarquer notre confrère Reporterre, les écologistes s’en tirent nettement mieux, avec une moyenne de 11,6 % des suffrages exprimés sur les communes où il y avait une tête de liste Europe Ecologie Les Verts (EELV) contre 7% pour le Front national dans les mêmes conditions. Le second tour amènera probablement bien davantage de maires écolos que de maires frontistes, alors que les médias s’accordent à souligner la configuration tripolaire des élections en cours. L’effet délétère de l’alliance d’Europe Ecologie Les Verts avec le principal parti du gouvernement ne s’est fait sentir que sur les listes d’union locale avec le PS. Par contre à Grenoble les écologistes alliés au Front de gauche arrivent en tête avec 29,4 % des suffrages devant le PS à 25,3 %.

Je me souviens clairement qu’il y a une vingtaine d’années, je prédisais à qui voulait l’entendre que la bipolarité Parti socialiste versus RPR allait être remplacée par le tandem antagonique Verts/Front national. (suite…)