Cinq jours à la guerre avec Giono

7 août 2014,

par Alain Hervé

Giono Bellon dr.

Giono Bellon dr.

Vous  en avez lu jusqu’à l’ivresse dans votre jeunesse et toute votre vie, du Regain ou du Hussard, de l’Iris de Suse ou du Grand troupeau. C’est justement de ce dernier que l’on a parlé pendant cinq jours avec les Amis de Jean Giono réunis en conclave annuel du jeudi 31 juillet au lundi 4 août à Manosque. Débats, conférences, lectures, concerts, films, café littéraire, exposition…  dans la maison de Giono, le Paraïs,  au théâtre Jean le Bleu, sur les places, dans les églises de la ville et dans le Centre Jean Giono… Jacques Mény, le président de l’association, en était le très remarquable animateur. Sylvie Giono, sa fille, le témoin vivant.

Le sujet: « Giono revient de guerre » La guerre celle de 14/18. (Anniversaire oblige, tu parles d’un anniversaire! Peut-on célébrer la honte!) Cette pantalonnade sanglante, Giono l’a vécue d’un bout à l’autre, pendant quatre ans. Pendant dix ans il n’en a pas parlé, et puis il a sorti le Grand troupeau. Une fresque à la gloire de la terre, des paysans et des martyrs de cet holocauste absurde qui déshonore l’humanité, qui préfigure la folie de l’Hitlérisme.

Ce que Giono a exprimé avec violence, c’est le rapport entre la Vie et l’Amour des hommes et des bêtes au contact de la terre, et la Mort  et la Haine des hommes et des bêtes au nom d’idées abstraites: la patrie, l’honneur, la revanche.

Dans les années trente,  Giono avait réuni ses amis au Contadour pour condamner la guerre et exalter la paix. Il fut un apôtre du pacifisme, avant de se décourager devant la passivité populaire. Plus tard, curieusement, il devint une sorte de chantre de l’héroïsme individuel avec son Hussard sur le toit et le Désastre de Pavie entre autres.

Au cours de ces rencontres, nous avons retrouvé notre ami Gilles Lapouge venu présenter son délectable l’Ane et l’Abeille, (Albin Michel, 2014), dont nous avons publié la critique dans le Sauvage. Christiane Baroche, l’auteur de La réponse du berger, (Rhubarbe, 2014) et l’avocate éloquente du genre de la nouvelle, Edouard Schaelchli, auteur d’un Giono précurseur de la décroissance (le Passager clandestin ed. 2014)une remarquable présentation des écrits antimilitaristes et d’utopie paysanne de Giono. A l’occasion de discussions avec lui, nous avons découvert que les décroissants restent natalistes, ce qui, semble-t-il, constitue une contradiction difficile à expliquer.

Inscrivez vous aux Amis de Jean Giono pour avoir l’occasion de participer à ces passionnantes rencontres annuelles .amisjeangiono@alicepro.fr