Archive pour la catégorie ‘Compost’

Aventures en permaculture-30, Lettre à Alain Baraton

1 décembre 2018,

Les principes de base

par Ghislain Nicaise

Cher Alain,

Depuis quinze ans que vous assurez une chronique sur France-Inter, chaque fois que je me lève assez tôt en fin de semaine, je vous écoute avec plaisir. J’ai souvent eu envie de réagir à ce que j’estimais être des erreurs, bien plus fréquentes à vos débuts, mais ma paresse et mon respect pour vos positions fermes contre les biocides m’en ont toujours dissuadé. Aujourd’hui (1er décembre 2018) vous sortez une série d’erreurs, bienvenue car elle me permet de faire à mon tour une chronique, le trentième épisode de mes « aventures en permaculture ». (suite…)

On veut notre part du gâteau!

28 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Rarement la distance entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés n’a été aussi grande. « Dialogue de sourds » selon la formule. Les plus sourds étant ceux qui gouvernent. Convaincus de la légitimité de leur science fraichement acquise dans leurs écoles. En particulier à l’Ecole Nationale d’Administration. Le cas d’une mobilisation à partir d’un équipement de sécurité en cas d’accident automobile, n’ayant pas été prévu au programme.

Et voilà que s’exprime soudain par l’intermédiaire de nouvelles technologies, la revendication la plus vaste, la plus floue, la plus radicale: « on veut notre part du gâteau ».  Aussi la plus difficile à satisfaire car notre société n’est pas construite pour le partage mais pour la compétition. Autrement dit les plus défavorisés le sont pour n’avoir pas su monter sur la tête de leurs voisins. (Différentes utopies ont tenté d’apporter ou prétendu apporter des réponses. Elles ont toutes abouti à des résultats inverses. Voir le communisme.)

Tandis que dans leur olympe nos énarques continuent de chanter l’air des promesses, le peuple découvre sa capacité à s’exprimer sans limites sur un nouveau territoire vierge: Internet.

Qui va l’emporter: l’expression anarchique jaune ou l’autorité d’un gouvernement élu? Impossible à prévoir. Probablement un compromis bancal se mettra douloureusement en place.

Invoquer l’écologie à titre d’excuse et de nécessité absolue est particulièrement malhonnête et maladroit. Certes il va falloir abandonner les énergies fossiles dont le pétrole, mais on aurait pu le dire déjà lorsqu’on invitait tout un chacun à s’équiper en diésel.

A suivre.

 

Aventures en permaculture-29, Goumi, chalef, argousiers : les éléagnacées

24 juin 2018,

par Ghislain Nicaise

Les éléagnacées font partie des plantes favorites des permaculteurs en climat tempéré. Elles sont résistantes au froid, peu ou pas du tout sujettes aux maladies, peu exigeantes sur le sol, en partie parce qu’elles utilisent l’azote de l’air. Leurs racines sont associées en symbiose avec des microorganismes fixateurs d’azote atmosphérique, mais au lieu des Rhizobium connus chez les Fabacées, il s’agit de bactéries filamenteuses du groupe des Actinomycètes nommées Frankia (1). On peut donc planter ces buissons à proximité d’un fruitier par exemple, pour enrichir le sol en azote. On m’a parfois fait l’objection que la fixation d’azote n’était pas nécessairement altruiste. Je n’ai pas de certitude sur ce point mais si le buisson d’éléagnacée a vocation de garder pour lui l’azote atmosphérique qu’il a fixé jusqu’à la mort de ses racines, je peux toujours récupérer largement cet azote en me servant des tailles en vert pour faire du broyat, ou simplement mettre à décomposer les rameaux taillés au pied des arbres que je veux nourrir.

Le goumi (Elaeagnus multiflora, Fig. 1)
Le goumi, originaire d’Extrême orient, est un arbuste à usages multiples, peu exigeant sur la nature du sol ou le climat : il tolère -25°C l’hiver et résiste bien à la sécheresse l’été. Il est réputé résistant au pourridié (Armillaria mellea)(2). Au printemps les fleurs sont très abondantes comme l’indique le nom d’espèce multiflora, nectarifères et appréciées des abeilles, les fruits (en juin) sont comestibles. J’ai planté successivement deux cultivars sélectionnés pour leurs fruits, Sweet Scarlet en 2009 et Red Gem en 2010. (suite…)

Le REV des citadins

9 février 2018,

Par Ghislain Nicaise

Je vous invite à lire le manifeste du REV : un nouveau parti écologiste, au service du vivant. La version longue datée du 8 février 2018 est accessible sur ce site : http://rev-parti.fr/le-rev-un-nouveau-parti-ecologiste-au-service-du-vivant/.
Une version plus courte est parue dans le Monde du 9 février.

La formule « au service du vivant » m’a plu, un peu d’écologisme profond me paraissant salutaire face à l’inconscience de nos dirigeants. Le texte ne surprendra pas les partisans sincères d’une gouvernance écologiste, on pourrait en retrouver des passages sans peine dans l’abondante littérature qui a été produite depuis la campagne présidentielle de René Dumont en 1974, pour ne pas remonter plus avant. Il comporte cependant un passage auquel je ne peux adhérer.

Le principal défaut de ce manifeste est qu’il ignore l’écologie des écologues. (suite…)

Les mystères du glyphosate

30 octobre 2017,

par Charles Ribaut
Premier mystère
Quand le ministre de l’agriculture, Stéphane Travert a été reçu mercredi dernier par France-Inter, un auditeur est intervenu à peu près en ces termes : je suis médecin en zone rurale, j’ai des patients agriculteurs, assez jeunes, atteints de Parkinson, pourquoi discuter sur les propriétés cancérogènes probables du glyphosate alors que sa neurotoxicité elle, est avérée et devrait suffire pour son interdiction ?
Cette intervention m’a intrigué et j’ai fait quelques excursions sur internet pour me clarifier les idées. D’abord il semble que la maladie de Parkinson, une maladie neurodégénérative effrayante, soit maintenant reconnue comme maladie professionnelle pour les agriculteurs.
(Alphonse Allais suggérait de construire les villes à la campagne parce que l’air y est beaucoup plus sain, cette époque est vraiment révolue. La tendance est maintenant d’installer les cultures dans la ville, c’est un endroit où les abeilles peuvent survivre. Fin de la digression).
Je savais que les insecticides (suite…)