Archive pour la catégorie ‘Esprit d’escalier’

Il y a 46 ans, percée verte

26 juin 2019,

Brice

Pancartes

12 avril 2019,

Par Charles Ribaut

Les récentes manifestations alertant sur la menace du changement climatique ont permis de tester la créativité et l’humour des jeunes générations. De nombreux sites présentent leur sélection de photos de pancartes ou simplement de slogans : j’ai cédé à la tentation de présenter ma propre sélection.

Dans le genre sérieux, et même profond, on peut retenir :

– On ne se bat pas pour la Nature, nous sommes la Nature qui se défend.

Plus classique mais qui a fait ses preuves

– Je suis tellement inquiète que j’ai fait une pancarte 

La force anglo-saxonne de l’understatement

– Je m’intéresse bcp à l’avenir car c’est là que je compte passer le reste de mes jours

L’enfant de parents inquiets, attendrissant (suite…)

90 ans: Tintin et moi

12 janvier 2019,

(d.r.)

par Alain Hervé

Plus que les grands philosophes, plus que mon éducation familiale, plus que mes études, plus que les hasards professionnels …  je crois que les aventures de Tintin ont eu une influence déterminante sur ma vie.  J’ai un Tintin caché dans ce qu’essentiellement  je suis et dans ce que j’ai entrepris. Il ne m’apparait qu’épisodiquement lors de la relecture accidentelle d’un de ses albums par dessus l’épaule d’un de mes neveux. Auxquels je dois admettre que je les offre comme pour recommencer mon enfance.

Tintin est mon contemporain à quelques années près. J’ai porté des pantalons de golf, prêt à monter sur le premier cargo au bout du quai, ami complice des chiens, épaté par les récits invraisemblables des capitaines Haddock de ma famille. Il y en a eu, même sans whisky…

La vie m’est apparue comme un récit prodigieux à inventer. Je suis devenu journaliste, redécouvreur  de ma planète et des olibrius qui la peuplent. Je n’ai jamais pu prendre au sérieux les utopies qui s’y développent et ceux qui les chantent. De quelque couleur qu’elles soient. J’attends toujours de tourner la page et de découvrir la suite.

Tintin ne nous a pas raconté comment il était mort. Je ne le ferai pas non plus. Il a atteint quatre vingt dix ans. J’y serai bientôt.

Régression jaune

9 décembre 2018,

par Marjorie Jouen

Carpaccio

En ce samedi au ciel plombé légèrement humide, la place où se tient habituellement le marché est vide : la Mairie de Paris les a tous annulés. Sur les portes des magasins barricadés ou sur les rideaux métalliques baissés, de petites affichettes annoncent la fermeture exceptionnelle « par précaution » ou « en raison des manifestations ». Depuis des lustres, on n’avait pas vu si peu d’automobiles circuler, surtout dans les quartiers de Paris-villages, peu connus des habitants des « périphéries intérieures » de la France où l’on est accro au diesel volens nolens. De temps en temps, au loin, on voit passer un gilet jaune : manifestant égaré ou cycliste soucieux de sa sécurité ?

La journée se passe cahin-caha en slalomant entre les lignes de métro qui ne marquent pas l’arrêt dans les stations de la zone rouge et en renonçant à prendre le bus car la plupart ont vu leur tracé amputé. Alors on marche … et l’on se dit que si faute d’achats de Noël, le PIB n’enregistrera pas de hausse spectaculaire ce jour, on aura aussi fait pas mal d’économies d’énergie avec tous ces magasins à l’arrêt.

Et puis, on apprend le lendemain qu’il y a quand même eu des violences. Les casseurs ont à nouveau détruit des magasins à proximité des Grands Boulevards ; ils ont dévalisé un magasin de lunettes et pillé tous les stocks d’un bottier de luxe mais, après avoir fracassé la vitrine d’une librairie, ils n’ont rien touché à l’intérieur. Par respect ? Vous voulez rire !

Gilets jaunes suite et…

25 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Grand corps sans tête, les gilets n’ont de capacité de s’exprimer que par leur nombre. S’ils maigrissent, quelques agitateurs casseurs peuvent les parasiter. Ce fut le cas hier sur les Champs Elysées lorsque des nostalgiques de mai 68 arrachèrent trois pavés à titre symbolique et saccagèrent un chantier et des terrasses de restaurant pour jouer à faire une barricade. De quoi donner à manger aux centaines de caméras affamées d’images pittoresques ou dramatiques.

Les frais de remise en état après le spectacle seront réglés par le contribuable. C’est à dire les gilets jaunes.

Où l’on découvre la situation paradoxale de ce mouvement de protestation légitime. Menace colossale par le nombre mais impuissant s’il rencontre un pouvoir déterminé.

En l’occurrence, ledit pouvoir, plutôt que de réprimer la poignée de casseurs,  a laissé pourrir la situation pour que le discrédit atteigne tous les gilets jaunes. Journée de dupes.