21 septembre 2011,

“Culture et écologie”, car les écologistes ne sont pas des obscurantistes.

LE SAUVAGE N0 9 JANVIER 1974

LE SAUVAGE N0 9
JANVIER 1974

Voilà maintenant neuf ans que le Sauvage reparaît sur Internet. Près de deux mille articles sont désormais disponibles, dans lesquels vous trouverez une réflexion écologique fondamentale commencée en 1973 . Vous affichez en haut à droite le sujet, la rubrique ou l’auteur que vous voulez consulter et vous cliquez. Fouillez le Sauvage en profondeur… Ce sont aussi bien des reprints de l’ancien Sauvage, que des articles d’actualité qui s’y ajoutent désormais chaque jour. Nous représentons d’une certaine manière la mémoire de l’écologie pour avoir été les premiers à réfléchir sur le sujet dès les années 70. Les soixante treize numéros du Sauvage
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Quand la réalité dépasse les prévisions du GIEC

17 juin 2022,

En 2014, Evelyne Dhéliat présentait la météo du 18 août 2050 à partir des calculs de Météo France. Pour 2022, nous ne savons pas encore ce que seront les températures du 18 août mais celles du 17 juin semblent dépasser les prévisions les plus pessimistes.

Protéger la nature ?

1 juin 2022,

Dans les quelques lignes qui suivent, j’ai l’agréable tâche de vous inciter à acheter le livre dont vous voyez la couverture ci-contre. C’est le livre d’un écologue qui est aussi écologiste (oui, il y en a !).
Dans le genre non-fiction, il y a pour moi deux catégories principales de livres à conseiller : ceux qui sont construits autour d’une ou deux idées nouvelles, dont on aurait plutôt envie de se débarrasser après lecture, et ceux qui contiennent toute une vie, que l’on range dans sa bibliothèque. Dans la deuxième catégorie je pense au livre des Bourguignon ou au dernier de Philippe Lebreton (Le futur a-t-il un avenir ?).
Le livre de Pierre Grillet est clairement à ranger dans cette deuxième catégorie ; c’est tout ce que vous n’avez jamais eu le courage ou le temps de savoir sur la protection de la nature au cours des dernières décennies et même avant. On commence enfin à parler dans les médias de la biodiversité, vous croyez que la biodiversité c’est bien mais vous ne savez pas vraiment de quoi il en retourne, alors lisez ce livre. Ne me cherchez pas querelle sur l’expression protection de la nature, nous les lectrices et lecteurs du Sauvage savons qu’il est néfaste de séparer l’espèce humaine de son environnement. Avec les jeunes humain.es qui manifestent, nous sommes ou voudrions être la nature qui se défend.
La seule critique que je puisse faire au livre de Pierre Grillet et je l’ai communiquée à l’auteur, c’est le choix du titre : le capitalisme n’est pas seul en cause, le capitalisme n’est que le sous-ensemble d’un modèle de civilisation qui valorise le progrès, la compétition et la croissance aux dépens de la symbiose et de l’équilibre.
Quoiqu’il en soit, ne manquez pas une riche source de documentation (350 pages denses), un livre érudit mais facile à lire, qu’on remet sur l’étagère pour le reprendre à tête reposée. Vous pouvez le commander chez votre libraire pour 19€.

Faim

23 mai 2022,

Les Amis de la Terre des Landes vous offrent la traduction d’un article du Guardian signé par Georges Monbiot : En 2008 c’étaient les banques, aujourd’hui c’est le système alimentaire mondial qui menace de s’effondrer.

Les géants du secteur alimentaire ont trop de pouvoir – et les régulateurs comprennent à peine ce qui se passe. Ça ne vous rappelle rien ?

Ces dernières années les scientifiques n’arrêtent pas d’alerter, mais les gouvernements refusent d’écouter leur avertissement : le système alimentaire mondial ressemble de plus en plus au système financier mondial juste avant 2008.

L’effondrement du système financier a eu des conséquences dévastatrices pour les conditions de vie de milliards d’humains, mais on n’ose imaginer ce que seraient les conséquences de l’effondrement du système alimentaire mondial. Pourtant, les preuves s’accumulent rapidement comme quoi la machine est en train de se gripper. La flambée actuelle des prix alimentaires n’est que le dernier signal de cette instabilité systémique.

Pour beaucoup de gens, la crise alimentaire est le résultat combiné de la pandémie et de l’invasion de l’Ukraine. Certes ce sont des facteurs à ne pas négliger, mais ils ne font qu’aggraver un problème sous-jacent. Pendant des années la faim semblait appelée à disparaître. Le nombre de personnes sous-alimentées passait de 811 millions en 2005 à 607 millions en 2014. Mais en 2015 la tendance a commencé à s’inverser. Depuis, la faim n’a cessé d’augmenter : on est passé à 650 millions d’humains souffrant de la faim en 2019, puis à 811 millions en 2020. Cette année va probablement être bien pire.

Mais le plus inquiétant, c’est que cette augmentation de la faim s’est produite alors que nous sommes dans une période de très grande abondance. Depuis plus d’un demi-siècle, la production alimentaire mondiale augmente régulièrement, dépassant largement la croissance démographique. L’an dernier, la récolte mondiale de blé n’a jamais été aussi élevée. Chose encore plus troublante, le nombre de personnes sous-alimentées a commencé à augmenter, alors même que les prix mondiaux des denrées alimentaires commençaient à baisser. En 2014, alors que le nombre de personnes souffrant de la faim était au plus bas niveau historique, l’indice mondial des prix alimentaires s’élevait à 115 points. En 2015, il était tombé à 93 et ​​est resté inférieur à 100 jusqu’en 2021.

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1972, la préfiguration du Sauvage

19 mai 2022,

LA DERNIÈRE CHANCE DE LA TERRE

C’est il y a cinquante ans, en juin 1972, que le Nouvel Observateur publie un magazine Hors Série, “Spécial Écologie”, titré “LA DERNIÈRE CHANCE DE LA TERRE”. Cette publication est inspirée par les conclusions inquiétantes du Rapport Meadows, qui font grand bruit dans le monde industrialisé.

Ce rapport “The Limits to Growth”  a été commandé au MIT en 1970 par le Club de Rome, un cercle de scientifiques et d’industriels préoccupés par la finitude des ressources et la démographie. Les conclusions des chercheurs en Dynamique des Systèmes du MIT, présentées à la presse en mars 1972, sont édifiantes: elles prévoient un effondrement des ressources industrielles vers les années 2020, si le modèle de croissance économique se poursuit.

Bien que l’industrie et le commerce cherchent encore à le masquer, nous sommes entrés dans cet effondrement qui voit le prix des ressources exploser en raison de leur difficulté d’extraction et de production, un effondrement accentué par le bouleversement du climat.

Ce numéro spécial du Nouvel Obs publie quelques extraits du rapport Meadows, qui nous sont aujourd’hui familiers. Il y est clairement établi que nous n’avons que de choix qu’entre une décroissance choisie et une décroissance subie, une évidence, que, cinquante ans plus tard, hélas, la quasi-totalité de la population mondiale n’arrive toujours pas à comprendre et à admettre.

Voici des extraits publiés dans ce numéro:

“Une analyse objective des faits nous démontre que, des trois possibilités offertes — croissance illimitée, limitation volontaire de la croissance et limitation imposée par l’environnement naturel —, seules les deux dernières sont plausibles.

[…]

Chaque jour pendant lequel se poursuit la croissance exponentielle rapproche notre écosystème mondial des limites ultimes de sa croissance. Décider de ne rien faire, c’est décider d’accroître le risque d’effondrement. Nous ne savons pas avec certitude pendant combien de temps encore l’humanité pourra différer une politique de contrôle de sa croissance avant de perdre irrémédiablement la chance de pouvoir exercer ce contrôle.

[…]

Le choix est donc clair : ou bien ne se soucier que de ses intérêts à court terme, et alors poursuivre l’expansion exponentielle qui mène le système global jusqu’aux limites de la terre et à l’effondrement final ; ou bien définir le but, s’engager à y parvenir et commencer, progressivement, rigoureusement, la transition vers un état d’équilibre.”

La rédaction de ce numéro spécial a été confiée à Alain Hervé, fondateur de l’antenne française des Amis de la Terre quelques années auparavant. Dans son éditorial, il exhorte la population à s’engager dans une révolution écologique:

“Une loi nouvelle, celle de l’accélération, change notre destin. En cinquante ans, la vie a changé davantage qu’au cours des millénaires. Et tout va aller encore beaucoup plus vite désormais. En vérité, il reste dix ans pour définir des solutions. C’est peu, mais c’est suffisant. Nous sommes au bord du cataclysme, nous pouvons être aussi au bord d’un monde nouveau.”

Les choix rédactionnels d’Alain Hervé et de ses collaborateurs sont judicieux: tous les ingrédients de la culture et de l’écologie, de l’activisme, de l’appel à l’action,  du témoignage, de la réflexion philosophique et politique, jusqu’au sens pratique, à la simplicité, à l’humour, sont réunis pour préfigurer une revue dédiée qui verra le jour un an plus tard: Le Sauvage, dont le premier numéro sortira en janvier 1973*.

Ce Hors Série de 1972 accueille des réflexions importantes, notamment de Michel Bosquet, plus connu aujourd’hui sous le nom d’André Gorz, et qui a co-créé la ligne du Nouvel Observateur avec Jean Daniel et Claude Perdriel en 1964. On y trouve des interventions de Théodore Monod, de Gilles Lapouge, une entrevue avec Edgar Morin, des dessins de Puig Rosado, des témoignages de paysans ou de voyageurs, et même un reportage de Bernard Guetta ou une chronique de Franz-Olivier Giesbert, mais aussi un guide pratique de l’écologie, des conseils de consommation ou de recyclage, des invitations à rejoindre des mouvements écologistes, une bibliographie des ouvrages consacrés à l’écologie. On y trouve aussi une curiosité en début de journal, un éco-blanchiment pour “l’écologie” du Tout-électrique, c’est-à-dire en réalité, le Tout-Nucléaire en vigueur au début des années 70.

Ce numéro, associé au retentissement du Rapport Meadows, aura un impact considérable. La respectabilité de l’Obs dans les milieux progressistes donne enfin à l’écologie, que l’on ne considérait alors que comme un amusement des “jeunes à cheveux longs“, une importance médiatique, politique et sociétale méritée. De nombreuses personnalités et de nombreux citoyens découvrent l’écologie à l’occasion de ce numéro et le considèrent comme un moment déclencheur de leur prise de conscience.

On peut télécharger le PDF de ce numéro Hors Série ici.

*et que nous fêterons dignement au début de 2023

Il y a encore une belle jeunesse

12 mai 2022,

L’appel à déserter d’ingénieur.es d’AgroParisTech, en video si vous ne craignez pas d’éprouver une réelle émotion, ou en texte ci-dessous

Les diplômé.es de 2022 sont aujourd’hui réuni.es une dernière fois après trois ou quatre années à AgroParisTech. Nous sommes plusieurs à ne pas vouloir faire mine d’être fières et méritantes d’obtenir ce diplôme à l’issue d’une formation qui pousse globalement à participer aux ravages sociaux et écologiques en cours. Nous ne nous considérons pas comme les « Talents d’une planète soutenable » [nouvelle devise d’AgroParisTech].
Nous ne voyons pas les ravages écologiques et sociaux comme des « enjeux » ou des « défis » auxquels nous devrions trouver des « solutions » en tant qu’ingénieures.
Nous ne croyons pas que nous avons besoin de « toutes les agricultures ». Nous voyons plutôt que l’agro-industrie mène une guerre au vivant et à la paysannerie partout sur terre. Nous ne voyons pas les sciences et les techniques comme neutres et apolitiques. Nous pensons que l’innovation technologique et les start-up ne sauveront rien d’autre que le capitalisme. Nous ne croyons ni au développement durable, ni à la croissance verte, et pas plus à « la transition écologique », une expression qui sous-entend que la société pourra devenir soutenable sans qu’on se débarrasse de l’ordre social dominant.
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Pétition transition

11 mai 2022,

Nous recevons beaucoup de pétitions mais celle-ci nous a surpris et séduits par sa (sincère ? premier degré ?) fraicheur. La signature de Dominique Bourg a emporté notre soutien, ainsi que la piqure de rappel sur La Convention Citoyenne pour le Climat.
La Rédaction

Monsieur le président,

Tous ceux qui ont été formés aux enjeux écologiques le savent, les données sont factuelles, scientifiques, cartésiennes, et ne relèvent ni de croyance, ni d’opinion politique. La convention citoyenne pour le climat a été un bel exemple, 150 français de tous horizons ont été tirés au sort, et, à l’issue de leur formation, 100% d’entre eux étaient convaincus par l’urgence et l’importance de l’action écologique. Si il y a un débat sur le moyen de conduire la transition, il ne doit plus y avoir aucun débat sur les raisons, ni sur l’urgence d’y parvenir. Le GIEC a été formel, nous devons agir dès maintenant pour inverser la courbe des émissions de gaz à effet de serre dans les trois ans. Le temps de tirer la sonnette d’alarme est venu et vous oblige, vous ainsi que votre gouvernement, à faire de la transition écologique votre priorité. Une espèce animale ou végétale disparaît toutes les vingt minutes, trois enfants sur quatre respirent en France un air toxique, et la hausse des températures va entraîner des crises économiques et politiques inédites. L’action doit être immédiate.

Nous refusons de croire que l’insuffisance du précédent quinquennat en la matière relevait d’un manque de courage, ou pire d’un manque de convictions. La transition écologique est un sujet transversal, une question de justice, qui concerne tous les pans de notre société, tous les ministères et ministres que votre premier ministre va nommer.
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MANIFAVELO : 50 ans déjà.

22 avril 2022,

Avec un grand merci à Jean-Luc Fessard de nous avoir remis en mémoire ce tract des Amis de la Terre, dessiné par Brice Lalonde, initiant la première manifestation écologiste de masse dans notre pays.

Le souvenir d’Edwin Matthews, (co-fondateur avec Alain Hervé des Amis de la Terre en 1970) :

Ref:  Il y a cinquante ans: on manifeste à vélo

Le 22 avril 2022

Chers Amis,

Il y a cinquante ans au matin, nous sommes montés à vélo, si ce n’était pas pour sauver notre civilisation, c’était au moins pour faire une proposition audacieuse : débarrasser les belles avenues de notre cher Paris des bagnoles à combustion interne, bêtes nocives et destructrices qu’elles sont.  Comment peut-on agir en tant que citoyens … pour réveiller les responsables somnambules ?

L’idée de la manif était géniale.  Nous étions quatre pelotons pacifiques d’environs dix mille vélos chacun venant des quatre coins de Paris et convergeant Place de la Concorde.  Nous sommes partis de la Muette, mes trois filles, Nadia, Sylvie, Clarissa et moi, accompagnés par notre Golden, nommé “Friend”, animal de compagnie des Amis de la Terre.  On s’attendait à célébrer une belle journée à Paris en portant un message bénéfique qui répondait à nos espoirs pour un avenir meilleur.
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Le méthane en folie

21 avril 2022,

C’est au milieu de l’océan Pacifique, loin des pollutions industrielles et urbaines, à 3400 m d’altitude sur le flanc du volcan Mauna Loa à Hawaï, que le NOAA effectue des mesures des gaz à effet de serre sur l’hémisphère Nord.

Quatre Gaz à Effet de Serre (GES) très influents sur le climat y sont surveillés jour après jour:

 

le dioxyde de carbone (CO2)

l’hexafluorure de soufre (SF6)

 

le dioxyde d’azote (N2O)

et le méthane (CH4).

 

Source : https://gml.noaa.gov/ccgg/trends_ch4/

 

On ne peut que constater avec impuissance que la concentration de ces GES non seulement augmente mais accélère. Ces graphiques sont les indicateurs les plus fiables de notre réussite ou de notre échec politique global sur le réchauffement. Echec total à l’échelle globale.

Penchons-nous un instant sur l’augmentation de la libération de méthane.

Bien que le méthane ne participe que pour 15% de l’effet de serre, contre 60% pour le CO2, l’accentuation de cette courbe depuis 2007, et surtout depuis 2019, n’est pas rassurante.  Le méthane est un gaz qui est beaucoup plus “à effet de serre” que le CO2. Une partie est issue des activités de la biomasse en relation avec le climat, mais les émissions de méthane sont majoritairement dues aux activités humaines, notamment agricoles, aux déchets, puis à l’industrie des combustibles carbonés; notamment à la fracturation hydraulique des roches pour le gaz et le pétrole de schiste, qui libère du méthane sans aucune possibilité de contrôle. Il est singulier de voir qu’après une stabilisation au début des années 2000, une accélération survient dans la même période où la fracturation devient massive aux USA (1).

On s’inquiète aujourd’hui de l’influence de la température, notamment en arctique, sur la libération de méthane enfoui, terrestre(2) ou océanique(3). Les stupéfiants records de température récents en zones polaires, parfois de plusieurs dizaines de degrés supérieurs aux moyennes saisonnières, sont particulièrement préoccupants.

C’est un cercle vicieux. Plus il fait chaud, plus le méthane terrestre et marin est libéré, entrainant une augmentation de l’effet de serre, et donc du réchauffement. C’est une rétroaction climatique, c’est-à-dire, en langage pour le grand public, un effet d’emballement. Dans l’histoire du climat, des études paléoclimatiques basées sur des analyses sédimentaires ont montré l’existence d’emballements thermiques rapides dus à la libération du méthane enfoui. Est-on au début d’un tel phénomène ? l’évolution du méthane sur ces trois dernières années n’est pas rassurante.

 

1. Howarth, 2019

2. https://www.youtube.com/watch?v=4HxB01a2Vtc 

3. https://siberiantimes.com/other/others/news/first-pictures-and-video-of-the-largest-methane-fountain-so-far-discovered-in-the-arctic-ocean/

GIEC : les solutions

5 avril 2022,

Le GIEC (IPCC en anglais) vient de sortir le rapport du groupe III qui essaye de proposer aux décideurs les mesures nécessaire pour limiter les dégâts du changement climatique. Pour vous tenir au courant :

-un article de ReporterreC’est maintenant ou jamais

– un article au titre optimiste de The ConversationRapport du GIEC : diviser les émissions de gaz à effet de serre par deux d’ici à 2030, c’est possible

– moins facile, l’abrégé du GIEC pour la prise de décision politique (synthesis report for policymakers), “Mitigation of climate changes“, résumé de quand même 37 pages (10 Mb)

– plus technique, le rapport abrégé, 96 p (20 Mb)

– complètement pro, le rapport détaillé, 3675 p (280 Mb)