21 septembre 2011,

“Culture et écologie”, car les écologistes ne sont pas des obscurantistes.

LE SAUVAGE N0 9 JANVIER 1974

LE SAUVAGE N0 9
JANVIER 1974

Voilà maintenant treize ans que le Sauvage reparaît sur Internet. Près de deux mille articles sont désormais disponibles, dans lesquels vous trouverez une réflexion écologique fondamentale commencée en 1973 . 50 ans après la création du journal, et au moment où le bouleversement climatique que nous avons créé nous amène au bord du gouffre, il nous apparait nécessaire de montrer une vision radicale de l’écologie, basée sur une transformation urgente et profonde de la société.

Aires marines protégées

9 mai 2024,

Un appel de Claire Nouvian, de l’association Bloom :

Aujourd’hui, nous avons décidé de révéler au grand jour les manœuvres anti-écologiques INEDITES de la macronie contre l’océan et les animaux marins.

Attention, ça explose le compteur de l’hypocrisie. Du jamais vu.

Tout commence par une décision du Royaume-Uni il y a près d’un mois : https://t.co/r1CdzBFenI

En conformité avec les recommandations scientifiques, le Royaume-Uni a décidé d’interdire le chalutage de fond dans une partie de 13 de ses aires marines protégées (AMP).

Ces 13 aires marines protégées (AMP) couvrent environ 4 000 km2 et comprennent une biodiversité marine et des récifs coralliens exceptionnels.

Pourquoi interdire le chalutage de fond dans les AMP ? Parce que le chalutage est l’une des pires techniques de pêche au monde : il détruit les fonds marins, les animaux, les juvéniles, les puits de carbone océaniques et le climat. C’est de la déforestation. Une catastrophe.
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Amicale intergalactique

3 avril 2024,

Dessin de Laurent Davezies

 

Par Gabriel Peynichou

Le but de l’Amicale consiste à mettre en place des outils de communication entre des humains et des espèces douées de raison aussi bien terrestres qu’extraterrestres,

En effet comment prétendre accueillir d’une manière décente des habitants d’une autre planète alors que nous sommes incapables de dire bonjour à un poulpe ?

Et s’il n’y avait que des poulpes… La liste des dits animaux dont nous subodorons l’intelligence est longue : corbeaux, corneilles, dauphins, chats sans compter les insectes ”sociaux” de type fourmis ou abeilles entre autres.

En ce qui concerne les extraterrestres quatre hypothèses sont envisageables :

  • Soit ils sont déjà là et éventuellement depuis longtemps, (oui j’ai toujours su, Olivier tu peux enlever ce déguisement ridicule) avec dans le meilleur des cas la motivation de venir sur terre comme nous nous allons voir des comédies burlesques.
  • Soit suivant l’hypothèse de Stephen Hawking, ils arrivent sur notre planète avec une considérable avance technique sur nous, celle qui leur a permis de faire le voyage. En conséquence, ils nous considèrent comme des sortes de bestioles nuisibles dont on ne peut rien attendre et qu’il faut éradiquer pour rendre la planète habitable.
  • Soit on est trop loin et personne ne va faire un voyage dans la grande banlieue de notre galaxie pour voir des ploucs infréquentables.
  • Soit ils vont venir un de ces jours et en attendant, arrêtons (pas trop vite) les poulpes à la sauce tomate et essayons de communiquer avec eux pour nous préparer.

Ce texte a pour objet de permettre à ceux d’entre nous qui ont une expérience de communication avec des habitants non humains de cette planète  ou d’une autre,  de la partager avec les autres membres de l’amicale. Il suffit pour cela d’en faire un récit.

En attendant d’organiser des grandes rencontres intergalactiques dans les Cévennes, exprimez-vous !


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Le Solaire Direct 2/2 : l’agriculture

1 mars 2024,

Suite du dossier sur le Solaire Direct, c’est-à-dire l’utilisation directe d’électricité photovoltaïque sans stockage (sans batteries).

Plaçons nous dans le contexte d’un monde en décroissance forte, en raison de la fin des ressources énergétiques à bas coût, de la fin des ressources minières à bas coût, en raison des perturbations du climat, en raison de tous les troubles sociétaux associés. Dans 20 ans par exemple.


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TYFA, l’agroécologie

26 février 2024,

En cette période de Salon de l’Agriculture il nous vient une certaine exaspération d’écouter à la radio ou la télévision des personnalités diverses mentionner au passage ce qui pour elles est une évidence, un consensus : « l’agriculture biologique ne peut pas nourrir le monde, les pesticides sont un mal nécessaire etc… ». Répétons qu’il n’en est rien, que l’on peut arrêter de s’empoisonner et manger en même temps.
La Rédaction

Copie d’une introduction de Pierre-Marie Aubert, ingénieur AgroParisTech :
Les signaux alarmants, en termes de santé et d’environnement notamment, pointant la nécessité d’une transition du système agricole et alimentaire en Europe s’accumulent depuis plusieurs années. Le scénario « Ten Years For Agroecology in Europe » (TYFA) développé conjointement par l’Iddri et le bureau d’études AScA, en collaboration avec un conseil scientifique composé de chercheurs de premier plan, montre qu’une Europe entièrement agroécologique, affranchie des intrants de synthèses et reposant sur un redéploiement des prairies naturelles et sur une extension des infrastructures agroécologiques (haies, arbres, mares, habitats pierreux), pourrait nourrir durablement 530 millions d’Européens en 2050.
Les hypothèses agronomiques testées par cette analyse prospective comparant la situation actuelle à un scénario à 2050 posent de nombreuses questions à la recherche scientifique, par exemple sur le niveau de production ; elles invitent également à une réflexion sur les enjeux politiques de la mise en œuvre d’une telle transition.
La suite ici.

Le témoignage d’un agriculteur

20 février 2024,

La rédaction du Sauvage remercie vivement Jérôme Caillé de nous avoir permis de publier son témoignage. Prenez la peine de le lire entièrement :

Je vous tends la main, pour que vous nous releviez !

Au travers de ce témoignage, j’ai décidé depuis le cœur du système, en toute transparence, de vous partager mon témoignage à travers le fil de l’histoire d’une exploitation, pour vous aider à comprendre le malaise qui touche les agriculteurs bios, et vous faire réaliser que vous avez des moyens, et de nombreux intérêts, à participer à la sauvegarde et à la relance de LA BIO, agriculture décriée, mais d’avenir, car la plus aboutie de tous les modèles agricoles, la plus avancée en terme de transition environnementale, et la plus respectueuse du vivant et de tout ce qui l’entoure, dont vous. Les producteurs bios ont fait le travail que vous, citoyens attendiez de nous mais il a été sapé. Vous allez comprendre, et j’espère que vous allez nous aider à relever les défis.

AGRICULTURE BIO, d’où viens-tu, que fais-tu, où vas-tu ?

Je me suis installé en 2002, sur une ferme de 100 hectares, hors cadre familial, aux sources de la Sèvre Nantaise, dans les Deux-Sèvres, en grande culture conventionnelle, j’ai converti l’exploitation en AB en 2011, après avoir « subi » les conséquences de la crise de 2008-2009, où mes charges d’exploitation avaient été supérieures à mes produits. A l’époque, je trouvais qu’on marchait sur la tête de devoir produire aux prix des cours mondiaux, avec des normes européennes, et une sur-règlementation française : il était impossible dans ce contexte de réussir sans changer de modèle, pour ne plus autant dépendre de ce que des financiers ou la météo, et leurs conséquences à l’autre bout de la planète, impactaient sur mes choix professionnels, mais aussi sur ma santé et/ou celle de mes enfants. Ah oui, je n’ai pas précisé, je suis marié et nous avons contribué au « réarmement démographique », avec 4 enfants.

Sur la ferme, dès 2009, j’ai créé un premier atelier de diversification avec la production sur une petite surface de 200 m² d’énergie photovoltaïque, sur un toit de bâtiment tout juste construit : à l’époque, c’était innovant, aujourd’hui c’est courant.
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Un communiqué de la Conf

2 février 2024,

Communiqué de presse:  Bagnolet, le 1er février 2024

Faute de réponse sur le revenu paysan, la Confédération paysanne appelle à poursuivre la mobilisation

La question fondamentale du revenu n’étant toujours pas prise à bras le corps par le gouvernement, la Confédération paysanne appelle à poursuivre la mobilisation.

Rien de concret sur le revenu, c’est bien le drame de ces annonces face à une telle mobilisation. Annoncer le « renforcement de la loi Egalim » est une vaste fumisterie. Six ans que cette loi a été votée et le problème serait le manque de contrôle ! Ce qu’il faut c’est l’interdiction d’achat en-dessous du prix de revient de nos produits agricoles. Ce que ne permet pas la loi Egalim.

Pas de remise en cause réelle du libre-échange mais une énième annonce de clauses miroirs promises depuis des années mais qui n’empêchera pas les ravages du libéralisme. Quant au Mercosur, le Premier ministre se contente de redire que la France ne le signera pas « en l’état », alors que ce qu’il faut pour protéger les agricultrices et agriculteurs français comme européens c’est stopper les négociations en cours. Le Premier ministre ne dit rien des autres accords de libre-échange dans les tuyaux (Nouvelle-Zélande, Kenya, Chili) et sans clauses miroirs !

La rémunération indigne, due à un système économique libéral inégalitaire, est le sujet qui mobilise sur le terrain des milliers de paysannes et paysans. Or pour détourner l’attention, le gouvernement a annoncé des reculs inadmissibles pour l’autonomie paysanne, via notamment la promotion des OGM et la poursuite d’un recours massif aux pesticides, et pour l’urgence écologique s’agissant par exemple de la fuite en avant sur la politique de l’eau ou de l’insuffisance de soutien et de reconnaissance des productrices et producteurs engagés dans la transition agroécologique et l’agriculture biologique.

Enfin, l’élevage a besoin de mesures structurelles fortes pour son maintien et sa valorisation. Le Premier ministre se contente d’annoncer une « législation sur la dénomination » de la viande de synthèse alors qu’il faut l’interdire.

Nous restons mobilisés pour arracher un droit au revenu afin de maintenir des fermes et des paysannes et paysans nombreux et rémunérés.

Contacts :

  • –  Laurence Marandola, porte-parole nationale : 06 31 66 10 83
  • –  Véronique Marchesseau, secrétaire générale : 06 98 53 76 46
  • –  Caroline Nugues, chargée de communication : 06 95 29 80 78
    contact@confederationpaysanne.fr       www.confederationpaysanne.fr

Le Solaire Direct 1/2 artisanat et outillage

16 janvier 2024,

Dans le monde dégradé qui se dessine, avec moins de ressources et moins de mondialisation, avec une incontournable décroissance de nos possibilités, l’avenir est aux solutions les plus simples, aux technologies appropriées et joyeuses.

Le problème actuel de la mobilité électrique, de l’équipement électrique portable, ce sont les batteries. On ne sait pas encore faire de batteries qui ne soient pas extrêmement couteuses en énergie, en ressources, en destructions environnementales et sociales. Taper “enfants Coltan” dans un moteur de recherche pour comprendre le problème.


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50 ans du Sauvage: le numéro 6 de Sept/Oct 1973 : la bagnole

23 décembre 2023,

C’est un grand cru du Sauvage: un numéro entièrement consacré à la voiture.

Replongeons nous dans le contexte de 1973. Le pétrole coule à flots, et à bas coût. En France, une urbanisation galopante se déploie autour des “besoins” de l’automobile, qui est alors considérée comme le principal vecteur du développement économique et de la liberté. Les constructeurs envisagent une croissance gigantesque et investissent des sommes folles vers une automatisation de la production.  Des autoroutes sont en chantier partout, et enrichissent un secteur économique très proche des milieux politiques.

La pollution est désormais omniprésente, particulièrement dans les grandes villes.  Les moteurs ne sont pas optimisés et consomment des quantités énormes, les échappements sont sans filtre, les carburants contiennent des additifs très toxiques comme le plomb (essence) ou le soufre (diesel). A Tokyo, cela fait déjà 6 ans que l’on installe des distributeurs d’oxygène dans les rues les plus polluées.

Les écologistes ne cessent de mettre en garde contre les méfaits de la pollution de l’air, mais aussi contre le “tout-automobile”, qui détruit les paysages et les vieux quartiers, qui paralyse les centres urbains.  Alain Hervé, rédacteur en chef du Sauvage, va titrer ce sixième numéro “Faut-il fermer Renault ? “, un titre provocateur qui va attirer de nouveaux lecteurs vers le Sauvage. Au delà de la dénonciation de la pollution, ce numéro porte l’attention sur l’emprise mentale de la bagnole, sur les conséquences politiques et sociales de la l’automobilisation du monde.

Le premier grand article est signé d’André Gorz (sous le pseudo Michel Bosquet) et donne le ton. “Mettez du socialisme dans votre moteur !”. Cet article, magnifiquement illustré par Daniel Maja, est toujours abondamment cité partout dans le monde, sous le titre “L’idéologie sociale de la bagnole“. Les éditions Dixit.net viennent même de le republier cette année 2023 en petit livret. Suivent six autres grands articles consacrés à la voiture et aux transports en commun.

Le Sauvage donne ensuite la parole à Ivan Illich, qui promeut l’autonomisation et la responsabilisation des sociétés face à la technologie et à l’industrie. Suivent des articles sur le solaire et le nucléaire, déjà enjeux politiques et économiques majeurs.

On trouve aussi des témoignages de vie, un reportage sur la pollution au mercure au Japon, et, comme souvent dans Le Sauvage, des articles sur la consommation et l’alimentation.  Avec ce sixième numéro, Le Sauvage atteint une qualité et diversité qui construit peu à peu sa notoriété dans le champ citoyen, et va permettre la mise en place de candidatures écologistes à toutes les prochaines élections.

Téléchargez Le Sauvage n°6 Septembre Octobre 1973.

(PDF , fichier de 136 Mo)

Entrevue avec Pierre Lieutaghi en 1975

24 novembre 2023,

Entrevue avec Pierre Lieutaghi, par Alain Hervé, publiée sur 10 pages dans le numéro 20 du Sauvage d’avril 1975.

Hommage illustré par Daniel Maja. Une partie des dessins qui l’illustrent ont paru dans le livre: Le petit Thoreau illustré aux éditions du Ruisseau (2021)

(Vous pouvez agrandir les images en cliquant dessus)

 

CONVERSATION AVEC UN BOTANISTE

Pierre Lieutaghi, faisons connaissance, qui êtes-vous ?

J’ai trente-cinq ans, je vis ici en haute Provence depuis neuf ans. A Paris, où j’habitais auparavant, j’avais fait des ateliers d’art. J’étais peintre. Je suis né en Bretagne, j’y ai vécu quinze ans. Je suis Breton par ma mère, Chinois par mon père. J’ai pris goût à la nature là-bas, grâce sans doute à une tendance native et à des rencontres, des instituteurs qui mettaient déjà l’accent sur les problèmes de la protection-pollution de la nature. J’ai eu un prof à Quimper qui s’appelait Michel-Hervé Julien. Il a lancé l’idée des parcs nationaux en France. Il était à l’époque professeur de musique et se passionnait pour la protection de la nature. Alors que le professeur de sciences naturelles ne s’intéressait pas tellement à ces questions. Lui, le prof de musique, nous emmenait faire des promenades au bord de la mer, le dimanche, et nous apprenait à baguer les oiseaux. Il était ornithologue amateur. Plus tard, il est entré au Muséum de Paris. Il est mort beaucoup trop tôt, malheureusement.

Comment naît votre intérêt pour les plantes ?

Je m’y suis intéressé après les oiseaux. Vers 1960, j’ai eu un coup de foudre, sans doute à cause d’un problème de santé. Je croyais que je ne pourrais plus courir la campagne et j’ai pensé que les plantes seraient plus accessibles. C’est venu assez brutalement. J’ai acheté une flore de Bonnier, j’avais vingt et un ans. J’ai passé tout mon été en Bretagne à étudier les plantes, puis j’ai monté un petit herbier. Ça a commencé comme ça. Je me suis mis à faire de la botanique en amateur et, à côté de cela, je faisais de la peinture. A l’époque, je faisais autant de botanique que de peinture. Dès que j’étais à la campagne, je ramassais des plantes. En même temps, je lisais des bouquins sur l’écologie. En fait, l’écologie a récupéré tous ceux qui s’occupaient de sciences naturelles, Les gens qui étaient botanistes ont fait de l’écologie végétale, les zoologistes se sont mis à faire de l’écologie animale, Ils s’appelaient naturalistes, maintenant ils se donnent le nom d’écologistes ; c’est un terme plus vaste qui englobe davantage d’éléments, et qui pose mieux son spécialiste. Et puis je me suis intéressé aussi aux plantes médicinales.


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