21 septembre 2011,

“Culture et écologie”, car les écologistes ne sont pas des obscurantistes.

LE SAUVAGE N0 9 JANVIER 1974

LE SAUVAGE N0 9
JANVIER 1974

Voilà maintenant treize ans que le Sauvage reparaît sur Internet. Près de deux mille articles sont désormais disponibles, dans lesquels vous trouverez une réflexion écologique fondamentale commencée en 1973 . 50 ans après la création du journal, et au moment où le bouleversement climatique que nous avons créé nous amène au bord du gouffre, il nous apparait nécessaire de montrer une vision radicale de l’écologie, basée sur une transformation urgente et profonde de la société.

Bouleversement climatique: un débat de Barrau et Gemenne avec Béchu et le MEDEF

6 septembre 2022,

Il y a quelques jours, Aurélien Barrau, astrophysicien, directeur du Centre de physique théorique Grenoble-Alpes, Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia, François Gemenne, membre du GIEC, directeur de The Hugo Observator et Thierry Martel, directeur général de Groupama débattaient devant un parterre de patrons pour la grand-messe annuelle du MEDEF.

On peut y voir le fossé entre ceux qui ont compris que le changement de paradigme est inévitable, choisi ou forcé, et ceux qui croient encore que le système n’a pas besoin d’être réformé. La tête que font certains patrons est impayable. Gemenne y est excellent, et Barrau très pointu comme à son habitude.

[ On peut aisément voir cette vidéo en vitesse 1.5 (petite roue dentée en bas à droite)]

L’électricité et le changement climatique

3 septembre 2022,

Regardons avec l’actualité comment le bouleversement climatique impacte la production, la distribution et la consommation d’électricité.

Rationnement d’électricité, en raison de la sécheresse sur le Yangtsé, à Chongqing, ville chinoise de 33 millions d’habitants, août 2022

La production est impactée par le réchauffement global

Quels sont les modes de production d’électricité les plus résilients ?

La production hydro-électrique est impactée par le manque de pluie qui limite le remplissage des barrages: depuis cet été, la Norvège, qui exportait son électricité hydro-électrique vers l’Europe depuis des décennies, doit limiter ses exportations en raison de la sécheresse.  Sur tous les continents, des centrales hydro-électriques sont arrêtées ou à faible puissance. [ ici en Chine , 25 août 2022]

La production hydro-électrique est perturbée par le réchauffement en altitude, qui limite l’enneigement des montagnes en hiver, donc le stockage en glaciers, et donc la distribution lente d’eau aux périodes plus chaudes. Les modèles climatiques prévoient la quasi disparition des glaciers d’ici la fin du siècle. En anticipation des sécheresses, il est probable que la gestion annuelle des eaux de barrage privilégie les stockages pour l’alimentation des populations, et pour l’agriculture, mais relègue au second plan l’utilisation pour l’électricité. En Europe, les Alpes sont de plus en plus soumises à cet aléa. C’est par exemple le cas en 2022 sur le bassin qui alimente la région marseillaise, avec une réduction de 60% de la production électrique.


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Hugues

2 août 2022,

Hugues Stoeckel nous a quittés. C’était un prof de maths de profession et un écolo de la première heure. Une belle personne.

Nous avons signalé en 2012 la parution de son livre “La faim du monde. L’humanité au bord d’une famine globale

Nous avions conclu par cette citation de Hans Jonas  :

« La prophétie de malheur est faite pour éviter qu’elle se réalise; et se gausser ultérieurement d’éventuels sonneurs d’alarme, en leur rappelant que le pire ne s’est pas réalisé, serait le comble de l’injustice : il se peut que leur impair soit leur mérite. »

Le Sauvage

Earth Overshoot Day 2022

28 juillet 2022,

Depuis 2014, le Sauvage vous signale chaque année la date du jour du dépassement des ressources de la planète (http://www.lesauvage.org/2014/08/overshoot/). C’est l’Earth Overshoot Day calculé par le Global Footprint Network, cette institution d’origine universitaire à l’origine de la notion d’empreinte écologique. Cette année le jour du dépassement est le 28 juillet, nous n’aurions perdu qu’un jour depuis l’an dernier…

Incendies des résineux: les préconisations de Charles Flahault en 1924

20 juillet 2022,

Les incendies de résineux accompagnent l’histoire de l’humanité. C’est grâce à des torches de pin que l’on a pu peindre Lascaux ou Chauvet. Les essences volatiles des pins, sapins et de tout résineux, les terpènes, se vaporisent autour des arbres dès la trentaine de degrés.

Vers 40°, une simple étincelle et l’arbre devient une torchère. A l’exception des feux volontaires des tropiques, Amazonie, Afrique ou Indonésie, tous les grands incendies et méga-feux que l’on observe dans le monde entier, de la Californie, la Méditerranée jusqu’à la Sibérie,  sont des incendies de résineux. Il y a aussi des incendies d’eucalyptus comme en Australie. Les eucalyptus dégagent également des essences volatiles.

 

La photo-symbole de la préoccupation pour le climat: Etats-Uniens continuant à golfer devant les incendies majeurs de septembre 2017 à Beacon Rock Golf Course dans l’état de Washington. Il y en a quand même deux au fond à gauche qui regardent le désastre, mais il n’ont pas encore assez de présence d’esprit pour aller voir s’ils peuvent être utile à quelque chose.

 


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Quand la réalité dépasse les prévisions du GIEC

17 juin 2022,

En 2014, Evelyne Dhéliat présentait la météo du 18 août 2050 à partir des calculs de Météo France. Pour 2022, nous ne savons pas encore ce que seront les températures du 18 août mais celles du 17 juin semblent dépasser les prévisions les plus pessimistes.

Protéger la nature ?

1 juin 2022,

Dans les quelques lignes qui suivent, j’ai l’agréable tâche de vous inciter à acheter le livre dont vous voyez la couverture ci-contre. C’est le livre d’un écologue qui est aussi écologiste (oui, il y en a !).
Dans le genre non-fiction, il y a pour moi deux catégories principales de livres à conseiller : ceux qui sont construits autour d’une ou deux idées nouvelles, dont on aurait plutôt envie de se débarrasser après lecture, et ceux qui contiennent toute une vie, que l’on range dans sa bibliothèque. Dans la deuxième catégorie je pense au livre des Bourguignon ou au dernier de Philippe Lebreton (Le futur a-t-il un avenir ?).
Le livre de Pierre Grillet est clairement à ranger dans cette deuxième catégorie ; c’est tout ce que vous n’avez jamais eu le courage ou le temps de savoir sur la protection de la nature au cours des dernières décennies et même avant. On commence enfin à parler dans les médias de la biodiversité, vous croyez que la biodiversité c’est bien mais vous ne savez pas vraiment de quoi il en retourne, alors lisez ce livre. Ne me cherchez pas querelle sur l’expression protection de la nature, nous les lectrices et lecteurs du Sauvage savons qu’il est néfaste de séparer l’espèce humaine de son environnement. Avec les jeunes humain.es qui manifestent, nous sommes ou voudrions être la nature qui se défend.
La seule critique que je puisse faire au livre de Pierre Grillet et je l’ai communiquée à l’auteur, c’est le choix du titre : le capitalisme n’est pas seul en cause, le capitalisme n’est que le sous-ensemble d’un modèle de civilisation qui valorise le progrès, la compétition et la croissance aux dépens de la symbiose et de l’équilibre.
Quoiqu’il en soit, ne manquez pas une riche source de documentation (350 pages denses), un livre érudit mais facile à lire, qu’on remet sur l’étagère pour le reprendre à tête reposée. Vous pouvez le commander chez votre libraire pour 19€.

Faim

23 mai 2022,

Les Amis de la Terre des Landes vous offrent la traduction d’un article du Guardian signé par Georges Monbiot : En 2008 c’étaient les banques, aujourd’hui c’est le système alimentaire mondial qui menace de s’effondrer.

Les géants du secteur alimentaire ont trop de pouvoir – et les régulateurs comprennent à peine ce qui se passe. Ça ne vous rappelle rien ?

Ces dernières années les scientifiques n’arrêtent pas d’alerter, mais les gouvernements refusent d’écouter leur avertissement : le système alimentaire mondial ressemble de plus en plus au système financier mondial juste avant 2008.

L’effondrement du système financier a eu des conséquences dévastatrices pour les conditions de vie de milliards d’humains, mais on n’ose imaginer ce que seraient les conséquences de l’effondrement du système alimentaire mondial. Pourtant, les preuves s’accumulent rapidement comme quoi la machine est en train de se gripper. La flambée actuelle des prix alimentaires n’est que le dernier signal de cette instabilité systémique.

Pour beaucoup de gens, la crise alimentaire est le résultat combiné de la pandémie et de l’invasion de l’Ukraine. Certes ce sont des facteurs à ne pas négliger, mais ils ne font qu’aggraver un problème sous-jacent. Pendant des années la faim semblait appelée à disparaître. Le nombre de personnes sous-alimentées passait de 811 millions en 2005 à 607 millions en 2014. Mais en 2015 la tendance a commencé à s’inverser. Depuis, la faim n’a cessé d’augmenter : on est passé à 650 millions d’humains souffrant de la faim en 2019, puis à 811 millions en 2020. Cette année va probablement être bien pire.

Mais le plus inquiétant, c’est que cette augmentation de la faim s’est produite alors que nous sommes dans une période de très grande abondance. Depuis plus d’un demi-siècle, la production alimentaire mondiale augmente régulièrement, dépassant largement la croissance démographique. L’an dernier, la récolte mondiale de blé n’a jamais été aussi élevée. Chose encore plus troublante, le nombre de personnes sous-alimentées a commencé à augmenter, alors même que les prix mondiaux des denrées alimentaires commençaient à baisser. En 2014, alors que le nombre de personnes souffrant de la faim était au plus bas niveau historique, l’indice mondial des prix alimentaires s’élevait à 115 points. En 2015, il était tombé à 93 et ​​est resté inférieur à 100 jusqu’en 2021.

La suite ici.

1972, la préfiguration du Sauvage

19 mai 2022,

LA DERNIÈRE CHANCE DE LA TERRE

C’est il y a cinquante ans, en juin 1972, que le Nouvel Observateur publie un magazine Hors Série, “Spécial Écologie”, titré “LA DERNIÈRE CHANCE DE LA TERRE”. Cette publication est inspirée par les conclusions inquiétantes du Rapport Meadows, qui font grand bruit dans le monde industrialisé.

Ce rapport “The Limits to Growth”  a été commandé au MIT en 1970 par le Club de Rome, un cercle de scientifiques et d’industriels préoccupés par la finitude des ressources et la démographie. Les conclusions des chercheurs en Dynamique des Systèmes du MIT, présentées à la presse en mars 1972, sont édifiantes: elles prévoient un effondrement des ressources industrielles vers les années 2020, si le modèle de croissance économique se poursuit.

Bien que l’industrie et le commerce cherchent encore à le masquer, nous sommes entrés dans cet effondrement qui voit le prix des ressources exploser en raison de leur difficulté d’extraction et de production, un effondrement accentué par le bouleversement du climat.

Ce numéro spécial du Nouvel Obs publie quelques extraits du rapport Meadows, qui nous sont aujourd’hui familiers. Il y est clairement établi que nous n’avons que de choix qu’entre une décroissance choisie et une décroissance subie, une évidence, que, cinquante ans plus tard, hélas, la quasi-totalité de la population mondiale n’arrive toujours pas à comprendre et à admettre.


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