Archive pour la catégorie ‘Feuilleton de l’été’

Aventures en permaculture – 11, LES FIGUIERS

13 septembre 2012,

par Ghislain Nicaise

11- Les figuiers (La Gazette des Jardins n° 92, Juillet-Août 2010)

Des figuiers pour tenir le talus, et pour se régaler

La maison-base de mes tentatives de permaculture à La Penne a été construite par le précédent propriétaire avec d’importantes excavations et le terrain plat qui prolonge la terrasse est principalement composé de remblai. Le chemin d’accès à la maison est ainsi surplombé par un talus dont la pente, qui me semble trop raide, aurait besoin d’un soutien. J’ai parié que les racines de figuiers pourraient remplir cette fonction (Fig. 1), pourvu qu’il n’y ait pas d’inondation exceptionnelle avant qu’elles n’aient pu se développer suffisamment. Bien entendu les figuiers portent aussi la promesse de figues, celles que les oiseaux et les guêpes nous laissent.

Fig. 1. Jeune plant de figuier Dalmatie, dont les racines devraient un jour aider à maintenir la pente du talus. De jeunes plants de courges issus du compost sont en train de pousser à son pied.

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Aventures en permaculture -10, L’EAU

7 septembre 2012,

par Ghislain Nicaise

10- L’eau (La Gazette des Jardins n° 91, Mai-Juin 2010)

Leau, ce n’est pas seulement ce qui coule au bout du tuyau d’arrosage, c’est une des composantes principales de l’écosystème. Dans un désert sans eau il n’y a pas de plantes, donc pas de vie ou si peu qu’elle ne se voit pas avec notre vision macroscopique. Il n’y a pas d’humus donc pas de terre cultivable. L’eau est une préoccupation centrale pour la plupart des jardiniers (1) mais pour un permaculteur, c’est plus que cela. Le permaculteur endurci aurait d’ailleurs tendance à beaucoup moins arroser que le jardinier lambda, mais il accorde une grande importance aux plans d’eau, à la gestion de l’eau dans le temps, pour l’agriculture, la pisciculture, comme pour la consommation humaine directe. J’ai quelque part le projet d’un barrage pour bénéficier de la biodiversité et de l’effet climatique d’une mare mais ce projet doit attendre, il n’est peut-être même pas faisable.

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Aventures en permaculture -9, LE JARDIN-FORÊT 2

4 septembre 2012,

par Ghislain Nicaise

9- Le jardin-forêt à Nice (La Gazette des Jardins n° 90, Mars-Avril 2010)

A la réflexion, je me suis rendu compte que le petit jardin que je veux abandonner à Nice pour mes essais de permaculture montagnarde est en fait presque un jardin-forêt (Fig. 1).

Fig. 1. Le jardin-forêt de Nice, avec des héliotropes au premier plan (odeur de compote de cerises…)

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Aventures en permaculture -8, LE JARDIN-FORÊT

1 septembre 2012,

par Ghislain Nicaise

8-Le jardin-forêt dans les livres (d’après La Gazette des Jardins n° 90, Mars-Avril 2010)

Dans les épisodes précédents j’ai parfois cité un ou deux livres, par manie de vieux prof au moins autant que par égard pour les lectrices et lecteurs, mais j’ai surtout raconté mes expériences vécues dans la moyenne montagne des Alpes maritimes. Cette fois je vais rapporter une aventure partie d’un livre, qui m’a permis un autre regard sur mon jardin de Nice (jardin qui sera décrit dans le prochain épisode). Sur des sites de permaculture, j’avais lu des louanges du jardin-forêt de Robert Hart et après quelques mois de réflexion, j’ai acheté d’un coup, par l’intermédiaire d’internet, cinq livres sur le sujet. Un d’entre eux était  plein de photos alléchantes sur un jardin-forêt luxuriant plutôt sub-tropical, je l’ai offert à mon ami mentonnais qui peut espérer cultiver au moins une partie des espèces qui s’épanouissent dans ce jardin de rêve. Un autre était trop spécialisé sur l’Amérique du Nord à mon goût. Les deux qui m’ont semblé les plus intéressants pour qui jardine en Europe sont un ouvrage de Robert Hart lui-même (1) et un plus riche et plus pratique de Patrick Whitefield (2).

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Aventures en permaculture -7, LA MYRTILLE

30 août 2012,

par Ghislain Nicaise

7- La Myrtille (La Gazette des Jardins n° 89, Janvier-Février 2010)

Au cours des épisodes 4 et 5 nous avons vu avec la ronce et le framboisier la production de “petits fruits”, ressource intermédiaire entre les arbres fruitiers permanents et les produits annuels du potager. La culture de la ronce sauvage naturellement présente sur le terrain est par excellence de la permaculture, mais dans le coeur de l’aspirant permaculteur qui écrit ces lignes (ou plus prosaïquement dans son cerveau) sommeille un jardinier éco-irresponsable réprimé. Les permacultrices et permaculteurs authentiques peuvent détourner leurs regards de cet épisode.

Que celle ou celui qui n’a jamais cédé à un achat impulsif dans une jardinerie me jette la première pierre. L’hiver dernier, prospectant pour l’achat de kiwis, je suis tombé en arrêt devant une série de plants de myrtilles dans de petits pots carrés. La rareté du calcium dans mon terrain de montagne m’incite à réaliser un vieux rêve. Rêve auparavant inaccessible car le sol était trop calcaire dans mon jardin de Nice. Je vais pouvoir essayer les myrtilles, en pleine terre cette fois, mes anciens essais en pot avaient échoué de façon mémorable.

Fig. 1. Plant de myrtillier de la variété Bluecrop, dans son pot de stockage, à côté de son pot carré d’origine. Les corymbes sont chargées de fruits encore verts (en juin).

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Aventures en permaculture -6, LE FEU

25 août 2012,

par Ghislain Nicaise

6- Le Feu (La Gazette des Jardins n° 88, Novembre-Décembre 2009)

Il y a le bon feu de bois pour chauffer la maison en hiver et cuire les aliments, et le mauvais feu dehors en été, qui détruit la forêt et qu’il faut prévenir. Les deux m’ont occupé assez longtemps pour que je leur consacre une rubrique.

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Aventures en permaculture -5, RUBUS : LA SUITE

21 août 2012,

par Ghislain Nicaise

5- Rubus : la suite (La Gazette des Jardins n° 87, Septembre-Octobre 2009)

Les lectrices et lecteurs fidèles qui ont encore en mémoire l’épisode précédent sur la taille des ronces méritent un suivi. D’abord les premières ramifications qui se sont formées à partir de certaines pousses d’un an raccourcies portent des fruits dont on peut déplorer qu’ils ne portent que quelques grains. Ce n’est pas une particularité de ces plants car les ramifications les plus basses portent des fruits normaux. Mon interprétation est qu’un excès de vigueur a résulté d’une taille trop sévère et que ces fleurs se sont épanouies trop tôt, avant que les insectes pollinisateurs n’aient eu la diligence de les féconder. Les ronces sont de toute évidence des plantes entomophiles, en clair dont les fleurs apparentes ont été sélectionnées par l’évolution pour attirer les insectes. Une seconde différence remarquable, moins gênante, est que plusieurs pousses de l’année 2009 sont tellement vigoureuses qu’elles sont déjà ramifiées : j’y vois une conséquence de mes opérations de nettoyage, ou d’un printemps chaud et pluvieux, ou des deux à la fois. Si je veux continuer mes tailles l’hiver prochain, il faudra que je fasse plus attention à la couleur des tiges et moins à leur ramification. (suite…)

Aventures en permaculture -4, LA RONCE

18 août 2012,

par Ghislain Nicaise

4- La ronce (La Gazette des Jardins n° 86, Juillet-Août 2009)

Entre les arbres fruitiers permanents et les produits annuels du potager, il y a un moyen terme, ce que les livres de jardinage appellent parfois “les petits fruits”, produits par des arbustes ou des lianes. Pour moi ils présentent plusieurs avantages : un trou de plantation plus réduit, moins de compost,  une production dans les deux ou trois ans à venir.

Une espèce arbustive présente sur notre terrain, avant d’y avoir planté quoi que ce soit, donne déjà des petits fruits : c’est la ronce, Rubus fruticosus (Fig. 1. Les mûres de la ronce, aquarelle de Vincent Jeannerot). Certaines publications parlent de mûrier (1) mais je crois qu’il vaut mieux réserver ce terme à l’arbre dont les fruits sont aussi appelés des mûres, d’aspect plus ou moins similaire au fruit de la ronce. Les mûriers appartiennent à la famille du figuier (les Moracées). Ils n’ont rien à voir avec les ronces qui sont de la famille de l’églantine et du pommier (les Rosacées) et qui en ont les belles fleurs toutes simples. J’ai aussi le projet de planter un jour des mûriers-arbres sur le terrain mais ce n’est pas l’objet de cet épisode.

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Aventures en permaculture -3, LA PLANTATION

15 août 2012,

par Ghislain Nicaise

3- La plantation (La Gazette des Jardins n° 85, Mai-Juin 2009)

Il me faut planter des arbres avant de m’occuper des plantes annuelles. Les arbres mettront du temps à pousser et j’aimerais qu’ils portent leurs fruits de mon vivant.  Pour planter des arbres, il faut faire des trous, assez grands.

Je me suis fixé le chiffre d’1m3, parce que c’est un chiffre rond et simple que j’ai le souvenir d’avoir lu quelque part, et que c’est déjà beaucoup. Si l’on compte un litre de terre par pelletée et parfois elles font bien moins, cela fait mille pelletées, impressionnant non ? Pourquoi un si grand trou alors ? Il semblerait que l’on puisse se contenter d’un trou légèrement plus grand que la motte de départ si l’on dépote, ou suffisant pour contenir le chevelu de racines si l’on plante à racines nues. Si grand que soit le trou, il est clair que si l’arbre atteint son plein développement, de toutes façons, le développement racinaire dépassera le trou initial : on considère généralement que le développement d’un arbre sous le sol est au moins équivalent à ses parties aériennes.

Fig. 1. Une tranchée destinée à recevoir des noisetiers, en cours de remplissage, sur la droite à côté de la brouette, un tas de racines de chiendent. (suite…)