Archive pour la catégorie ‘Nous avons lu’

« Stèles », pour ceux qui mangèrent leurs enfants morts

15 janvier 2013,

par Alain Hervé

Ce Stèles n’a que peu à voir avec celui que Victor Ségalen nous a laissé. Que l’on croit avoir oublié. Qui mouronne en nous comme des braises jamais éteintes.

Le Stèles de Yang Jisheng est une patiente entreprise (625 pages) de rectification de l’histoire, et d’effondrement du mythe de Mao Tse Toung. Le sous titre de l’ouvrage explique à qui ces stèles sont élevées. Aux victimes de la grande famine en Chine (1958-1961).

Que faisiez-vous en ces années ? Souvenez-vous. Mais si, vous étiez partis en vacances en (suite…)

La ZAD ne se raconte pas…

13 janvier 2013,

A lire sur ce site. Contrairement à ce que le titre suggère, la ZAD de Notre-Dame des Landes est entrée en littérature…

Insectopedia Hugh Raffles

1 janvier 2013,

par Alain Richert

Comme son nom l’indique, ce n’est pas une encyclopédie. Tout entomologiste sait que c’est impossible. Hugh Raffles est ethnologue, excellent écrivain, ce qui est rare chez les scientifiques, avec un fort penchant pour les peuples d’Amazonie.

Il raconte en 26 petits essais qui font à peu près le tour de la planète, les rapports, bilatéraux bien entendu, que nous entretenons avec les insectes :

la manière dont ces animaux s’installent dans notre vie quotidienne, et  toutes les modifications sociales qui en résultent.

Chaque essai se développe autour de rencontres avec des personnages à la passion contagieuse. La meilleure manière de commencer à s’intéresser à ces bêtes qu’on écrase.

Insectopedia   Hugh Raffles publié en  2011     chez  Vintage.

A “miraculous book … as inventive and wide ranging and full of astonishing surprises as the vast insect world itself.”
Katherine Bouton – The New York Times, Science Times

A pied avec Paccalet

25 décembre 2012,

par Christophe Chelten

Partir à pied en montagne est un bonheur réservé à ceux qui ne craignent pas de se secouer les mollets. (suite…)

Relecture d’Orlando, Virginia Woolf

18 décembre 2012,

Relecture par Alain Hervé

Le "livre plastic" édité à Bruxelles en 1949

J’ai lu Orlando pour la première fois, je devais avoir 16 ou 17 ans Je l’avais trouvé au Monoprix des Galeries Lafayette rue Caumartin pour un prix très faible. C’étaient les premiers livres de poche en France. Années 49, 50. Je l’ai lu avec passion à cause de son ton romantique, qui pour Virginia Woolf n’était qu’un jeu littéraire, un pastiche de roman d’aventure et sentimental. Je l’ai pris au premier degré. Le sabrage de la tête de Maure, la vieille sous la glace au fond de la Tamise, l’immense château de Knole (qui existe en fait dans le Kent, et qui était la demeure de Vita Sackville West, l’amie de Virginia Woolf),   les amours avec Sacha, l’écriture du poème « le Chêne »… Puis l’invocation de « la Vérité, la Vertu, etc… » enfin ce changement de sexe  qui (suite…)

L’ivre de mer

9 décembre 2012,

Enivrez vous du dernier l’ivre d’Yvon Le Corre titré L’IVRE DE MER. Ce texte illustré par l’auteur me fait penser à la glissade d’un voilier descendant vers le creux d’une longue houle dans l’alizé.

On file vers une félicité ou un désastre, jusqu’à ce qu’on remonte vers le ciel. Il faut avoir navigué en Atlantique pour lire Yvon. Avec lui on vit aussi la Girl Joyce son voilier datant de 1855, étrave droite, gréement aurique, cordages en chanvre, la jouissance du vent dans la joue de la voile.

Yvon est un insoumis de naissance, un irréductible, un extrémiste du savoir vivre, du savoir écrire, du savoir dessiner,  du savoir composer soi-même son livre avec des caractères de plomb. Yvon a formé toute une génération de navigateurs-dessinateurs dont Titouan Lamazou.

So dernier livre ne se lit pas, il se mange par tous les bouts. On se souvient de la stupéfaction éditoriale que fut « Heureux qui comme Iris », dessin, écriture, typo, aplats de couleur de mer, d’algues, d’infini.

Le livre s’achète auprès de l’auteur en téléphonant au 029692926..

Alain Hervé

Harrison: les Jeux de la nuit

24 novembre 2012,

J’ai un ami qui dit n’avoir jamais lu un seul roman et qui affecte de ne lire que de la

D.R.

philosophie : Julien l’Apostat et Saint Augustin sont ces jours-ci ses voisins de palier.

Je viens de lire le dernier volume de Jim Harrisson : The farmer’s daughter, Les Jeux de la nuit en Français (Flammarion) Trois nouvelles écrites de trois plumes différentes. Saluons Brice Matthieussent pour la traduction.

Une plongée dans la vie brute d’hommes jetés dans le torrent de l’état d’être. Sexe, chasse, alcool, grands espaces sauvages, feux de bois, lecture des Métamorphoses d’Ovide et The Last word in lonesome is me chanté par Patsy Cline. La philosophie ne tient pas la route à coté de cette avalanche de mots saignants, chauds. Harrisson est un inspiré ou plutôt un exprimé. Il rugit dans le noir. C’est un écolo alcoolo. C’est un penseur vivant. Il a 75 ans il vit dans la brousse quelque part dans le Michigan. (suite…)

“Ainsi va la vie”… de traviole

15 novembre 2012,

par Alain Hervé

André Langaney fréquente l’été les îles Chausey, au cœur des marées. C’est donc un homme estimable. En haut de la cale de débarquement, en attendant la vedette du courrier, on discute ferme du devenir de la planète. Ca ne l’inquiète pas trop. Il croit au progrès. Il croit au génie de l’homme.
A part cela André Langaney est un redoutable redresseur de torts. Il exprime ses griefs dans Siné Mensuel, dans le Courrier de Genève, ville où il enseigne. Langanay est  aussi anthropologue, généticien, éthologue et mieux encore un empêcheur de penser en rond. Jadis directeur du Musée de l’homme à Chaillot. Il en défendit le démantèlement en tenant une conférence de presse, nu. Nu comme l’homme.

Il est l’auteur du « Sauvage central » (1991), ce qui nous flattait, de «  l’Histoire naturelle de la sexualité » et de bien d’autres ouvrages définitifs ou provisoires.
C’est un coriace pugnace. Il en fait à nouveau la démonstration dans son dernier livre : « Ainsi va la vie » publié par le Sang de la Terre. (suite…)

Notre-Dame des Landes toujours

31 octobre 2012,

Une très belle lettre à François Hollande, publiée par Bastamag.

Lettre ouverte à Monsieur François Hollande, Président de la République,

De la part de Patrick Warin, ancien élève de l’ENA, Promotion Voltaire, ancien Directeur à la Caisse des Dépôts et Consignations, Professeur associé aux Universités, membre de Démocratie 2012.

Monsieur le Président, mon cher camarade, cher François,

J’ai décidé de vous adresser cette lettre, écrite ce matin du 30 octobre, alors qu’une nouvelle opération de police de grande envergure se déroule à quelques dizaines de kilomètres d’Angers, mon lieu de résidence, ville et région qui vous sont également familières.

(suite…)