On veut notre part du gâteau!

28 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Rarement la distance entre ceux qui gouvernent et ceux qui sont gouvernés n’a été aussi grande. « Dialogue de sourds » selon la formule. Les plus sourds étant ceux qui gouvernent. Convaincus de la légitimité de leur science fraichement acquise dans leurs écoles. En particulier à l’Ecole Nationale d’Administration. Le cas d’une mobilisation à partir d’un équipement de sécurité en cas d’accident automobile, n’ayant pas été prévu au programme.

Et voilà que s’exprime soudain par l’intermédiaire de nouvelles technologies, la revendication la plus vaste, la plus floue, la plus radicale: « on veut notre part du gâteau ».  Aussi la plus difficile à satisfaire car notre société n’est pas construite pour le partage mais pour la compétition. Autrement dit les plus défavorisés le sont pour n’avoir pas su monter sur la tête de leurs voisins. (Différentes utopies ont tenté d’apporter ou prétendu apporter des réponses. Elles ont toutes abouti à des résultats inverses. Voir le communisme.)

Tandis que dans leur olympe nos énarques continuent de chanter l’air des promesses, le peuple découvre sa capacité à s’exprimer sans limites sur un nouveau territoire vierge: Internet.

Qui va l’emporter: l’expression anarchique jaune ou l’autorité d’un gouvernement élu? Impossible à prévoir. Probablement un compromis bancal se mettra douloureusement en place.

Invoquer l’écologie à titre d’excuse et de nécessité absolue est particulièrement malhonnête et maladroit. Certes il va falloir abandonner les énergies fossiles dont le pétrole, mais on aurait pu le dire déjà lorsqu’on invitait tout un chacun à s’équiper en diésel.

A suivre.

 

Gilets jaunes suite et…

25 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Grand corps sans tête, les gilets n’ont de capacité de s’exprimer que par leur nombre. S’ils maigrissent, quelques agitateurs casseurs peuvent les parasiter. Ce fut le cas hier sur les Champs Elysées lorsque des nostalgiques de mai 68 arrachèrent trois pavés à titre symbolique et saccagèrent un chantier et des terrasses de restaurant pour jouer à faire une barricade. De quoi donner à manger aux centaines de caméras affamées d’images pittoresques ou dramatiques.

Les frais de remise en état après le spectacle seront réglés par le contribuable. C’est à dire les gilets jaunes.

Où l’on découvre la situation paradoxale de ce mouvement de protestation légitime. Menace colossale par le nombre mais impuissant s’il rencontre un pouvoir déterminé.

En l’occurrence, ledit pouvoir, plutôt que de réprimer la poignée de casseurs,  a laissé pourrir la situation pour que le discrédit atteigne tous les gilets jaunes. Journée de dupes.

Vendredi noir

23 novembre 2018,

Nous avons reçu cette annonce. Le Sauvage

Gilets jaunes et climat

20 novembre 2018,

par Christophe Chelten

Ne pas oublier que la voiture représente dans notre société, et depuis sa mise en circulation, un prodigieux instrument de liberté pour ses usagers.

Ne pas oublier qu’avec une voiture chacun de nous peut décider de partir au bout du monde. Même s’il ne s’en sert que pour aller acheter le pain à cinq cents mètres.

Ne pas oublier que chaque adolescent a rêvé de sa première voiture avant d’y accéder.
Ne pas oublier que la voiture est devenue un prolongement de notre corps, un nouveau membre. En limiter l’accès revient à créer un handicap ou une amputation.

Ne pas oublier que pour la majorité de ses utilisateurs l’usage de la voiture ne semble pas dépendre de l’énergie qu’elle utilise pour rouler.

Ne pas oublier que pour eux il n’existe aucune relation entre ce que relâche son pot d’échappement et le réchauffement climatique.

Venise réservoir de songes

17 novembre 2018,

Polichinelles et acrobates Giandomenico Tiepolo

par Alain Hervé

Comme si dans la quotidienneté grise de cet automne 2018 une porte s’ouvrait sur une autre vie. L’exposition intitulée « Eblouissante Venise« , qui se tient à Paris au Grand Palais jusqu’au 21 janvier 2019, témoigne d’un moment miraculeux de l’histoire humaine au XVIII ème siècle.

Car Venise, on s’en rend compte ici, est à soi seule un monde. Comment sur un socle de vases des hommes ont fait surgir la plus belle ville  que l’on puisse fantasmer. Comment ils l’ont rendue chaleureuse, brûlante, désirable, souveraine. Comment ils ont inventé des fêtes, carnavals, intrigues, joutes, régates, bals, concerts que l’Europe entière éblouie venait partager.

Non pas que la misère et la violence soient absentes à Venise
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