Agribashing

2 novembre 2019,

Nous avons lu cette tribune de François Veillerette sur le site de Reporterre

« Agribashing ». C’est le terme à la mode depuis plusieurs mois dans le monde agricole français. Cet anglicisme, qu’on pourrait traduire par « dénigrement » ou « lynchage médiatique » dont serait victime l’agriculture, est sur les lèvres de tous les représentants de la Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles (FNSEA, majoritaire), sa présidente, Christiane Lambert, en tête.

Générations futures publie une carte de vente des pesticides en France fondée sur des chiffres officiels ? Agribashing ! Les émissions Envoyé spécial ou Cash Investigation diffusent des programmes montrant les conséquences des pesticides ou sur le glyphosate ? Agribashing encore !
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Hommage à Alain-5

24 octobre 2019,

Hommage à Alain Hervé par Edwin Matthews

Il y a 50 ans, un matin de Septembre, assis à mon bureau à Paris, je reçois un coup de téléphone d’un Albatros hurleur qui revient d’un long voyage à la voile au paradis des Marquises. En fait, un journaliste.  Il s’appelait Alain Hervé. Et c’était le début d’une amitié pour la vie. Alain et moi avons parlé longuement, en particulier d’une association nouvellement créée, les Amis de la Terre, dont j’avais déposé les statuts deux mois plus tôt.  Par la suite, Alain a accepté de prendre la direction du nouveau-né et a animé avec dévouement et énergie tout le mouvement pour l’écologie en France.

Alain est rentré de son long voyage en mer profondément troublé par la direction prise par la société industrielle, une préoccupation que nous partagions.
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Hommage à Alain-4

22 octobre 2019,

L’invention du Sauvage

Par Alain Hervé

Le Sauvage, publié par le groupe du Nouvel Observateurde 1973 à 1981, fut pendant neuf ans le magazine écologique le plus diffusé en France avec une diffusion mensuelle avoisinant en moyenne les 45 000 exemplaires, dont près de 20 000 abonnés.

Tout avait commencé avec un numéro spécial du Nouvel Observateurpublié en juin 1972 et intitulé La dernière chance de la Terre. Y collaborèrent Théodore Monod, F.-O. Giesbert, Michel Bosquet alias André Gorz, Gilles Lapouge, Bernard Guetta, Edgar Morin et le Club de Rome. Ce ballon d’essai fut un succès avec près de 120 000 exemplaires vendus et décida Claude Perdriel, le patron du groupe, à tenter le magazine écologique mensuel que je lui proposais. Ce fut Le Sauvage.

Ce titre au parfum rousseauiste fut proposé par Victor Zigelman, le secrétaire de rédaction qui arrivait de France-Soir et qui observait depuis plusieurs jours nos discussions à la recherche d’un titre. Nous en étions à L’Œuf, lorsque Victor nous dit : « Ce matin, je me suis brossé les dents avec le dentifrice “au goût sauvage”, vous devriez appeler ce journal Le Sauvage».
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Hommage à Alain-3

21 octobre 2019,

Hommage à Alain par Daniel Maja

Chers amis,

Mon témoignage (je devrais dire notre témoignage d’Ewa et moi) portera sur deux thèmes, je vous rassure, très brefs.

Celui du dessinateur qui a publié dans « Le Sauvage » depuis le début et dans les « Sauvage » sous toutes les formes qui ont suivi.

Celui d’amis d’Alain, nous l’avons vu durant des décennies, des années Sauvage jusqu’à ses dernières journées de mai dernier.

Nous fûmes dans ses maisons de la presqu’île de Giens, Cap d’Ail, Menton, Grandville, Chausey, rue Jussieu, Quai des Grands-Augustins, de la Tournelle, rue d’Assas, rue vieille du Temple, du petit pont, j’en oublie, la péniche sur la Seine…car Alain déménageait sans cesse, ne restait dans la demeure qu’il avait transformée, rebâtie, que quelques mois, quelques années, rêvant de s’établir ailleurs.
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Hommage à Alain-2

20 octobre 2019,

Ce texte a été lu le 16 octobre 2019, en introduction de la réunion d’hommage à Alain Hervé.

 Chemin de paradis,

 par Pierre Lieutaghi

S’il est vrai qu’un arbre, plus particulièrement, s’accorde à notre personne profonde, ta passion pour les palmiers, Alain, enseigne beaucoup sur ce que tu fus : rigoureux avec propension à la nonchalance, passionné allant calme, et loin, dans l’approbation des lumières, l’attente des ombres — fier méditatif à la réserve de prince. Si tu avais porté un blason, ç’aurait été : d’azur à phénix d’or.

Tu écris : « J’aime le désordre, je milite pour le désordre qui est l’ordre caché de la nature ». Les palmiers sont cet ordre à eux seuls ; ils contredisent ce qu’on prend pour de la confusion, réalisent l’accomplissement de présence, et d’ambivalence : à la fois herbe et arbre, souplesse et rigidité. À moitié faits de lumière ciselée, ils attestent l’habileté du jour. Tu as passé ta vie à célébrer ce jour tremblant, ses éclats, l’ombre où l’on vient méditer la lumière.

Tu as tant aimé les plantes distantes de nos soucis, impassibles mais tellement imbriquées à l’œuvre de vie qu’il en résulte ce monde où une conscience les trouve belles. Et l’art, lumière humaine d’aube. D’Arezzo, où « tout n’est que rêve », où tu remarques encore une palme, tu rapportes ce que nul critique n’a su voir chez Piero della Francesca : un silence « comme si le temps d’un instant le plan de Dieu pour le monde et ses créatures devenait soudain visible ».

On s’était rencontrés à Paris, un jour terne où passaient des mots clairs,
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