Deux styles

13 juillet 2018,

Par Charles Ribaut
Ce qui nous est ressorti de la visite d’Emmanuel Macron au Vatican est une assez longue déclaration de notre président et une courte apostrophe de Jorge Bergoglio plus connu sous le nom de pape François.
Emmanuel Macron commence par exprimer sa préoccupation que le mondial du foot ne lui dispute la vedette dans les media, puis son embarras à concilier laïcité, concept rendu sensible par l’histoire récente, et les liens anciens de la France avec l’église catholique.
Et c’est pourquoi, je crois très profondément que ce lien particulier qu’a la France avec l’Eglise catholique est compatible, y compris la cérémonie que nous venons de vivre, avec la séparation de l’Eglise et de l’Etat.
Cela va certainement mieux en le disant mais j’ai abrégé car il lui a fallu 1076 mots pour en tirer toute la substance.
Bon, il n’y a pas de honte à marcher dans les pas d’Henri IV
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Lieutaghi : arbres et changement climatique

11 juillet 2018,

Dans Reporterre, en date du 10 juillet 2018 un entretien avec Pierre Lieutaghi, sous le titre : Le changement climatique va bouleverser les paysages méditerranéens

Les paysages des régions méditerranéennes vont considérablement changer dans l’avenir sous l’effet des changements climatiques. Peut-on imaginer à quoi ils ressembleront ? Sommes-nous en mesure de limiter ces transformations ? Peut-on appeler la « nature » à la rescousse ? L’ethnobotaniste Pierre Lieutaghi (1) partage ses enseignements et réflexions.

Reporterre — Vous avez réédité votre ouvrage « Une ethnobotanique méditerranéenne ». Dans la préface, vous expliquez que les modifications des conditions climatiques vous y ont poussé. Pourquoi ?
Pierre Lieutaghi — En dix ans, les contingences environnementales ont tellement changé qu’il fallait aussi revoir ce qui avait été écrit, et traiter de nouvelles questions. Les milieux méditerranéens n’ont pas encore changé de façon visible, mais les hypothèses sur leur devenir sont à réviser au regard de ce qu’on sait du changement climatique. Par exemple, les prévisions de l’INRA [l’Institut national de la recherche agronomique], revues récemment, montrent qu’à l’horizon 2100, les conditions propres à la croissance du chêne vert auront disparu en basse région méditerranéenne. Or, c’est l’arbre emblématique du climat méditerranéen, en tout cas celui de la France. De gros bouleversements sont annoncés. Ce qu’on sait : la physionomie de la végétation méditerranéenne va changer complètement alors qu’elle est restée plus ou moins stable pendant 5.000 ans
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L’écologiste n°52

7 juillet 2018,

L’Ecologiste. Trimestriel, en Angleterre depuis 1970, en France depuis 2000.
Le nouveau numéro de L’Ecologiste sera en kiosque et dans les boîtes aux lettres des abonnés le 13 juillet.
Avec un dossier de fond passionnant sur les forêts, à l’heure de la crise écologique, de la crise à l’ONF et de la crise de la filière bois. Peut-on concilier protection et production ? Quelle production ? Quelle protection ? Quelles relations avec les forêts? Avec les rubriques habituelles (nouveaux livres, artiste contemporain, tribunes, image commentée, une nouvelle rubrique sur les plantes sauvages par François Couplan) et de nombreux articles hors-dossier.
Vous pouvez déjà commander ce numéro en ligne ou vous abonner à partir de ce numéro. Bonne lecture ! L’équipe de L’Ecologiste.
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Réensauvager…

7 juillet 2018,

Par Ghislain Nicaise
Je vous invite à parcourir, sur l’excellent site The Conversation, un article de William Lynn, chercheur de l’Université Clark (Massachusetts). Le titre : Réensauvager la moitié de la Terre : la dimension éthique d’un projet spectaculaire.
« Les milieux scientifiques attendaient avec impatience la publication du livre d’Edward O. Wilson Half-Earth: Our Planet’s Fight for Life, paru début 2016 aux États-Unis. Cet ouvrage présente en détail une initiative de « réensauvagement » (rewilding) qui se propose de consacrer la moitié de la surface terrestre à la préservation de la biodiversité. Le célèbre biologiste et naturaliste suggère pour cela de constituer de grands parcs de la biodiversité et de préserver et réorganiser l’habitat en reliant les populations locales au niveau continental. Les habitants de ces gigantesques réserves y travailleraient comme éducateurs environnementaux, gestionnaires ou encore gardes forestiers. Ce modèle s’inspire des projets de conservation à grande échelle tels qu’il en existe déjà dans le nord-ouest du Costa Rica avec la zone de conservation de Guanacaste (ACG) ».
C’est pour moi une idée nouvelle qui stimule la réflexion, la suite ici.

C’est mieux que rien?

6 juillet 2018,

par Alain Hervé

Au fil des jours on observe la succession des évènements et l’on tente de les confronter à nos convictions les plus profondes.

Nicolas Hulot ne démissionne pas. Il travaille selon la règle du « c’est mieux que rien ». La question qui suit : est-ce suffisant?

Son patron Emmanuel Macron s’affirme de plus en plus comme un obsédé d’une société humaine économique. Sa visée métaphysique ultime est une parousie de l’accès à une abondance matérielle absolue. Dont les bienfaits devraient retomber sur tous. Les dégâts collatéraux  inévitables d’une telle course ne l’intéressent pas. Qu’ils soient sociaux ou climatiques.

Hulot sert il de paratonnerre « écologique » à cette politique démente?

Il est bien évident pour nous que les rôles sont mal distribués. Hulot devrait être le Président de la République, dont il a les capacités, et Macron son grouillot économiste chargé de gérer le retournement d’une politique pluricentenaire qui s’emballe.

Entreprendre ce retournement radical dans une seule nation semble devoir être impossible. Il ne pourrait qu’être mondial. Ce qui le rend très peu probable. Ce ne sont pas les COP successives qui peuvent y parvenir.

Alors?

On comprend l’attitude du « mieux que rien » de Hulot. On pourrait y ajouter un « sait on jamais ».

La société humaine dépend d’un déterminisme universel qui gère l’aventure de la matière vivante. L’homme n’étant pas le « deus ex machina » qu’il croit être, il subit ce déterminisme. Cela risque de lui coûter sa simple disparition.

Hulot doit y penser, comme tous ceux qui y pensent mais veulent rester « positifs ».

A.H.