Pendant la Covid-19 (4 : la contagion)

10 septembre 2020,

Schéma du virus montrant l’ARN au centre, et l’enveloppe lipidique avec ses protéines

Il est temps de creuser cette notion de contagion, qui était en arrière plan lors de mon premier billet « c’est sérieux » et lors du second sur les masques. Vous sentez bien que c’est important.
J’avais exposé les chiffres de surmortalité totale (pour l’année 2020 comparée aux années précédentes) parce qu’ils sont moins sujet à controverse mais on peut quand même estimer le taux de mortalité des personnes qui ont été contaminées. Pour la scientifique en chef de l’OMS, la pédiatre Soumya Swaminathan, la plupart des études estiment ce taux à environ 0,6%, pour Axel Kahn la fourchette va de 0,2 à 1,5 %, à Marseille selon Didier Raoult c’est 0,7 %. Le risque à première vue n’est pas impressionnant. Une amie qui trouve qu’on ne devrait pas prendre de mesure autoritaire avec la Covid-19 m’a envoyé une récapitulation de la mortalité annuelle mondiale par malaria (plus de 300 000), accidents de la route (plus d’un million) cancer (plus de 3 millions) etc…pour souligner que la Covid avait fait bien peu de morts. Mais l’épidémie n’est pas finie à l’échelle de la planète. Si toute la population mondiale était concernée par la contagion avec la même mortalité qu’à Marseille, le nombre de morts serait de 7500 M x 7 /1000 soit quand même plus de 50 millions (*).
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Pendant la Covid-19 (3 : Les enfants d’abord)

3 septembre 2020,

sur l’île de Groix – Loïc Venance/AFP

Un article paru dans “The Conversation” sous le titre : Rentrée scolaire : “La Covid-19 n’est définitivement pas une maladie pédiatrique” Par Christèle Gras-Le Guen et Régis Hankard

Au printemps, les professeurs de pédiatrie Christèle Gras-Le Guen, vice-présidente de la société française de pédiatrie, et Régis Hankard, coordonnateur du réseau de recherche clinique pédiatrique Pedstart, se voulaient rassurants : en matière de Covid-19, il n’y avait alors « pas de raison de s’inquiéter pour les plus jeunes ». Qu’en est-il trois mois plus tard ?


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Pendant la Covid-19 (2 : Masques, pipi et pantalons)

28 août 2020,

Vous vous souvenez probablement que les ministres de la Santé publique Agnès Buzyn puis Olivier Véran nous avaient dit que le port du masque était inutile sauf pour les soignants. C’était l’époque où il n’y avait pas assez de masques. Il n’y en avait même pas assez pour la médecine privée. Le gouvernement a ensuite fait volte-face et ceci (sans surprise) à partir du moment où les stocks ont été reconstitués. Du port obligatoire dans les transports et les lieux clos, nous sommes passés dans certaines villes au port obligatoire dans la rue. Plusieurs voix se sont élevées pour dénoncer la restriction de liberté, l’inefficacité de la mesure, l’inutilité des masques et comme je me demande ce que je dois faire avec mes masques, je vous livre la conclusion (qui n’engage que moi !) de mes lectures.

Le masque qui vous protège mais ne protège pas les autres
Quand les médias ont commencé à évoquer l’utilité de porter des masques, j’ai fouillé dans mes tiroirs à outils et trouvé 2 masques marqués FFP2.
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Le jour du dépassement a reculé !

22 août 2020,

Depuis 2014, le Sauvage vous signale chaque année la date du jour du dépassement des ressources de la planète (http://www.lesauvage.org/2014/08/overshoot/). C’est l’Earth Overshoot Day calculé par le Global Footprint Network, cette institution d’origine universitaire à l’origine de la notion d’empreinte écologique. Cette année le jour du dépassement est le 22 août, plus de 3 semaines plus tard qu’en 2019. Ce n’est pas la première fois que notre empreinte s’allège depuis le début du dépassement en 1970 mais c’est un record. Pour mémoire le dernier recul a été causé par la crise de 2008. Pour cette année la cause est connue, c’est le confinement dû à la pandémie. S’il fallait cette preuve supplémentaire, cela confirme que la gestion de la planète est incompatible avec la croissance économique.

Le calcul peut bien entendu être appliqué aux différents pays plutôt qu’à la Terre entière, la France a connu le dépassement de ses ressources le 14 mai, pas de quoi pavoiser.

La Rédaction

Pendant la Covid-19 (1 : C’est sérieux docteur ?)

20 août 2020,

Fig. 1. Les excès de mortalité selon les départements du 1er mars au 3 juillet 2020, données de l’INSEE (Le Monde)

Au début de ma vie d’adulte j’ai acquis le titre de docteur. Docteur ès Sciences, pas médecin, c’est pourquoi depuis le début de l’épidémie je me suis peu exprimé sur le sujet, simplement fin mars pour dire à quel point l’approche scientifique pouvait différer de l’approche médicale (à propos de l’utilisation de la chloroquine). Il y a des docteurs en médecine qui sont aussi des scientifiques, c’est pourquoi le Sauvage a publié le billet d’un des plus éminents d’entre eux le 9 avril. Depuis il y a eu la fin du confinement obligatoire et, avec l’annonce d’un possible retour, l’obligation du masque de plus en plus généralisée. Des amis, la publication de plusieurs pétitions en cours et ma propre curiosité stimulée par mon statut de malade potentiel à haut risque m’ont amené à faire le point. Aujourd’hui je vous parlerai de ce que j’ai compris sur la dangerosité de l’épidémie.

Pourquoi tant d’émoi, l’économie en souffrance (manques à gagner, licenciements, chômage), les privations de liberté, est-ce justifié par la gravité de la situation ? Plusieurs journalistes ou essayistes écrivent qu’il n’y aurait pas de différence avec la grippe annuelle. Ce n’est pourtant pas le cas.

Première différence : le coronavirus tue plus que la grippe saisonnière.
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Le déni de finitude des ressources

24 juillet 2020,

La croissance en France de 1960 à 2013 d’après les chiffres de l’INSEE

Nous avons lu sous le titre Vomissures croissancistes sur la décroissance, sur le blog de Biosphère le 15 juillet 2020, un florilège de déclarations péremptoires de personnes qui sont probablement sincères mais n’ont pas compris que nous n’aurons le choix qu’entre une décroissance contrôlée ou une décroissance subie, forcément plus brutale.

Les Croissancistes croient que parce nous avons marché sur la lune, nous pouvons mettre le soleil en boîte (ITER) et terraformer la planète Mars. Fiers de leurs élucubrations, ils se soucient comme d’une guigne de l’état réel de la planète, n’ont jamais lu le rapport de 1972 sur les limites de la croissance, n’ont jamais entendu parlé de l’empreinte écologique, ne savent pas que nous avons déjà dépassé depuis des années les possibilités de la Terre, ignorent la 6ème extinction des espèces, etc. Bref les Croissancistes ne connaissent rien à rien et se contentent dans les médias de vomir sur le concept de décroissance. Exemples (citations extraites du numéro juillet-août 2020 de La Décroissance) :

– Ceux qui rêvent d’un monde en décroissance sont des ignorants qui n’ont jamais eu faim. Les décroissants veulent moins d’enfants, une planète vide et réservée à quelques happy few. Il faut lutter jusqu’au bout plutôt que d’accepter de vivre sous le joug des décroissants verts, bruns ou rouges. (sur le site de Jean-Philippe Delzol, 25 mai 2020)

– L’absurdité de la décroissance est une leçon à retirer de la galère où l’on se trouve (suite au coronavirus). Voilà ce que ça donne, la décroissance. c’est très concret la décroissance, c’est la misère. (Raphaël Enthoven, France 5, 30 mai 2020)
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UN SI JOLI PRINTEMPS !

29 juin 2020,

par Pascal Bourgois

Attends toi à l’inattendu [Edgar Morin]

Que nous arrive t-il ?

Le battement d’aile d’une chauve souris en Chine a déclenché un effondrement économique et financier qui balaye le village mondial. Les pays et les activités économiques les plus touchées ont été des pays fers de lance du productivisme néo-libéral (Chine, États-Unis, Espagne, Italie, Grande Bretagne, France, Belgique…) et des activités liés à l’hyper mobilité : automobiles, aéronautique, tourisme, culture; loisirs de masse, hôtellerie…

Aucune leçon n’avait été tirée de 2008. Les bulles financières gonflaient. Chacun savait qu’une nouvelle crise économique mondiale allait éclater. Les inconnues étaient : à quelle date, avec quel déclencheur et de quelle ampleur ? Aujourd’hui nous savons : décembre 2019, la covid 19, et colossale.

Ce coronavirus a été le déclencheur d’une « crise » attendue, mais il en a aussi été l’amplificateur et un révélateur. L’amplificateur, en faisant converger crise sanitaire et crise économique, ce qui a provoqué une baisse simultanée de l’offre et de la demande et a mis au chômage la moitié des travailleurs de la planète. Cette convergence imprévisible et démultiplicatrice en terme de conséquences n’est pas sans rappeler celle entre le tremblement de terre et le tsunami qui ont provoqué la catastrophe nucléaire de Fukushima. Attends toi à l’inattendu. Ce coronavirus a aussi été le révélateur de la fragilité de notre modèle économique et sanitaire, ainsi que la lourdeur de notre modèle politique pyramidal.

Depuis 60 ans et les écrits de Charbonneau, Ellul, Illich, puis le rapport du Club de Rome, jusqu’aux travaux les plus récents, les études scientifiques sont autant d’alertes sur l’impasse de notre modèle économique. Les lois de la physique démontrent l’impossibilité d’une croissance infinie dans un monde fini.
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Convention citoyenne pour le climat

22 juin 2020,

Sous le titre “Les citoyens de la Convention climat mettent Macron au pied du mur“, le 22 juin 2020 sur le site de Reporterre, un article qui nous semble bien résumer la situation  par Gaspard d’Allens et Tommy . 

Les 150 citoyens de la Convention citoyenne pour le climat ont voté ce week-end leurs propositions, qu’ils ont remises à l’exécutif. Le chef de l’État s’est engagé à leur donner une réponse lundi 29 juin mais les incertitudes restent grandes quant aux débouchés politiques de ces mesures.

« La France vous attend. » Avec emphase, Laurence Tubiana a ouvert, vendredi 19 juin, la dernière session de la Convention citoyenne pour le climat. Après neuf mois de travail, les 150 membres ont voté tout au long du week-end leurs propositions. Plusieurs sont audacieuses. Au-delà de l’objectif initial de réduction des émissions de gaz à effet de serre, les citoyens et citoyennes ont tenu à dessiner « un nouveau modèle de société », un horizon plus sobre et plus écologique pour la France.

la suite ici : https://reporterre.net/Les-citoyens-de-la-Convention-Climat-choisissent-des-mesures-transformatrices

Pour les lectrices et lecteurs de préférence anglophone (si, si, il y en a), un autre article résume très bien ce qu’est cette Conférence : https://www.resilience.org/stories/2020-01-17/convention-citoyenne-pour-le-climat-what-can-we-learn-from-the-french-citizens-assembly-on-climate-change/. La Rédaction

L’affaire du siècle (suite)

10 mai 2020,

Claire Burlin, avocate de l’Affaire du Siècle

Depuis huit semaines, la crise sanitaire et les mesures de distanciation sociale bouleversent nos quotidiens. Cette période difficile peut aussi être l’occasion de se pencher plus en profondeur sur certains sujets. Nous vous proposons donc une série de quatre interviews vidéo inédites avec les avocat-e-s et juristes de l’Affaire du Siècle. 

Avec votre soutien, il y maintenant plus d’un an, nous avons attaqué l’Etat en justice. Pourquoi ? Parce que la France ne respecte pas ses propres lois. Quelles sont ces lois et obligations que l’Etat bafoue ? 

C’est ce que nous explique Claire Burlin, une des avocates de l’Affaire du Siècle, dans cette première vidéo de notre série.  

De la Convention européenne des Droits de l’Homme, adoptée en 1950, à la Loi sur la transition énergétique et la croissance verte de 2015, en passant par les lois Grenelle de 2009 et 2010, nombre de textes fixent des objectifs à l’Etat pour lutter contre la crise climatique. 

Autant de textes qu’ont analysés en détail nos avocat-e-s et juristes, au regard des mesures réllement mises en œuvre par l’Etat. C’est tout ce travail qui nous a permis de monter le dossier de l’Affaire du Siècle devant le tribunal. 

Aujourd’hui, alors que l’Etat ne nous a toujours pas répondu, nous continuons notre travail de veille et d’analyse pour fournir de nouveaux arguments au juge. 

La semaine prochaine, Clémentine Baldon, une autre de nos avocates, vous en dira plus sur les manquements de l’Etat. Transports, logements, énergie… L’Etat est terriblement en retard sur ses engagements et nous dépassons chaque année le volume de gaz à effet de serre que nous devrions émettre. 

PS : Agissez avec nous pour la justice climatique : faites un don à l’Affaire du Siècle. Toutes les sommes que nous collectons nous servent à financer les actions de l’Affaire du Siècle : analyses et expertises, actions de mobilisation, etc.